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La police se défend face aux allégations de brutalité excessive lors des manifestations

Plus de 30 manifestants et 14 policiers ont été blessés lundi. "Nous travaillons au mieux de nos capacités et commettons parfois des erreurs", a déclaré Kobi Shabtaï

Des policiers étranglant un activiste lors d'une manifestation contre la refonte, sur l'autoroute Ayalon, à Tel Aviv, le 24 juillet 2023. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)
Des policiers étranglant un activiste lors d'une manifestation contre la refonte, sur l'autoroute Ayalon, à Tel Aviv, le 24 juillet 2023. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

La police israélienne a continué à défendre la conduite de certains de ses agents lors des manifestations de masse contre la refonte judiciaire qui ont eu lieu dans tout le pays lundi et au début de la journée de mardi, alors que les militants se plaignaient d’une violence excessive et de brutalités policières, notamment à l’encontre d’un jeune homme de 18 ans.

Des vidéos largement diffusées ont montré des situations où la police a donné des coups de pied à des manifestants allongés au sol, jeté des morceaux de bois enflammés dans leur direction, traîné des activistes par les cheveux et fait preuve d’une violence excessive lors de l’arrestation de personnes qui bloquaient prétendument des routes et des autoroutes, y compris celles qui ne résistaient pas à l’arrestation. Selon un décompte de la chaîne publique israélienne Kan, 32 manifestants ont été blessés et ont dû recevoir des soins médicaux.

Le chef de la police israélienne, Kobi Shabtaï, a déclaré dans un communiqué mardi que « ce ne sont pas des jours simples ».

« Nous nous trouvons dans l’œil du cyclone et nous sommes soumis aux critiques des deux côtés. Il y a ceux qui disent que nous sommes trop patients et accommodants, et ceux qui disent que nous agissons de manière conflictuelle. »

Shabtaï a réfuté les affirmations de certains militants selon lesquelles l’activité de la police était influencée par le ministre d’extrême-droite de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, qui a appelé à une répression plus sévère des manifestants et a été responsable de l’éviction du chef de la police de Tel Aviv, Amichaï Eshed, qui a pris congé des forces de l’ordre la semaine dernière.

« Vous et moi savons bien que nous travaillons au mieux de nos capacités et que, bien sûr, nous commettons parfois des erreurs », a déclaré Shabtaï lors d’une réunion des hauts responsables de la police mardi, selon le communiqué.

« Mais il ne faut pas donner la fausse impression que les décisions opérationnelles sont prises en raison de pressions extérieures. (…) Tous les ordres sont donnés uniquement sur la base de considérations professionnelles et opérationnelles. »

Pourtant de nombreuses vidéos et témoignages montrent la police déployer des canons à eau contre des manifestants qui ne bloquaient aucune route et ne se livraient à aucune activité illégale.

Lundi, à Jérusalem, devant la Knesset, la police a pulvérisé un liquide nauséabond sur des manifestants qui tentaient de bloquer l’accès au complexe parlementaire.

Un canon à eau a également été utilisé directement sur un homme qui était assis contre un mur au bord de la route, le faisant tomber en arrière. Les médecins demandent depuis longtemps à la police de cesser d’utiliser cette méthode de dispersion des foules, en invoquant les blessures causées par la puissance du jet.

Dans une vidéo largement diffusée, on voit Amitaï Brilliant, 18 ans, se faire agresser et traîner à plusieurs reprises par un groupe de policiers lors de son arrestation sur l’autoroute Ayalon à Tel Aviv, lundi en fin de journée.

Sa mère, Ifat, a écrit sur Facebook mardi « qu’après qu’il a été menotté, ils l’ont pris à part et l’ont frappé. (…) Après quoi Amitaï a demandé de l’eau à un autre policier. Ce dernier l’a bousculé et l’a jeté à terre, le frappant à nouveau ».

Elle a également déclaré qu’un policier avait dit à son fils qu’il violerait sa mère.

Dans une interview, Ifat a déclaré qu’elle comprenait pourquoi il avait été arrêté pour avoir bloqué l’autoroute, mais que la violence n’était absolument pas nécessaire, qu’il avait saigné et souffert.

Kan a rapporté mercredi que la famille de Brilliant a déposé une plainte officielle auprès du Département des enquêtes internes de la police (PIID) contre les officiers qui l’ont arrêté et apparemment agressé, notamment l’officier supérieur de la police anti-émeute Yaïr Hanuna, qui a été photographié apparemment souriant alors qu’il semblait frapper Brilliant. La police aurait nié que Hanuna ait frappé Brilliant alors qu’il était déjà neutralisé.

La chaîne a rapporté que les agents impliqués ne portaient pas de caméra corporelle au moment de l’arrestation, ce qui est contraire à la réglementation.

Le surintendant principal Avi Ofer, chef-adjoint de la police de Tel Aviv, a été accusé de violence excessive lors de l’arrestation d’un manifestant au cours d’un autre incident filmé.

Dans une déclaration vidéo diffusée par la police, Ofer a déclaré que le suspect tenait une fusée éclairante et l’avait utilisée pour mettre le feu à des pneus sur l’autoroute, et que les manifestants environnants « nous ont jeté des bouteilles d’eau et nous ont bousculés ».

Ofer a été transporté à l’hôpital Ichilov. Il souffrait de lésions au cartilage du poignet, selon la police. Ofer a déclaré que la blessure avait été causée lors de l’arrestation.

La police a déclaré mardi que 14 agents des forces de l’ordre ont été blessés lors d’affrontements avec des manifestants lundi et tôt mardi à Tel Aviv, et que plusieurs d’entre eux ont reçu des soins médicaux.

Selon le quotidien Israel Hayom, deux policiers ont été interrogés par le PIID sur des accusations d’usage excessif de la force lors de la répression des manifestations, l’un d’entre eux ayant notamment donné un coup de poing au visage d’un suspect qui était déjà menotté.

Le porte-parole de la police israélienne, Eli Levi, a déclaré mercredi à la station de radio 103FM que toute accusation de recours excessif à la force ne serait examinée que par le PIID.

« Nous ne tiendrons pas de Cour martiale à l’encontre d’officiers qui travaillent depuis 30 semaines en première ligne pour préserver l’ordre public. »

La police a été aussi vue en train d’empêcher le caméraman de la Treizième chaîne de filmer l’arrestation brutale d’un manifestant. On voit la police appréhender brutalement le manifestant avant qu’un groupe d’officiers ne s’approche pour cacher l’incident.

Des centaines de milliers de personnes ont manifesté à Tel Aviv et à Jérusalem de lundi soir à mardi matin, brûlant des pneus, lançant des pétards et agitant des drapeaux nationaux. Au moins 40 personnes ont été arrêtées par la police lors de rassemblements organisés à travers le pays. Il aura fallu des heures à la police pour dégager les autoroutes de Jérusalem et de Tel Aviv, alors que les militants manifestaient à la suite de l’adoption du premier texte de loi issu de la vaste refonte judiciaire controversée entreprise par le gouvernement.

Les autorités n’ont réussi à dégager l’autoroute Ayalon qu’à 1h30 du matin, à l’aide de membres de la garde montée qui ont chargé la foule et de canons à eau. Des milliers de personnes ont continué à manifester à la jonction Kaplan, toute proche, où la foule s’était massée quelques heures plus tôt en réaction à l’approbation, lors des deux derniers votes, du projet de loi controversé de la coalition gouvernementale sur le « caractère raisonnable » de l’action judiciaire.

À Jérusalem, la police a également eu recours à la garde montée et à de puissants canons à eau pour repousser les manifestants qui se sont d’abord rassemblés devant la Knesset, puis ont bloqué la Route Begin et manifesté près du bâtiment de la Cour suprême, une institution qui, selon les opposants au gouvernement, sera privée de tout pouvoir par la refonte judiciaire, ce qui rendrait la démocratie israélienne caduque.

Des militants ont également bloqué des routes à Haïfa, Raanana et ailleurs.

Pour la première fois, la police a été équipée de grenades incapacitantes et autorisée à les utiliser contre les manifestants, bien qu’aucune n’ait été déployée, a rapporté la Douzième chaîne.

Il y a également eu plusieurs épisodes de violence entre les manifestants et d’autres civils.

À Kfar Saba, trois personnes ont été légèrement blessées lorsqu’une camionnette a foncé sur un groupe de manifestants défilant sur la Route 531, une autoroute de la région. Dans une vidéo, on peut voir le véhicule se frayer un chemin à travers le groupe et heurter un certain nombre de personnes avant de repartir à vive allure. La police a arrêté le conducteur pour l’interroger.

À Jérusalem, un manifestant anti-refonte a été arrêté, soupçonné d’avoir utilisé un mât de drapeau pour briser la vitre arrière d’une voiture alors qu’une femme conduisait avec ses enfants près d’un carrefour où les manifestants s’étaient rassemblés.

Dans le kibboutz Hatzerim, sept personnes ont été arrêtées lorsqu’une bagarre a éclaté entre des manifestants pro-refonte et des résidents du kibboutz du sud. Au cours de la bagarre, le chef de la brigade de sécurité de la ville a tiré des coups de semonce.

Lors du vote de lundi, les députés ont approuvé une mesure qui empêche les juges d’annuler les décisions du gouvernement au motif qu’elles sont « déraisonnables ».

Les opposants à la législation affirment, de leur côté, que l’élimination de la norme judiciaire du « caractère raisonnable » ouvrira la porte à la corruption et réduira le contrôle des officiels élus amenés à prendre des décisions sensibles, notamment celles qui peuvent avoir un impact sur les droits civils.

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