L’ALYN crée un centre technologique pour aider les enfants en situation de handicap
Rechercher

L’ALYN crée un centre technologique pour aider les enfants en situation de handicap

Ce centre permettra aux entrepreneurs de travailler sur les technologies d'assistance auprès des experts et des patients de cet hôpital de rééducation de Jérusalem

L'hôpital ALYN de Jérusalem développe des technologies pour aider les enfants à dépasser leurs limites physiques (Autorisation)
L'hôpital ALYN de Jérusalem développe des technologies pour aider les enfants à dépasser leurs limites physiques (Autorisation)

L’hôpital ALYN de Jérusalem, le seul établissement de rééducation d’Israël pour les enfants et les adolescents, est en train d’établir un centre d’innovation technologique pour appuyer les produits et les technologies développés en interne, susceptibles d’améliorer les fonctions indépendantes et la qualité de vie des enfants en situation de handicap.

Le centre permettra aux entrepreneurs et aux développeurs de partager un espace de travail à la pointe de la technologie avec leur public-cible – les enfants qui suivent une rééducation à l’ALYN.

La cérémonie d’ouverture de cette structure innovante doit avoir lieu mardi, en présence du ministre de la Santé Yaakov Litzman et du maire de Jérusalem Nir Barkat.

L’ALYN pose des diagnostics et soigne les enfants atteints de multiples maladies congénitales et acquises depuis la naissance à l’adolescence. L’hôpital a plus de quatre-vingt ans d’expérience dans la rééducation pédiatrique et son personnel développe souvent des solutions définies en interne personnalisées et innovantes pour les patients.

Cette nouvelle initiative d’innovation a déjà collecté 6 millions de shekels auprès de l’Institut national d’assurance (INA), de l’Autorité chargée du développement à Jérusalem ainsi que de la part de contributeurs privés.

L'hôpital d'ALYN à Jérusalem développe des technologies pour aider les enfants à dépasser les limitations physiques (Autorisation)
L’hôpital d’ALYN à Jérusalem développe des technologies pour aider les enfants à dépasser les limitations physiques (Autorisation)

« Le besoin d’un guichet unique pour de tels développements est réel parce qu’en ce qui concerne les technologies d’assistance, il est nécessaire pour les entrepreneurs d’être proches des experts dans leur domaines, des kinésithérapeutes, et qu’ils ont besoin en particulier d’accéder à leur clientèle cible », explique Danna Hochstein Mann, directrice d’ALYNnovation, une partie du programme qui sera consacrée à la création de technologies s’appliquant à un large public.

Ces dernières années, le secteur de la technologie d’assistance a pris de plus en plus d’importance dans le secteur high-tech israélien. Le centre d’innovation permettra de rassembler, pour la toute première fois au sein d’un seul corps, tous les éléments requis en faveur de l’innovation dans ce secteur, indique Mann : La connaissance et l’expérience des experts, la coopération pour la recherche clinique, l’opportunité de tester les produits avec le public cible dans un environnement contrôlé et sûr, et un espace de travail physique doté d’un laboratoire de pointe pour la définition des prototypes et la fabrication initiale.

Mann, qui a rejoint l’ALYN il y a cinq mois, a passé plus de dix ans en tant qu’administratrice d’un fonds de capital-risque. Elle est également l’ancienne vice-présidente du développement commercial de JVP -Jerusalem Venture Partners – et une importante partenaire d’OurCrowd.

« Le domaine des technologies d’assistance grandit en Israël mais il n’y a eu que des initiatives de base jusqu’à présent », estime Mann. « Il faut qu’un établissement vienne véritablement stimuler ces nouvelles technologies. Et nous incarnons aujourd’hui cet établissement ».

Dans le cadre des efforts livrés pour aider les enfants qui y sont pris en charge, l’ALYN a d’ores et déjà entrepris des développements en interne au niveau des équipements utilisés par ses malades par le biais de son laboratoire biomécanique qui existe depuis 25 ans.

Ce laboratoire sera dorénavant modernisé et deviendra une part active du centre d’innovation, offrant des services à tous les enfants en situation de handicap. En même temps, le laboratoire sera ouvert aux entrepreneurs en technologies d’assistance, tandis que le personnel de l’ALYN partagera son expertise et orientera les processus de développement.

Le projet "Les Roues de l'espoir" de l'ALYN (Autorisation)
Le projet « Les Roues de l’espoir » de l’ALYN (Autorisation)

Le nouveau centre occupera environ 500 mètres carrés et offrira une vue imprenable sur le quartier d’Ein Kerem et sur les montagnes de Jérusalem.

De surcroît, l’ALYN travaille depuis des années avec des entrepreneurs individuels sur des projets spéciaux comme celui des ‘Fauteuils roulants de l’Espoir‘ – qui sont déjà utilisés par les enfants à travers le monde – un fauteuil roulant durable et imprimé en 3D, d’un coût raisonnable et accessible aux enfants dans les pays en développement. Un exemple supplémentaire est ‘Chair Call’, le nom d’une application qui permet à une personne de contrôler à distance une chaise roulante motorisée. Dorénavant, ces entrepreneurs pourront travailler en interne et aux côtés des experts et des malades d’ALYN.

Le centre d’innovation lancera deux programmes : le programme PELE se focalisera sur la mise en place de solutions personnalisées pour les enfants en situation de handicap. « Le programme cherchera à trouver des solutions pour les enfants ayant des problèmes uniques pour lesquels il n’existe pas de solutions immédiatement disponibles sur le marché parce qu’il n’y a pas suffisamment d’enfants atteints par ces problèmes », explique Mann. « Le projet PELE s’intéressera au cas par cas. »

Le programme PELE s’effectuera en collaboration avec l’Institut national d’Assurance (INA) et le projet de réseau trans-laboratoires (XLN) mis en place par l’Institut Reuth. L’hôpital travaille déjà avec des développeurs d’Intel, des industries aérospatiales israéliennes, de Cisco, des Jeunes entrepreneurs d’Israël, de l’Institut de technologie de Jérusalem (Lev), du collège supérieur Hadassah et de l’académie des arts et du design de Bezalel, entre autres, pour trouver des solutions pour les patients.

Un enfant utilisant un dispositif de soutien des bras développé à l'ALYN (Autorisation)
Un enfant utilisant un dispositif de soutien des bras développé à l’ALYN (Autorisation)

Le second projet d’innovation, ALYNovation, est destiné aux entrepreneurs et aux inventeurs qui développent des produits et des solutions issus des technologies d’assistance pour les enfants, à destination du marché international. Ce programme est offert en collaboration avec l’Autorité chargée du développement à Jérusalem et le ministère des Affaires de Jérusalem aux côtés de l’INA.

De Sion sortira la technologie d’assistance

Quatre-vingt treize millions d’enfants dans le monde, dont environ 100 000 en Israël, souffrent de limitations physiques graves qui entravent leur quotidien, selon des données fournies par l’ALYN. Les développements technologiques viennent en aide aux enfants ayant des besoins particuliers pour leur permettre de dépasser leurs limites et de prendre une part active au sein de la société. Et pourtant, de nombreux enfants sont laissés sans assistance, la solution ou la technologie étant hors de leur portée au niveau financier.

« Ces enfants méritent une technologie qui leur changera la vie », dit Mann. L’objectif est de développer à la fois des outils sommaires mais qui permettent de modifier profondément l’existence, poursuit-elle, et des vraies technologies, en utilisant une combinaison de senseurs, d’intelligence artificielle et de mégadonnées.

Même si l’hôpital a déjà collecté certains des fonds nécessaires pour lancer ces programmes, « c’est un projet qui avance », déclare Mann. Mais il faut encore toutefois trouver davantage de partenaires financiers et technologiques et aussi plus de fonds, ajoute-t-elle.

« Les connaissances accumulées à l’hôpital d’ALYN sont immenses et le nouvel espace va nous permettre d’accéder à ces connaissances : d’abord aux enfants de Jérusalem et d’Israël puis aux enfants partout dans le monde. ‘De Sion sortira la loi' », commente le directeur de l’hôpital, le docteur Maurit Beeri.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...