L’ambassadeur israélien réaffirme qu’Israël quittera l’UNESCO en 2018
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L’ambassadeur israélien réaffirme qu’Israël quittera l’UNESCO en 2018

Même avec une boîte de chocolats, l'envoyé de Jérusalem a échoué à persuader les gardiens d'accepter des documents officiels tandis que le bureau est fermé pendant les fêtes

L'envoyé israélien à l'UNESCO,  Carmel Shama-Hacohen, tente de livrer des documents officiels annonçant le retrait israélien de l'organisation culturelle, le 28 décembre 2017 (Autorisation)
L'envoyé israélien à l'UNESCO, Carmel Shama-Hacohen, tente de livrer des documents officiels annonçant le retrait israélien de l'organisation culturelle, le 28 décembre 2017 (Autorisation)

L’envoyé de Jérusalem à l’UNESCO a indiqué jeudi qu’il ne s’inquiétait pas de ce qu’Israël se trouve dans l’obligation de rester au sein de l’organisation pendant encore 12 mois, malgré ses tentatives ratées pour soumettre les documents nécessaires dans les délais.

Carmel Shama-Hacohen a expliqué dans un communiqué qu’il a fait une dernière tentative pour soumettre une lettre officielle annonçant l’intention d’Israël de quitter l’organisation en allant aux bureaux de l’agence culturelle de Paris avec une boîte de chocolats en plus de sa lettre. Mais il n’a trouvé personne qui ait accepté de signer le reçu, les bureaux étant fermés pour la période des fêtes de fin d’année.

Le siège de l’UNESCO est fermé jusqu’au 2 janvier.

Il y a une semaine, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a expliqué qu’Israël quitterait l’organisation, deux mois après l’annonce officielle par les Etats-Unis de son retrait – en partie à cause de la partialité anti-israélienne affichée à l’UNESCO.

Afin de pouvoir partir en même temps que les Etats-Unis – à la fin de l’année 2018 – Israël doit officiellement remettre une lettre d’intention à la directrice générale, Audrey Azoulay, au moins un an auparavant.

« Nous avons fait aujourd’hui une tentative de remise de notre lettre officielle de retrait qui mettra un terme à l’adhésion à l’UNESCO de l’Etat d’Israël », a expliqué Shama-Hacohen. « J’y suis allé aujourd’hui en compagnie de mon assistant et nous avons tout d’abord donné aux gardiens de la sécurité une boîte de chocolats pour la nouvelle année, pour adoucir le fait que nous les dérangions ».

L’envoyé a déclaré avoir expliqué la situation aux gardiens, mais ces derniers ont indiqué ne pas être habilités à signer un reçu de remise ni autorisés à accepter un document officiel.

L’enveloppe contenant la notification officielle du retrait d’Israël de l’UNESCO, que l’envoyé Carmel Shama-Hacohen a tenté de livrer à l’organisation culturelle le 28 décembre 2017 (Autorisation)

Shama-Hacohen a indiqué qu’il avait été finalement en mesure d’entrer dans les bureaux de l’organisation et que « nous avons trouvé un accord avec eux qui nous permet d’écrire sur le courrier que nous avons tenté de le leur remettre mais qu’ils ont refusé ».

Il a alors transmis la lettre par courriel à la directrice générale et cette dernière a indiqué qu’elle la considérerait comme une notification officielle de l’intention de l’Etat juif de partir, a-t-il dit.

« Israël a fait tous les efforts afin de terminer ce processus de départ dans les meilleurs délais aux côtés des Etats-Unis et pour empêcher une autre année indésirable passée au sein de cette organisation misérable qui a été détournée par les nations arabes et islamiques », a dit Shama-Hacohen.

L’envoyé a également souligné la relation positive entretenue entre Israël et Azoulay, qui a été nommée à la tête de l’organisation au mois d’octobre et il a expliqué qu’elle réussirait à débarrasser l’organisation de son agenda politique et à la « re-transformer en organisation professionnelle ».

L’UNESCO est principalement connu pour son programme du Patrimoine mondial de protection des sites et des traditions culturels, mais oeuvre aussi à combattre l’extrémisme violent, à améliorer l’éducation pour les filles, à promouvoir l’enseignement de l’Holocauste, à défendre les libertés des journalistes et à encourager la science sur le changement climatique.

Ces dernières années néanmoins, Israël a été furieux face à des résolutions adoptées qui ignoraient ou diminuaient son lien historique avec la Terre sainte et qui ont désigné des sites juifs anciens comme appartenant au patrimoine palestinien.

L’ambassadeur israélien auprès de l’UNESCO, Carmel Shama-Hacohen, prend une copie de la résolution tout juste votée à l’UNESCO, et la met à la poubelle de « l’histoire », le 26 octobre 2016. (Crédit : autorisation)

Shama-Hacohen — ancien député du parti du Likud de Netanyahu – a expliqué la semaine dernière que l’UNESCO  » a dépassé les records d’hypocrisie, d’incitations et de mensonges contre Israël et le peuple juif tout en polluant ses principes fondamentaux nobles par une politisation et un terrorisme diplomatique qui par moment confinent à l’antisémitisme ».

L’envoyé a expliqué qu’Israël et les Juifs « auraient dû être les premiers à contribuer à l’organisation et les derniers à la quitter mais dans le théâtre de l’absurde de l’UNESCO, les nations qui n’ont rien à voir avec la science, l’éducation et la culture ont mené cette organisation dans l’impasse ».

Les diplomates professionnels, d’un autre côté, se montrent moins enthousiastes à l’idée de quitter l’UNESCO, affirmant que tandis que les Etats-Unis peuvent obtenir facilement le statut d’observateur au sein de l’organisation, ce n’est pas le cas pour Israël. Pour devenir membre observateur, un état doit obtenir le soutien d’une majorité de pays membres, un élément très improbable dans le cas d’Israël en raison d’une majorité arabe automatique.

Raphaël Ahren a contribué à cet article.

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