L’AP suspend ses liens avec l’UNRWA en raison d’une réforme scolaire
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L’AP suspend ses liens avec l’UNRWA en raison d’une réforme scolaire

Les modifications proposées par l'agence des Nations unies incluent des cartes révisées et une "représentation équilibrée de Jérusalem"

Dov Lieber est le correspondant aux Affaires arabes du Times of Israël

Des écoliers palestiniens à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza. Illustration. (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)
Des écoliers palestiniens à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza. Illustration. (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)

Le ministère de l’Éducation de l’Autorité palestinienne a annoncé jeudi qu’il suspendait ses liens avec L’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) en raison des projets de l’agence internationale qui prévoit une réforme de son programme scolaire.

Le ministère palestinien, dans un communiqué publié sur son site officiel, a qualifié les changements éventuels du programme d’un « affront au peuple palestinien, son histoire et ses luttes », et a déclaré que la suspension des liens continuerait jusqu’à ce que les « positions » de l’agence des Nations unies soient modifiées.

L’UNRWA compte plus de 312 000 étudiants dans ses écoles en Cisjordanie et à Jérusalem-Est (qui ensemble compte 50 000 écoles) et dans la bande de Gaza où ils ont 262 000 étudiants.

L’agence des Nations unies n’a officiellement publié aucun plan pour modifier son programme scolaire mais des fuites dans la presse arabe sur de possibles changements de programme a entraîné l’indignation à Gaza et en Cisjordanie au cours des semaines passées.

Les changements, selon les médias arabes, incluent des révisions des cartes de la Palestine pour exclure les références à des villes situées à l’intérieur d’Israël en tant que villes palestiniennes, une pratique selon laquelle de nombreuses études sur les manuels palestiniens ont été qualifiées d’ « incitation » à la haine.

D’autres modifications auraient été planifiées pour modérer l’éloge des prisonniers palestiniens et améliorer l’image d’Israël.

Selon un rapport datant du mois de mars du COGAT, l’agence du ministère israélien de la Défense responsable des affaires civiles en Cisjordanie et à Gaza, une partie de la réforme du programme de l’UNRWA « est une représentation équilibrée de Jérusalem, qui a une importance religieuse pour les trois principales religions monothéistes (l’islam, le christianisme et le judaïsme), et mentionnant que les croyants musulmans ont accès aux sites saints ».

« L’UNRWA a en outre cherché à modifier les manuels dans les cas où le contenu présentait un préjugé de genre, manquait d’objectivité et incitait à la violence contre Israël », a ajouté le COGAT.

Le gouvernement israélien, le département d’Etat américain et les organisations indépendantes ont depuis longtemps accusé le système d’éducation palestinien, y compris les écoles de l’UNRWA, d’éduquer les enfants palestiniens pour qu’ils haïssent Israël et soutiennent la violence.

Des enseignantes palestiniennes portent une table dans une salle de classe dans une école du gouvernement dans la ville de Gaza, le 13 septembre 2014, un jour avant les enfants retournent à l'école  (Crédit : AFP / Mahmud Hams)
Des enseignantes palestiniennes portent une table dans une salle de classe dans une école du gouvernement dans la ville de Gaza, le 13 septembre 2014, un jour avant les enfants retournent à l’école (Crédit : AFP / Mahmud Hams)

Le COGAT a salué les changements proposés comme étant un effort « pour créer un programme équilibré et positif avec des valeurs universelles exemptes de violence et d’incitation à la haine ».

Un représentant du ministère de l’Education de l’Autorité palestinienne a refusé de répondre aux questions du Times of Israel.

« Toute distorsion du programme palestinien est une violation flagrante des lois du pays hôte, et toute modification à toute lettre pour apaiser une partie est une trahison du narratif palestinien et le droit du peuple palestinien sous occupation de conserver son identité et sa lutte », a déclaré le ministère de l’Autorité palestinienne dans un communiqué jeudi.

Chris Gunness, le porte-parole de l’UNRWA, a écrit dans le communiqué adressé au Times of Israel que l’agence des Nations unies « a travaillé avec l’AP depuis des années et possède une longue expérience en tant que partenaire qui enseigne aux enfants dans un environnement très complexe ».

Chris Gunness, porte-parole de l'UNWRA à Gaza, peu de temps avant qu'il ne fonde en larmes pendant une interview télévisée le 30 juillet 2014 (Crédit : Capture d'écran Youtube/Kaya Bouma)
Chris Gunness, porte-parole de l’UNWRA à Gaza, peu de temps avant qu’il ne fonde en larmes pendant une interview télévisée le 30 juillet 2014 (Crédit : Capture d’écran Youtube/Kaya Bouma)

« Les écoles de l’UNRWA suivent le curriculum de l’autorité hôte, une pratique convenue en 1954 avec le soutien de l’UNESCO et réaffirmée dans le cadre des Accords d’Oslo. C’est la politique de l’UNRWA d’examiner et, le cas échéant, d’enrichir les manuels scolaires officiels, les programmes d’études et d’autres matériels d’apprentissage utilisés dans les écoles de l’UNRWA pour assurer le respect des valeurs et des principes de l’ONU », a ajouté le communiqué.

Un rapport publié plus tôt ce mois-ci par l’Institut pour la surveillance de la paix et la tolérance culturelle dans l’éducation scolaire (IMPACT-se) a déclaré que le programme de l’école élémentaire 2016-2017 de l’AP « enseigne aux étudiants à être des martyrs, diabolise et nie l’existence d’Israël, et se concentre sur un ‘retour’ à une patrie exclusivement palestinienne ».

Le gouvernement israélien a depuis longtemps soutenu que l’incitation à la haine aux manuels scolaires palestiniens est un facteur majeur du terrorisme contre les Israéliens. La question a pris une importance croissante ces derniers temps, les membres du Congrès des États-Unis ayant menacé de diminuer l’aide aux Palestiniens si l’incitation à la haine n’est pas freinée.

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