Lapid aux ambassadeurs : l’Iran en Syrie pourrait mener à une guerre totale
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Lapid aux ambassadeurs : l’Iran en Syrie pourrait mener à une guerre totale

Le député de l'opposition parcourt la frontière nord d'Israël, affirme que le stratégique Plateau du Golan ne pourra jamais être cédé au régime d'Assad

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Le chef du parti Yesh Atid, le député Yair Lapid, à gauche, s'exprime lors d'une tournée avec 40 ambassadeurs et diplomates du monde entier près d'un point de vue panoramique au kibboutz Misgav-Am, dans le nord d'Israël, le 24 mai 2018. (Basel Awidat/Flash90)
Le chef du parti Yesh Atid, le député Yair Lapid, à gauche, s'exprime lors d'une tournée avec 40 ambassadeurs et diplomates du monde entier près d'un point de vue panoramique au kibboutz Misgav-Am, dans le nord d'Israël, le 24 mai 2018. (Basel Awidat/Flash90)

Le député de l’opposition Yair Lapid a emmené 40 ambassadeurs et diplomates lors d’une visite de la frontière nord d’Israël jeudi, où il les a avertis que si l’Iran est autorisé à prendre pied militairement en Syrie, cela pourrait mener à une guerre totale.

M. Lapid, qui dirige le parti Yesh Atid, est également membre de la Commission des affaires étrangères et de la défense de la Knesset.

A la frontière libanaise, M. Lapid a expliqué aux ambassadeurs la menace que représente pour Israël le groupe terroriste du Hezbollah qui, a-t-il dit, « a plus de 100 000 roquettes pointées sur Israël, y compris Tel Aviv et les régions plus au sud ».

« Si les Iraniens ne quittent pas la Syrie, cela pourrait mener à une guerre totale », a-t-il ajouté.

Israël a exhorté les États-Unis et la Russie à s’assurer que les forces iraniennes ne parviennent pas à s’établir en Syrie et Israël a averti à plusieurs reprises qu’il prendra toutes les mesures nécessaires pour s’assurer que l’Iran ne puisse pas le faire.

Lapid a également souligné la nécessité pour Israël de maintenir le contrôle du plateau stratégique du Golan.

Le chef du parti Yesh Atid, le député Yair Lapid, (à gauche), s’exprime lors d’une tournée avec 40 ambassadeurs et diplomates du monde entier près d’un point de vue panoramique au kibboutz Misgav-Am, dans le nord d’Israël, le 24 mai 2018. (Basel Awidat/Flash90)

« Il est absurde de penser qu’Israël se retirera un jour du plateau du Golan et le laissera entre les mains d’un meurtrier qui a tué un demi-million de son peuple et menace le bien-être d’Israël en coopérant avec les Iraniens et le Hezbollah », a déclaré M. Lapid, faisant référence au président syrien Bashar el-Assad et aux victimes causées alors que son régime se bat pour mettre fin à une guerre civile qui en est à sa huitième année.

Soldats israéliens observés à côté de chars près de la frontière israélo-syrienne sur le plateau du Golan le 10 mai 2018. (Basel Awidat/Flash90)

Israël a conquis le Golan à la Syrie pendant la guerre des Six Jours de 1967 et l’a ensuite annexé en 1981, action jamais reconnue par la communauté internationale.

Mercredi, Reuters a publié un entretien avec le ministre du Renseignement Yisraël Katz dans lequel il a déclaré que la reconnaissance par les Etats-Unis du contrôle d’Israël sur le plateau du Golan était « en tête de liste » dans les discussions avec Washington, où l’administration a déjà reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël et a déplacé ce mois-ci son ambassade dans la ville.

La Russie et la Syrie ont toutes deux fourni une assistance militaire au régime d’Assad. Israël a récemment mené une série de frappes aériennes contre les intérêts iraniens en Syrie, en jurant qu’il fera tout ce qu’il faut pour empêcher l’Iran de s’incruster sur le territoire syrien.

Plus tôt ce mois-ci, l’Iran a tiré une salve de dizaines de roquettes depuis le territoire syrien sur Israël. La plupart sont tombés en territoire syrien, et plusieurs ont été abattus par les systèmes de défense antimissile israéliens. Pendant les frappes aériennes de représailles contre les positions iraniennes, les avions de combat israéliens ont également tiré sur des cibles de défense aérienne syrienne qui avaient ouvert le feu sur les avions.

S’adressant au journal télévisé Hadashot, M. Lapid a déclaré jeudi qu’il a conduit les ambassadeurs à la frontière afin que s’il y a un conflit dans la région, Israël ne se retrouve pas dans la même situation qu’à la frontière avec la bande de Gaza où « il a gagné la bataille mais a perdu la campagne de relations publiques ».

Un Palestinien utilise un lance-pierres lors d’affrontements avec les forces israéliennes le long de la frontière avec la bande de Gaza, à l’est de la ville de Gaza, le 18 mai 2018 (Photo AFP / Mahmud Hams)

Des dizaines de Palestiniens ont été tués la semaine dernière lors d’affrontements à la frontière entre Israël et Gaza.

De nombreux pays semblaient avoir accepté le récit palestinien, qui décrivait la soi-disant Marche du retour comme une manifestation pacifique contre Israël, à laquelle l’armée israélienne a fait face avec une force létale disproportionnée et écrasante.

Israël, de son côté, soutient que les manifestations étaient en réalité une campagne militaire du groupe terroriste du Hamas, qui appelle régulièrement à la destruction de l’Etat juif.

Les responsables israéliens ont déclaré que le Hamas essayait de faire passer des hordes de Gazaouis par la clôture, et notamment ses propres hommes armés, pour mener des attaques à l’intérieur d’Israël, et que l’obligation première de l’armée israélienne était de veiller à ce que cela ne se produise pas.

Le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas, a déclaré que 64 personnes ont été tuées à la suite des violences de lundi et mardi. Le Hamas a admis par la suite qu’au moins 50 des personnes tuées étaient des membres de son organisation.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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