Katz: C’est le « moment parfait » pour reconnaître notre souveraineté sur le Golan
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Katz: C’est le « moment parfait » pour reconnaître notre souveraineté sur le Golan

Le ministre du Renseignement a dit à Reuters que la question est en "tête du programme" des discussions avec Washington et que la décision pourrait être annoncée dans l’année

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Yisrael Katz, ministre des Transports, pendant une conférence de presse dans son ministère, à Jérusalem, le 14 mars 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Yisrael Katz, ministre des Transports, pendant une conférence de presse dans son ministère, à Jérusalem, le 14 mars 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Israël espère que l’administration Trump va reconnaître la souveraineté d’Israël sur le plateau du Golan, a déclaré le Ministre du Renseignement Yisrael Katz dans un entretien publié mercredi, expliquant qu’une telle décision servirait de message d’avertissement à l’Iran.

S’exprimant à l’agence de presse Reuters, Katz a dit que la reconnaissance du contrôle d’Israël sur le territoire du Golan était en « tête du programme » des discussions avec Washington, qui a déjà reconnu Jérusalem comme la capitale d’Israël et a y transféré ce mois-ci son ambassade.

Israël a capturé le Golan à la Syrie pendant la Guerre des Six Jours en 1967 et l’a ensuite annexé en 1981, une action qui n’a jamais été reconnue par la communauté internationale.

« C’est le moment parfait pour prendre une telle décision », a dit Katz qui est aussi le ministre des Transports et membre du cabinet de sécurité du gouvernement. « La riposte la plus douloureuse que l’on peut donner aux Iraniens est de reconnaître la souveraineté d’Israël sur le Golan – avec une déclaration américaine, une proclamation présidentielle. »

Des véhicules de l’armée israélienne le long de la route parallèle à la barrière de sécurité séparant les régions israélienne et syrienne du plateau du Golan, le 19 juillet 2017. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)

Cette reconnaissance constituerait une manière à la fois de punir et d’avertir l’Iran pour son attitude agressive envers Israël, a-t-il dit.

« Vous voulez détruire [Israël], générer des attaques ? Regardez, vous avez exactement l’inverse », a dit Katz en référence aux inquiétudes israéliennes sur l’implantation iranienne en Syrie.

« Je crois que nous sommes prêts, et c’est probable que cela se produise », a dit Katz. Il a prédit que la décision pourrait être prise plus tard cette année, elle pourrait « prendre quelques mois ».

La Maison Blanche a refusé de commenter les affirmations de Katz, selon Reuters.

Plus tôt cette année, un élu américain au Congrès a dit qu’il avait appelé Washington à reconnaître la souveraineté israélienne.

Dans un entretien publié dimanche, le législateur républicain de Floride Ron DeSantis a déclaré au site d’information en ligne Walla qu’il avait introduit la proposition devant le Comité du Congrès sur les Affaires étrangères, dont il est membre, mardi.

DeSantis a dit à Walla qu’il avait suggéré cet amendement à un chapitre sur la Syrie dans le budget militaire américain. Même si la mesure serait largement symbolique, a-t-il noté, l’approbation pourrait encourager l’administration à prendre position sur la question.

Bien qu’Israël et la Syrie aient signé un accord de cessez-le-feu après la Guerre de Yom Kippour, Damas reste bien déterminé à reprendre le territoire du Golan.

La Russie et l’Iran, des alliés clefs de la Syrie, ont tous les deux fourni un soutien militaire au régime du président Bachar Assad alors qu’il combattait pour écraser la rébellion, qui a est dans sa huitième année.

Cette capture d’écran tirée d’une vidéo fournie le 9 mai 2018 par l’agence Syria News montre des personnes debout devant les flammes réveillées après une attaque contre une zone connue pour héberger de nombreuses bases militaires de l’armée syrienne, à Kisweh, au sud de Damas, en Syrie. Mardi. l’Observatoire syrien des droits de l’homme basé en Grande-Bretagne a déclaré que les tirs ciblaient les dépôts et les armes qui appartenaient probablement aux forces iraniennes à Kisweh (Syria News)

Katz a dit qu’il pensait que si reconnaître la souveraineté israélienne sur le Golan enverrait un message fort à l’Iran et à la Syrie, l’allié russe n’en serait pas trop dérangé. Moscou pourrait formuler des condamnations verbales, a-t-il estimé, mais pas beaucoup plus. La Russie pourrait même accepter le plan dans le cadre d’un effort plus large pour mettre un terme à la guerre civile.

« En réalité, de cette perspective, si cela donne quelque chose à Israël dans le contexte syrien plus large, en quoi cela les dérange ? La survie d’Assad est plus importante pour eux, puisque la Syrie est si faible », a-t-il dit. « Ils veulent un nouveau réarrangement à l’échelle internationale. »

Israël a mené une série de frappes aériennes contre les intérêts iraniens en Syrie, promettant qu’il ferait tout ce qui est en son pouvoir pour empêcher l’Iran de s’implanter dans le territoire syrien. Plus tôt ce mois, l’Iran a lancé une salve de dizaines de roquettes depuis le territoire syrien vers Israël. La plupart des roquettes sont tombées sur le territoire syrien, et plusieurs ont été abattues par les systèmes de missile de défense israéliens. Lors des frappes aériennes de riposte contre les positions iraniennes, des avions de chasse israéliens ont également détruit les cibles de défense qui avaient ouvert le feu sur les avions.

« C’est le moment de vérité pour Assad », a dit Katz. « Veut-il être un allié iranien, ou non ? S’il devient un allié iranien, alors tôt ou tard, il se condamne lui-même, parce qu’Israël agit contre l’Iran en Syrie. »

Katz a suggéré que cette reconnaissance pourrait aussi ramener les Palestiniens à la table de négociations, ce qu’ils ont évité après de la reconnaissance américaine de Jérusalem comme la capitale d’Israël et le transfert de l’ambassade américaine.

« Ils devraient se dépêcher et s’asseoir avec Israël, parce que là où Israël dit qu’il est déterminé, il le sera, il n’abandonnera pas, et l’histoire travaillera en notre faveur », a dit Katz.

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