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Le bras droit de Ben Gvir a aidé à créer l’ONG qui subventionne des terroristes juifs

Après qu'un reportage a révélé que Chanamel Dorfman a contribué à la création de Shlom Assiraï'h, une information révèle que Yigal Amir fait également partie des personnes aidées

Le député HaTzionout HaDatit Itamar Ben Gvir, à gauche, et son conseiller Chanamel Dorfman. (Credit : La Treizième chaîne)
Le député HaTzionout HaDatit Itamar Ben Gvir, à gauche, et son conseiller Chanamel Dorfman. (Credit : La Treizième chaîne)

Le conseiller, que le leader du parti Otzma Yehudit, Itamar Ben Gvir, a décrit comme son « bras droit », a aidé à créer une organisation qui soutient financièrement des Juifs reconnus coupables de terrorisme, dont l’assassin de l’ancien Premier ministre Yitzhak Rabin, Yigal Amir.

Dans un reportage diffusé lundi, la Treizième chaîne a révélé que le nom et le titre de Chanamel Dorfman étaient présents sur des formulaires soumis par le groupe Shlom Assiraï’h lorsqu’il avait demandé à être reconnu en tant qu’ONG au sein de l’État juif.

Shlom Assiraï’h, dans un récent tract, se vantait d’avoir levé plus de 43 000 dollars, l’année dernière, en faveur d’Israéliens condamnés pour terrorisme – parmi eux, Yosef Chaim Ben David, qui avait frappé Muhammad Abu Khdeir, 16 ans, avant de le brûler vif en 2014 ; Amiram Ben Uliel, qui avait lancé une bombe artisanale sur une maison du village palestinien de Duma, entraînant la mort d’un couple, Riham et Saad Dawabshe, et celle de leur fils Ali, âgé de seulement un an, en 2015 et Jack Teitel, qui avait tué un chauffeur de taxi palestinien à Jérusalem-Est et un berger palestinien en Cisjordanie en 1997.

Dans un reportage de suivi diffusé jeudi, la chaîne a révélé que les bénéficiaires de Shlom Asiraich ont également inclus Amir et Yishai Schlissel, l’extrémiste haredi qui avait poignardé à mort Shira Banki, 16 ans, lors de la Gay Pride de Jérusalem 2015, trois semaines seulement après avoir été libéré de prison. Il avait purgé une peine de huit ans pour une attaque au couteau lors de la même marche 10 ans plus tôt.

La chaîne a diffusé la dernière annonce du groupe, postée quelques jours plus tôt, appelant les sympathisants à prier pour le bien-être d’une liste de prisonniers juifs, qui comprenait Amir et Schlissel.

Elle a également appelé un représentant de Shlom Assiraï’h en prétendant vouloir faire un don à l’ONG.

Yigal Amir, comparaissant devant un tribunal en 2004. (Credit : Yoram Rubin/Flash90/Dossier)

Dans un enregistrement diffusé pendant le reportage, le représentant de Shlom Assiraï’h explique que les fonds alloués au groupe ne peuvent pas aller à certains extrémistes juifs, à moins que le donateur ne le spécifie.

« Si une personne nous dit qu’elle veut que nous transmettions son don spécifiquement à Yigal Amir ou à Schlissel, alors nous le faisons », peut-on entendre dans l’enregistrement. Il peut arriver que certains donateurs me disent précisément « ceci est pour Yishai Schlissel que nous aimons ».

Interrogée sur ce qu’elle pensait de Shlom Assiraï’h lors d’une interview à la radio en début de semaine, Ayala, l’épouse de Ben Gvir, a déclaré que « ces groupes peuvent faire ce qu’ils veulent tant que c’est légal et correct. Je n’ai pas pour habitude de me mêler de ce que font les organisations ».

Yishai Schlissel s’apprêtant à sortir un couteau de sous son manteau et à poignarder des gens lors de la Gay Pride à Jérusalem, le 30 juillet 2015. (Crédit : AP Photo/Sebastian Scheiner)

« Vous vous êtes laissé bernés par ce reportage d’investigation il y a deux jours et avez faussement prétendu que je donnais de l’argent aux prisonniers, aujourd’hui vous répétez cette histoire et présentez des faits qui n’ont aucun lien avec la réalité. Nous nous retrouverons au tribunal. Préparez-vous à en assumer les conséquences », a déclaré Dorfman à la Treizième chaîne, dans un communiqué en réponse aux dernières révélations.

Otzma Yehudit a déclaré, dans un communiqué, « être fière d’avoir recours aux services de Dorfman » et a poursuivi en fustigeant la chaîne pour ne pas avoir réalisé de reportages similaires visant des législateurs de l’autre côté de l’échiquier politique qui emploieraient également des assistants controversés.

Le leader du parti Otzma Yehudit, Ben Gvir, actuellement en lice pour devenir le prochain ministre de la Sécurité intérieure, a qualifié Dorfman de « bras droit » dans son discours de remerciement prononcé après que le parti HaTzionout HaDatit a remporté 14 sièges lors des élections du 1er novembre.

Des personnes, défilant lors de la Gay Pride 2021, devant une photo de Shira Banki, assassinée par un extrémiste ultra-orthodoxe lors du défilé en 2015, à Jérusalem, le 3 juin 2021 . (Crédit: Olivier Fitoussi/Flash90)

Ben Gvir avait attiré l’attention du pays, lorsqu’il avait été interviewé après avoir réussi à voler l’insigne du véhicule du Premier ministre de l’époque, Yitzhak Rabin. « Nous sommes arrivés jusqu’à sa voiture, et nous atteindrons aussi Rabin », avait déclaré Ben Gvir, quelques semaines avant l’assassinat de 1995.

Ben Gvir soutient que la vidéo a été coupée pour ne pas inclure la partie où on lui demande ce qu’il ferait s’il parvenait à atteindre Rabin. Le jeune militant d’extrême-droite avait répondu qu’il se contenterait de « lui crier dessus ».

Itamar Ben Gvir montrant l’insigne de la voiture de l’ancien Premier ministre Yitzhak Rabin, dans une interview d’octobre 1995. (Crédit : YouTube/IBA)

Mais Ben Gvir a continué à faire campagne pour la libération d’Amir et, lors des précédentes campagnes électorales, il avait promis d’obtenir la grâce d’Amir s’il parvenait à être élu.

Elisha Yered fait également partie du personnel d’Otzma Yehudit. Le quotidien Haaretz a rapporté lundi qu’il avait été engagé pour devenir le porte-parole de la nouvelle députée Limor Son Har-Melech.

Yered est depuis longtemps considéré comme le porte-parole des « Jeunes des collines » –  un mouvement des résidents d’implantations juifs ultra-nationalistes qui construisent des avant-postes illégaux en Cisjordanie et qui se heurtent souvent aux Palestiniens et aux forces de sécurité israéliennes. Il vit dans l’avant-poste illégal de Ramat Migron, dans le nord de la Cisjordanie, que Tsahal a déclaré « zone d’exclusion militaire ».

Le jeune homme de 22 ans avait été arrêté au mois d’août pour avoir pillé un entrepôt dans un village palestinien voisin – un acte considéré par la justice comme ayant un mobile nationaliste. Un magistrat a ordonné son assignation à résidence temporaire ; le dossier est encore en cours.

Yered a refusé la demande de commentaire soumise par Haaretz. Il a toutefois déclaré à la Septième chaîne, une chaîne d’information de droite « qu’après des années passées à travailler dans les relations publiques depuis ‘le bureau’, sur la colline, ou depuis les pâturages, avec les moutons, il va falloir nous habituer aux couloirs de la Knesset… J’espère ne pas trop me planter, priez pour moi ».

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