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L’avocat d’un groupe de soutien aux terroristes juifs représente Ben Gvir aux négociations de coalition

Le porte-parole du nouveau député, Limor Son Har-Melech, a quant à lui, été arrêté pour pillage d'un entrepôt palestinien

Le député d'Otzma Yehudit, Itamar Ben Gvir, à gauche, et son conseiller Chanamel Dorfman. (Capture d'écran/ Treizième chaîne; used in accordance with Clause 27a of the Copyright Law)
Le député d'Otzma Yehudit, Itamar Ben Gvir, à gauche, et son conseiller Chanamel Dorfman. (Capture d'écran/ Treizième chaîne; used in accordance with Clause 27a of the Copyright Law)

L’homme qui représente la faction Otzma Yehudit dans les négociations de coalition avec le futur probable Premier ministre, Benjamin Netanyahu, est le conseiller juridique d’une organisation qui collecte des fonds pour les Juifs reconnus coupables de terrorisme.

Dans un reportage diffusé lundi, la Treizième chaîne a révélé que le nom et le titre de Chanamel Dorfman étaient présents sur des formulaires soumis par le groupe Shlom Asiraich lorsqu’il avait demandé à être reconnu en tant qu’ONG au sein de l’État juif.

Shlom Asiraich, dans un prospectus récent, se vantait d’avoir levé plus de 43 000 dollars, l’année dernière, en faveur d’Israéliens condamnés pour terrorisme – parmi eux, Yosef Chaim Ben David, qui avait frappé Muhammad Abu Khdeir, 16 ans, avant de le brûler vif en 2014; Amiram Ben Uliel, qui avait lancé une bombe artisanale sur une maison du village palestinien de Duma, entraînant la mort d’un couple, Riham et Saad Dawabshe, et celle de leur fils Ali, âgé de seulement un an, en 2015 ou Jack Teitel, qui avait tué un chauffeur de taxi palestinien à Jérusalem-Est et un berger palestinien en Cisjordanie en 1997.

Les activités menées par Shlom Asiraich ont été si extrêmes que même l’organisation Honenu d’extrême-droite, qui offre pourtant un soutien juridique aux Juifs soupçonnés d’avoir commis des actes terroristes, avait pris ses distances face au groupe.

Dorfman a refusé de commenter ses activités au sein de Shlom Asiraich quand il a été sollicité par la Treizième chaîne. De son côté, Otzma Yehudit a pris sa défense, estimant qu’il était « un avocat talentueux et très recherché qui représente une vaste gamme d’organisations différentes ».

« Nous sommes fiers d’être soutenus par ses services », a noté la faction dans une déclaration qui a ensuite accusé la chaîne de n’avoir pas pris la peine d’effectuer le même genre de contrôle sur les conseillers qui avaient été employés par le député Ram Ben Barak, de Yesh Atid.

Yosef Haim Ben-David, l’un des juifs suspectés du meurtre de Muhammed Abu Khdeir, sous escorte policière au tribunal de district de Jérusalem, le 3 juin 2015 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Le président sortant de la puissante Commission des Affaires étrangères et de la Défense à la Knesset avait brièvement entraîné la controverse, l’année dernière, lorsque l’un de ses conseillers avait été photographié en compagnie de l’ancien grand mufti de Jérusalem et de Palestine, un homme qui avait exprimé son soutien aux attentats-suicides.

Otzma Yehudit, qui est l’une des trois formations d’extrême-droite au sein de l’alliance HaTzionout HaDatit, n’a pas fait de commentaire sur les activités de Shlom Asiraich.

Le chef d’Otzma Yehudit, Itamar Ben Gvir, qui réclame le portefeuille de la Sécurité intérieure dans le prochain gouvernement, avait fait référence à Dorfman comme à son « bras droit » dans son discours de remerciement qui avait suivi la réussite de HaTzionout HaDatit aux élections du 1er novembre. L’alliance a remporté 14 sièges au parlement.

Parmi les salariés d’Otzma Yehudit figure également Elisha Yered qui, a affirmé lundi le quotidien Haaretz, a été engagé pour devenir le porte-parole de Limor Son Har-Melech, qui va devenir député sous l’étiquette de la faction.

Cela fait longtemps que Yered est considéré comme un porte-parole des « Jeunes des collines » – ces partisans du mouvement pro-implantations ultra-nationalistes qui construisent des avant-postes illégaux et qui s’opposent souvent violemment aux Palestiniens et aux forces de sécurité israéliennes en Cisjordanie. Il vit dans l’avant-poste illégal de Ramat Migron dans le nord de la Cisjordanie, un secteur déclaré zone militaire fermée par l’armée.

Le jeune adulte de 22 ans avait été arrêté au mois d’août pour avoir pillé un entrepôt dans un village palestinien voisin – un acte considéré comme ayant un mobile nationaliste pour la justice. Un magistrat a ordonné son assignation à résidence temporaire et le dossier est encore en cours.

Yered a refusé la demande de commentaire soumise par Haaretz. Il a toutefois déclaré à la chaîne d’information de droite Arutz 7 qu’après des années passées à travailler dans les relations publiques depuis ‘le bureau’, sur la colline, ou depuis les pâturages, avec les moutons, il va falloir nous habituer aux couloirs de la Knesset… J’espère ne pas trop me planter, priez pour moi ».

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