Le Collectif contre l’islamophobie en France dissout en Conseil des ministres
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Le Collectif contre l’islamophobie en France dissout en Conseil des ministres

"Nous ne pouvons accepter une dissolution de façade et nous devons donc mettre un point final à cette action", a déclaré Gabriel Attal au sujet de l'auto-dissolution du CCIF

Le ministre français de l'Intérieur, Gérald Darmanin, à l'Assemblée nationale française, à Paris, pour voter sur une loi de sécurité générale qui a déclenché des manifestations à travers le pays ces derniers jours, le 24 novembre 2020. (Crédit : Anne-Christine POUJOULAT / AFP)
Le ministre français de l'Intérieur, Gérald Darmanin, à l'Assemblée nationale française, à Paris, pour voter sur une loi de sécurité générale qui a déclenché des manifestations à travers le pays ces derniers jours, le 24 novembre 2020. (Crédit : Anne-Christine POUJOULAT / AFP)

Vendredi dernier, le collectif avait décidé de prendre les devants en annonçant s’être « auto-dissous ». Il avait déjà redéployé peu auparavant ses activités et son siège à l’étranger.

Le ministre de l’Intérieur a fait valoir mercredi dans un tweet que « depuis plusieurs années, le CCIF a conduit avec constance une action de propagande islamiste ».

« Nous ne pouvons accepter une dissolution de façade et nous devons donc mettre un point final à cette action », a déclaré le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal au sujet de l’auto-dissolution du CCIF.

« Sa propagande et son action pouvaient continuer et certains persistaient à s’en réclamer », a-t-il ajouté, fustigeant une association qui a « dévoyé un combat noble et nécessaire » et « prêté le flanc à toutes sortes de dérives et d’idéologies anti-républicaines ».

La dissolution du CCIF avait été annoncée par le gouvernement dans la foulée de la décapitation, le 16 octobre, de Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie dans un collège de Conflans-Saint-Honorine (Yvelines).

Lors de la notification du projet de dissolution, le CCIF avait reproché au ministre de l’Intérieur d’avoir « cédé aux appels de l’extrême droite » et assuré qu’il continuerait « à apporter son assistance juridique aux personnes victimes d’islamophobie et informera(it) les instances internationales de l’état d’avancement de la lutte contre les discriminations et pour l’égalité en France ».

« Une mission sera confiée par le ministre de l’Intérieur à un parlementaire sur le renforcement de la lutte contre les discriminations du fait de la religion », a aussi indiqué M. Attal.

Depuis octobre, deux structures ont déjà fait l’objet de dissolution en Conseil des ministres pour des motifs semblables.

Il s’agit de BarakaCity, accusée de « propager des idées prônant l’islam radical », et du collectif « Cheik Yassine » dont le président Abdelhakim Sefrioui a été mis en examen dans l’attentat de Conflans pour « complicité d’attentat terroriste ».

Les responsables de BarakaCity et son fondateur, Driss Yemmou, dit Idriss Sihamedi, ont demandé « l’asile politique » au président turc, Recep Erdogan.

Le gouvernement a également ordonné la fermeture administrative pour six mois de la mosquée de Pantin, au motif qu’elle avait relayé une vidéo dénonçant le cours de Samuel Paty sur la liberté d’expression au cours duquel le professeur d’histoire avait montré des caricatures de Mahomet.

Le Conseil d’Etat a confirmé la dissolution de BarakaCity et la fermeture de la mosquée de Pantin.

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