Le FBI enquête sur des cadeaux d’hommes d’affaires juifs à 20 policiers de New York
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Le FBI enquête sur des cadeaux d’hommes d’affaires juifs à 20 policiers de New York

Voyages en Israël et aux Caraïbes font partie des cadeaux qui auraient été offerts par des hommes d’affaires qui ont aussi contribué à la campagne du maire Bill de Blasio

Des juifs hassidiques Satmar à Brooklyn. (Crédit : CC BY 2.0/Flickr/Gerald Rich)
Des juifs hassidiques Satmar à Brooklyn. (Crédit : CC BY 2.0/Flickr/Gerald Rich)

Le FBI enquête pour savoir si 20 policiers de la ville de New York ont accepté des cadeaux de deux hommes d’affaires juifs orthodoxes politiquement actifs.

Les officiers ont pu recevoir des cadeaux et des voyages à l’étranger, y compris en Israël et aux Caraïbes, d’hommes d’affaires en échange de services, principalement des escortes, a annoncé le New York Post en début de semaine, citant des sources policières anonymes. Le journal a annoncé qu’un grand jury avait été organisé pour cette affaire.

Les hommes d’affaires identifiés sont Jeremy Reichberg et Jona Rechnitz, tous deux de Brooklyn, qui ont tous les deux participé au comité inaugural en 2013 du maire de New York Bill de Blasio, et ont contribué à sa campagne, a annoncé Associated Press. Ils n’ont pas participé à sa campagne de réélection.

« Je n’ai rien fait de mal et ne me suis pas engagé dans un comportement inapproprié avec quiconque lié au département de police de New York, a déclaré Rechnitz au Post. Au-delà de cela, je n’ai aucun commentaire. »

Reicberg n’avait pas répondu aux appels du Post, selon le journal.

Quatre policiers ont été assignés à d’autres fonctions et deux d’entre eux ont dû restituer leur arme de service et leur badge, a indiqué jeudi le chef de la police de New York (NYPD), William Bratton, dans un communiqué.

Bratton n’a pas fait mention du principal suspect de l’enquête, Philip Banks. Chef de département, le plus haut grade de la police, il avait démissionné brusquement en octobre 2014, alors qu’il était pressenti pour devenir le numéro deux de la NYPD.

Cette démission est aujourd’hui interprétée comme un départ précipité, provoqué par la découverte des premiers éléments de l’enquête, ouverte fin 2013.

Selon plusieurs médias, Philip Banks est soupçonné d’avoir reçu de l’argent, des billets d’avion et d’avoir bénéficié de chambres d’hôtel payées par Jona Rechnitz et Jeremy Reichberg.

En échange, Philip Banks aurait fait bénéficier les deux hommes d’escortes de police à plusieurs reprises.

Il aurait également fait escorter, à leur demande, des convois funéraires transportant les dépouilles de membres de la communauté juive vers l’aéroport pour qu’ils soient enterrés en Israël.

L’enquête de la police a été jointe à une autre ouverte par le FBI en 2014, dont le spectre était plus large.

La police fédérale s’intéresse ainsi également à Norman Seabrook, président du syndicat des personnels surveillants pénitentiaires (Correction Officer’s Benevolent Association) de New York.

Il aurait accepté des cadeaux et de l’argent en contrepartie du placement de fonds appartenant au syndicat.

William Bratton a indiqué que l’enquête était toujours en cours.

Il a annoncé avoir demandé au service juridique de la police de New York de mettre sur pied une formation supplémentaire dédiée aux conflits d’intérêts à destination des hauts gradés de la NYPD.

Mercredi, le maire de la ville, Bill de Blasio, a apporté des précisions sur ses liens avec les deux hommes d’affaires cités dans l’enquête, qui ont contribué financièrement à sa campagne municipale de 2013.

Le maire de New York Bill de Blasio, (à gauche), et le maire de Jérusalem, Nir Barkat, dans un hôpital de Jérusalem le 17 octobre 2015, visitant les victimes d'une attaque terroriste. (Crédit : Yonatan Zindel)
Le maire de New York Bill de Blasio, (à gauche), et le maire de Jérusalem, Nir Barkat, dans un hôpital de Jérusalem le 17 octobre 2015, visitant les victimes d’une attaque terroriste. (Crédit : Yonatan Zindel)

Il a assuré n’avoir reçu aucun don de leur part pour sa campagne de réélection (le prochain scrutin aura lieu en 2017) et n’avoir pas l’intention d’en accepter tant que l’enquête serait en cours.

Le FBI et le bureau du procureur des Etats-Unis de Manhattan ont refusé de commenter, selon le New York Times.

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