Le Hamas critique Abbas pour avoir menacé de sanctionner Gaza
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Le Hamas critique Abbas pour avoir menacé de sanctionner Gaza

Le groupe terroriste palestinien fustige le président de l'AP, exhorte la Ligue arabe à intervenir pour mettre fin à la "détérioration dangereuse et empêcher le désastre"

Khaled Abu Toameh est le correspondant aux Affaires arabes du Times of Israël

Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas assiste à une réunion avec le Conseil révolutionnaire du parti au pouvoir, le Fatah, le 1er mars 2018, dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie. (AFP PHOTO / ABBAS MOMANI)
Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas assiste à une réunion avec le Conseil révolutionnaire du parti au pouvoir, le Fatah, le 1er mars 2018, dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie. (AFP PHOTO / ABBAS MOMANI)

Le Hamas et d’autres groupes terroristes palestiniens ont fermement condamné lundi le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas pour avoir menacé d’imposer de nouvelles sanctions à la bande de Gaza.

Dans un communiqué publié peu après qu’Abbas a annoncé sa décision dans un discours devant les dirigeants palestiniens à Ramallah, le Hamas a déclaré que ses « déclarations irresponsables » visaient à « mettre à genoux notre peuple de la bande de Gaza en cette période difficile et dangereuse ».

Dans son discours, Abbas a annoncé qu’il avait décidé de prendre des « mesures juridiques, nationales et financières » contre le Hamas pour « protéger le projet national palestinien ». Il n’a pas fourni d’autres précisions.

L’année dernière, Abbas a imposé une série de mesures contre la bande de Gaza, dont la suspension des paiements de l’Autorité palestinienne à Israël pour l’approvisionnement en électricité de l’enclave côtière. Abbas a également interrompu le paiement des salaires de milliers de fonctionnaires de Gaza et en a forcé beaucoup d’autres à prendre une retraite anticipée.

Des Palestiniens dans une rue sombre lors d’une coupure de courant dans le camp de réfugiés d’al-Shati de Gaza, le 11 juin 2017. (Crédit : Mahmud Hams/AFP)

Lundi, le Hamas a accusé Abbas d’œuvrer pour « saper les perspectives de faire avancer le projet national palestinien et de réaliser l’unité nationale ».

Le groupe terroriste qui dirige la bande de Gaza a également accusé Abbas d’ « accentuer la séparation entre la bande de Gaza et la Cisjordanie, ouvrant la voie à la mise en œuvre du plan de chaos et de l’accord du siècle et des projets sionistes de Trump [le président américain Donald] ».

Trump a qualifié son plan de paix, dont les détails n’ont pas encore été rendus publics, de « l’accord du siècle ».

Dans son communiqué, le Hamas a accusé Abbas de saboter l’effort égyptien en cours pour réaliser l’unité palestinienne. « Les actions d’Abbas sont destructrices et dangereuses », a accusé le groupe, et a appelé la Ligue arabe à intervenir d’urgence pour arrêter « cette dangereuse détérioration et empêcher le désastre » dans l’arène intérieure palestinienne.

Le Hamas a également rejeté les accusations d’Abbas concernant sa responsabilité dans le bombardement, la semaine dernière, du convoi du Premier ministre Rami Hamdallah et du chef des services de renseignements généraux Majed Faraj dans le nord de la bande de Gaza, et l’a accusé d’avoir « manipulé le cours de la justice et de l’enquête » sur l’incident.

Le Hamas a également renouvelé son appel à la tenue de nouvelles élections présidentielles et parlementaires en Cisjordanie et dans la bande de Gaza « afin que le peuple puisse choisir ses dirigeants ».

Le groupe du Jihad islamique palestinien a déclaré que les déclarations d’Abbas « mettent en danger l’unité palestinienne et apportent un soutien supplémentaire au blocus de la bande de Gaza par Israël ».

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas est assis devant une photo du Dôme du Rocher dans la Vieille Ville de Jérusalem lors d’une réunion des dirigeants palestiniens dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 19 mars 2018. (FLASH90)

Le groupe terroriste a appelé toutes les factions palestiniennes à « se rallier derrière la résistance et à la protéger, et non à conspirer contre elle ».

Khader Habib, un haut responsable du Jihad islamique dans la bande de Gaza, a appelé à une « Intifada » palestinienne contre « l’ensemble du système politique ». Il a également déclaré que les sanctions d’Abbas visaient à « soumettre et humilier les Palestiniens et leur résistance ».

Khaled Abu Hilal, chef du groupe terroriste Alahrar, a déclaré qu’il n’avait jamais entendu Abbas utiliser un langage aussi offensant en réponse aux « agressions et assassinats » israéliens contre les Palestiniens.

Yasser Zaatreh, un commentateur palestinien fermement opposé à Abbas, a accusé le président de l’AP de se comporter comme s’il était l’ennemi des Palestiniens. « Abbas ne veut pas de réconciliation avec la bande de Gaza », a-t-il affirmé. « Il déteste le Hamas et Dahlan plus que l’entité sioniste. Pour Abbas, la bande de Gaza, c’est le Hamas et Dahlan. »

Le Front populaire pour la libération de la Palestine, l’un des nombreux groupes terroristes de l’OLP, a déclaré que les nouvelles mesures d’Abbas étaient dirigées contre la « réconciliation », le Hamas et la « résistance » palestinienne dans la bande de Gaza. « Imposer les sanctions mènera à l’effondrement de la bande de Gaza. »

Pendant ce temps, plusieurs Palestiniens se sont tournés vers les réseaux sociaux pour exprimer leur colère contre Abbas, le qualifiant de « prostitué », « traître », « rat », « chien » et « sénile ». Certains Palestiniens ont appelé le Hamas à se venger en interdisant la faction Fatah d’Abbas dans la bande de Gaza.

Le Fatah, pour sa part, a pris la défense d’Abbas. Sur sa page Facebook officielle, la faction a affiché une photo d’Abbas accompagnée de la légende « Nous sommes fiers de vous ! »

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Posted by ‎حركة التحرير الوطني الفلسطيني " فتح "/الصفحة الرسمية‎ on Monday, 19 March 2018

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