Le ministre des Finances augmente les taxes sur le tabac à rouler
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Le ministre des Finances augmente les taxes sur le tabac à rouler

Kahlon a approuvé avec réticence la hausse après une décision de la Cour suprême selon laquelle le tabac à rouler et les cigarettes devraient être taxés au même niveau

Illustration. Une femme tient du tabac, le 25 janvier 2017. (Flash90)
Illustration. Une femme tient du tabac, le 25 janvier 2017. (Flash90)

Mercredi, le ministre des Finances Moshe Kahlon a signé un décret pour imposer une augmentation des taxes sur le tabac à rouler ce qui va fortement augmenter son prix. La taxe entrera en vigueur jeudi matin.

Le tabac à rouler était beaucoup moins cher que les cigarettes car les taxes sur les cigarettes sont trois fois plus importantes que celles sur le tabac à rouler. Avec cette augmentation des taxes, le prix du tabac à rouler devrait doubler.

Kahlon était réticent à l’idée de signer le décret, mais il a été contraint de le faire sur ordre de la Cour suprême de Justice, qui a statué, plus tôt ce mois, que le taux d’imposition sur le tabac à rouler devait correspondre à celui des cigarettes. Des groupes de lutte contre le tabagisme ont salué la décision comme une « réussite historique ».

Dans sa décision, le juge de la Cour suprême Daphne Barak-Erez a déclaré que, comme le gouvernement avait l’autorité de décider des politiques en matière de taxe, il devait faire respecter le principe d’égalité devant la loi et prendre sérieusement en considération les conséquences négatives que ses politiques pouvaient avoir sur la santé publique.

Moshe Kahlon dirige une réunion de faction au Parlement israélien, le 24 décembre 2018. (Yonatan Sindel/Flash90)

Elle a statué qu’il n’y avait aucune différente pertinente entre les cigarettes et le tabac à rouler pouvant justifier l’écart de taxes.

Réagissant à la décision du tribunal, Kahlon a déclaré : « Ma vision économique du monde me conduit à baisser les taxes, et non pas à les augmenter, donc je m’oppose à toute augmentation de taxes. Les citoyens d’Israël travaillent dur et paient assez de taxes, et c’est notre devoir de baisser les taxes autant que possible ».

Le recours contre Kahlon et le ministère de la Santé a été déposé par l’Association Israël contre le Cancer et l’association Israël Sans Tabac qui ont toutes les deux salué la décision de la Cour Suprême comme une « réussite historique dans la bataille contre le tabagisme, pour la santé publique et pour le règne des compagnies du tabac en Israël ».

En juin dernier, le député du Likud Yehudah Glick avait fait une grève de la faim pour forcer Kahlon à augmenter les prix du tabac à rouler. Il avait fait la liste des différents comités de la Knesset qui avaient appelé à son augmentation, mais il avait noté que Kahlon avait systématiquement rejeté leurs recommendations.

Des Israéliens en train de fumer et de boire.
(Miriam Alster/ Flash90)

Glick, qui lutte depuis longtemps contre le tabagisme, avait mis un terme à sa grève de la faim après 25 jours.

Plus tôt cette année, la Knesset a annoncé un plan de lutte de grande ampleur contre le tabagisme, interdisant de fumer dans de nombreux espaces publics dont les hôpitaux, les tribunaux, les salles de concerts et les parkings. Il est également interdit de fumer à moins de dix mètres de l’entrée d’un de ses espaces.

Environ 26 % des hommes israéliens fument des cigarettes, selon une étude de 2015 par le ministère de la Santé, légèrement au-dessus de la moyenne de l’Union européenne de 24,2 %. Parmi les femmes, seulement 13,6 % des adultes fument des cigarettes, légèrement en-dessous de la moyenne de l’UE de 15,5 %.

Un rapport de 2017 a mis en évidence qu’environ 40 % des Israéliens sont fumeurs au moment où ils finissent leur service militaire. C’est deux fois plus haut que la moyenne nationale et beaucoup plus important que parmi les soldats américains, selon une étude publiée dans la revue de Recherche de nicotine et du tabac. L’étude n’a pas trouvé de changements significatifs, au fil des années, sur le nombre de soldats qui étaient fumeurs quand ils entraient ou sortaient de l’armée.

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