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'Si les Russes veulent avoir la chance de conserver Assad à son poste, ils doivent agir et aider à faire partir l'Iran de Syrie'

Le ministre israélien des Renseignements presse les Américains à s’allier avec la Russie contre l’Iran

Yisrael Katz a rencontré des membres du Congrès et l'envoyé de Trump pour débattre de son initiative de relier par voie ferroviaire Israël et l'Arabie saoudite

Eric Cortellessa couvre la politique américaine pour le Times of Israël

Yisrael Katz, ministre des Transports, pendant une conférence de presse dans son ministère, à Jérusalem, le 14 mars 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Yisrael Katz, ministre des Transports, pendant une conférence de presse dans son ministère, à Jérusalem, le 14 mars 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

WASHINGTON — Le gouvernement israélien veut que les Etats-Unis négocient avec les Russes pour garantir que l’Iran n’obtiendra pas une présence militaire permanente en Syrie, a déclaré le ministre des Renseignements et des Transports israéliens Yisrael Katz.

Lors de rencontres avec des responsables de l’administration et des membres du Congrès de haut-rang, Katz a vivement recommandé aux Etats Unis de forcer le départ des forces iraniennes du pays, qui vit actuellement la sixième année d’une guerre civile dévastatrice.

« Nous avons débattu des moyens qu’ont les Américains de négocier avec les Russes », a-t-il déclaré dans un entretien mercredi. « Et c’est dans l’intérêt commun non seulement d’Israël mais des pays arabes sunnites de la région ».

Katz, qui est membre du cabinet de sécurité de haut-niveau, a été envoyé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu pour évoquer la Syrie et d’autres sujets avec les responsables américains.

« Dans notre région, il y a deux choses différentes. Ce qui existe actuellement est, d’un côté, les lourdes menaces et les dangers et de l’autre, de grandes chances de coopération », a-t-il dit.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) et le ministre des Transports et des Renseignements Yisrael Katz pendant de la réunion hebdomadaire du cabinet, le 24 janvier 2016. (Crédit : Ohad Zwigenberg/Pool)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) et le ministre des Transports et des Renseignements Yisrael Katz pendant de la réunion hebdomadaire du cabinet, le 24 janvier 2016. (Crédit : Ohad Zwigenberg/Pool)

Israël pense que Trump est en train de donner le signal d’une nouvelle politique au Moyen Orient – qui paraît évidente à travers l’ordre donné d’une frappe de missiles sur une base aérienne syrienne en représailles à une attaque aux armes chimiques perpétrée par le régime d’Assad et par la nouvelle rhétorique utilisée envers Téhéran – qui pourrait comprendre des changements dans l’attitude de Washington dans sa gestion du défi iranien, a expliqué Katz.

« Il y a une nouvelle politique aux Etats Unis, et l’Iran est du mauvais côté, pas du bon côté », a-t-il déclaré. « C’est très clair. On le constate dans les déclarations et dans les actes ».

« En raison de la future politique américaine contre l’Iran et contre l’axe chiite dirigé par l’Iran, et avec l’appui de la Russie, il y a une opportunité réelle de faire de vrais changements dans la situation sécuritaire régionale », a-t-il ajouté.

Katz est venu à Washington après avoir visité New York, où il a pris la parole devant le Congrès juif mondial.

‘Il y a une nouvelle politique aux Etats Unis et l’Iran est du mauvais côté, et non du bon côté’

Au sein de la capitale, il a rencontré le représentant de la Caroline du nord, le sénateur républicain Richard Burr, président de la Commission des renseignements du Sénat, et le représentant démocrate de l’état de New-York, Adam Schiff (D), membre de haut-rang de la Commission des renseignements de la Chambre.

Il a débattu avec eux de l’espoir entretenu par Israël que les Etats Unis négocieront avec les Russes pour supprimer la présence militaire des Iraniens en Syrie.

Katz a insisté sur le fait que Trump pouvait faire pression sur le président russe Vladimir Poutine pour atténuer sa résolution de soutenir Assad.

« Si les Russes veulent garder Assad, ils doivent faire sortir les Iraniens du pays », a déclaré Katz. La Maison Blanche est « très proche de prendre la décision qu’Assad doit partir », a-t-il ajouté, donc « si les Russes veulent avoir la chance de conserver Assad à son poste, ils doivent agir et aider à faire partir l’Iran de Syrie. Parce que s’ils ne le font pas, ils feront partir l’Iran ou nous ferons partir Assad ».

Mercredi, Katz a également rencontré l’envoyé spécial de Trump pour les négociations internationales, Jason Greenblatt, pour évoquer son plan de développement d’un système de transport régional qui relierait Israël et l’Arabie saoudite par voie ferroviaire, via la Cisjordanie et la Jordanie.

Jason Greenblatt, conseiller du président américain Donald Trump, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à Jérusalem, le 13 mars 2017. (Crédit : Matty Stern/ambassade américaine de Tel Aviv)
Jason Greenblatt, conseiller du président américain Donald Trump, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à Jérusalem, le 13 mars 2017. (Crédit : Matty Stern/ambassade américaine de Tel Aviv)

« Nous allons peut-être l’appeler non pas un ‘truck rail’, mais un ‘Trump rail’,” a-t-il dit, jouant sur les mots anglais désignant les transports par camion et ferroviaire et leur ressemblance avec le nom du président américain.

Katz a expliqué qu’il pensait que l’administration soutiendra son initiative, pas nécessairement en raison de son espoir de conclure un accord entre Israël et les Palestiniens « qui mette un terme au conflit », mais pour encourager de meilleures conditions pour un accord de paix.

« Si les Etats Unis le soutenaient – et nous voulons qu’ils le soutiennent – cela irait dans le sens de leurs intérêts parce que ce serait bon pour l’économie jordanienne, sa stabilité et aussi pour l’économie des Palestiniens », a-t-il estimé.

Il a également indiqué qu’il y avait une « logique stratégique » à solidifier les liens entre le monde sunnite et Israël, qui partagent le même intérêt dans le fait de contrer l’axe chiite dirigé par l’Iran.

Après la rencontre lors de laquelle Katz a présenté ses plans à Greenblatt, l’ancien avocat a tweeté : « J’attends impatiemment de débattre des possibilités avec toutes les parties ».

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