Le mouvement des implantations furieux après l’interdiction des guides civils pour les visites des soldats en Cisjordanie
Rechercher

Le mouvement des implantations furieux après l’interdiction des guides civils pour les visites des soldats en Cisjordanie

Yossi Dagan juge la décision de remplacer les guides civils par des soldats “délirante”

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Des soldates israéliennes, près de Ramallah, en Cisjordanie, le 1er octobre 2009. Illustration. (Crédit : Matanya Tausig/Flash90)
Des soldates israéliennes, près de Ramallah, en Cisjordanie, le 1er octobre 2009. Illustration. (Crédit : Matanya Tausig/Flash90)

Les dirigeants du mouvement des implantations ont fustigé mardi un ordre donné par le commandant responsable de l’Education de l’armée israélienne, qui interdit aux civils de guider des visites d’informations pour les soldats en Cisjordanie.

« C’est une décision délirante, qui rappelle la Russie communiste, conçue pour délégitimer et semer la discorde entre les citoyens qui vivent en Judée Samarie et ceux qui n’y vicent pas », a déclaré Yossi Dagan, président du Conseil régional de Samarie.

Dans un entretien accordé dimanche à la télévision publique, Kan, le général de brigade Avner Paz-Tzuk a parlé de la tâche sensible d’apprendre aux soldats l’histoire de la terre de Cisjordanie sur laquelle ils servent comme d’un « point de vulnérabilité ».

En raison de ce qu’il a appelé la complexité et la sensibilité profonde du territoire, Paz-Tzuk a annoncé qu’à partir de 2018, les visites pédagogiques des soldats en Cisjordanie ne seraient effectuées que par d’autres soldats.

Il y a un an et demi, Paz-Tzuk a fondé une nouvelle branche pédagogique dans son unité, pour diriger les visites des soldats en Cisjordanie, avec l’objectif affiché de retirer l’armée israélienne du débat politique sur le futur du territoire.

Plusieurs associations d’implantations, dont l’école de terrain Kfar Etzion, ont été employées pendant des années par l’armée israélienne pour guider les visites de la Cisjordanie. Des critiques ont remis en cause le parti-pris de ces recrues, affirmant que beaucoup d’entre eux militaient pour la préservation et le développement du territoire à l’est de la Ligne verte, qui porte une lourde charge politique.

Dror Etkes, de l’association Kerem Navot, a déclaré que l’armée agissait de même pour les visites des soldats dans la Vieille Ville de Jérusalem, souvent guidée par l’association de droite Elad.

Même si le projet central de l’ONG est la rénovation du parc archéologique de la Cité de David, situé juste à l’extérieur des murailles de la Vieille Ville, elle achète aussi des logements dans le village voisin de Silwan pour les louer à des Juifs, ce qui est, selon ses détracteurs, une tentative de judaïser Jérusalem Est.

« Je n’ai jamais été invité à guider des visites pour des soldats, et ne le serai jamais. Suggérer qu’elles sont apolitiques par essence est un non sens total », a ajouté Etkes.

Des soldats de la Marine devant l'église du Saint-Sépulcre, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 12 avril 2016. (Crédit : Corinna Kern/Flash90)
Des soldats de la Marine devant l’église du Saint-Sépulcre, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 12 avril 2016. (Crédit : Corinna Kern/Flash90)

Dans un communiqué répondant à la directive de Paz-Tzuk, Yaron Rosenthal, le directeur de l’école de terrain Kfar Etzion, a affirmé que cet ordre était une « discrimination flagrante ».

Il a affirmé que les visites des soldats guidées par des civils au centre Yitzhak Rabin n’étaient pas moins sensibles politiquement que celles dans le Gush Etzion ou à Hébron.

Dagan a également jugé « inconcevable » qu’un guide bien formé de Cisjordanie puisse réaliser des visites à l’ouest de la Ligne verte sans que ses opinions politiques personnelles ne soient remises en cause, alors que ce n’est pas le cas pour un guide de Kfar Etzion.

« J’en appelle au chef d’état-major et au prochain responsable de l’Education […] pour ne pas laisser les éléments extrémistes comme l’officier sortant [Paz-Tzuk] jeter l’armée israélienne dans un tourbillon politique inutile », a dit Dagan.

Il a également appelé Avi Dichter, député du Likud qui préside la commission de la Défense et des Affaires étrangères, a convoquer une session d’urgence sur le sujet. Dichter est actuellement à l’étranger, mais son bureau a indiqué au Times of Israël qu’il « s’occupe de l’affaire ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...