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Le président de Cornell rejette « avec force » des résolutions étudiantes anti-Israël

Michael Kotlikoff a affirmé que les mesures exigeant la fin de la coopération avec le Technion et condamnant la visite de Tzipi Livni sur le campus "mettent en péril nos principes académiques"

Luke Tress est le correspondant du Times of Israel à New York.

Des étudiants de l'université Cornell s'assoient dehors le 3 novembre 2023 à Ithaca, dans l'État de New York. L'université a annulé les cours après qu'un de ses étudiants a été accusé d'avoir proféré de violentes menaces antisémites. (Photo de Matt Burkhartt/GETTY IMAGES NORTH AMERICA/Getty Images via AFP)
Des étudiants de l'université Cornell s'assoient dehors le 3 novembre 2023 à Ithaca, dans l'État de New York. L'université a annulé les cours après qu'un de ses étudiants a été accusé d'avoir proféré de violentes menaces antisémites. (Photo de Matt Burkhartt/GETTY IMAGES NORTH AMERICA/Getty Images via AFP)

Le président de l’université Cornell a rejeté avec fermeté deux résolutions anti-Israël émanant du gouvernement étudiant – dans l’un des derniers rebondissements en date sur le champs de bataille des campus américains.

La semaine dernière, l’Assemblée étudiante de Cornell a voté en faveur de la rupture des liens avec l’université israélienne du Technion et elle a condamné l’établissement d’enseignement supérieur pour avoir accueilli la politicienne israélienne de centre-gauche Tzipi Livni.

L’Assemblée étudiante représente les étudiants de premier cycle de Cornell auprès de l’administration universitaire et elle a pour mission d’améliorer la vie étudiante sur le campus, prenant en charge des questions comme, par exemple, les transports.

Les résolutions approuvées par l’assemblée sont ensuite soumises au président de l’université, qui peut les accepter ou les rejeter.

Le président de Cornell, Michael Kotlikoff, a écrit mercredi au président de l’assemblée étudiante. Il lui a dit, dans ce courrier, que la résolution visant à rompre les liens avec le Technion « entre en contradiction totale avec les principes de collaboration universitaire de Cornell et avec notre engagement fondamental en faveur de la liberté académique ».

La résolution appelait Cornell à « mettre un terme à son partenariat institutionnel » avec l’université israélienne, qui est l’un des principaux établissements d’enseignement supérieur d’Israël.

La mesure invoquait de « graves inquiétudes d’ordre éthique » et « la complicité dans un génocide », prétendant que l’implication du Technion auprès de l’armée israélienne violait le droit international.

Israël n’a pas été condamné pour génocide devant les tribunaux internationaux.

Cornell gère un campus à New York en partenariat avec le Technion et la ville, qui s’appelle le Cornell Tech.

Kotlikoff a noté que mettre un terme à la collaboration entre Cornell et le Technion pour des raisons politiques « entraverait nos recherches, notre enseignement et notre engagement public ». Il a ajouté qu’une telle initiative « mettrait également en péril nos principes universitaires », citant la liberté académique, l’excellence institutionnelle et la nécessité de conserver la confiance du public.

Le président de l’université Cornell, Michael Kotlikoff, prononce un discours à l’université en octobre 2025. (Capture d’écran/Université Cornell via YouTube)

Il a ajouté que la résolution affirmait à tort que Cornell était en mesure de prendre en charge le campus de New York sans le Technion. Cornell Tech est un partenariat tripartite entre les deux universités et la ville de New York, et aucune ne peut prétendre exercer un contrôle total sur le campus, a expliqué Kotlikoff dans un communiqué qui a été transmis au Times of Israel par un porte-parole de Cornell.

Le maire de New York, Zohran Mamdani, un antisioniste qui soutient le boycott d’Israël, a également évoqué un boycott du Technion de la part de Cornell.

Kotlikoff a dit être « profondément troublé » face à une résolution qui visait spécifiquement le Technion, soulignant que Cornell est partenaire de 159 institutions réparties sur 59 sites – y compris dans des pays dont les gouvernements sont accusés de violations des droits de l’Homme.

« Aucun de ces faits pourtant accessibles au public n’est mentionné dans la résolution ; seul notre partenariat avec une institution israélienne est ici pris pour cible. Le parti pris politique qui apparaît de manière évidente dans cette approche sélective est profondément troublant », a-t-il noté.

« Je la rejette totalement et avec force », a-t-il poursuivi.

La deuxième résolution de l’assemblée s’est particulièrement démarquée dans la mesure où Tzipi Livni est favorable à la solution à deux États et qui avait, pendant un temps, pris part aux négociations de paix avec les Palestiniens. Elle était venue à Cornell pour prendre la parole lors d’un événement qui était intitulé « Les chemins vers la paix ».

Tzipi Livni s’exprime lors d’un rassemblement à Tel-Aviv marquant le 30e anniversaire de l’assassinat de l’ancien Premier ministre Yitzhak Rabin. (Crédit : Erik Marmor/Flash90)

Kotlikoff a estimé que la résolution s’opposant à Livni « cherche de manière inacceptable à restreindre la liberté d’expression sur le campus de Cornell », et que l’événement avec Livni « s’est clairement inscrit dans les limites de la liberté d’expression protégée aux États-Unis ».

« L’exposition à des idées et à des personnalités controversées ne ‘crée pas un environnement universitaire hostile et coercitif’, » a-t-il affirmé, citant la résolution qui, selon lui, « contient non seulement des sophismes et des affirmations non fondées, mais aussi des indications claires de biais politique. »

Cette tentative de fixer des limites qui seraient acceptables à la liberté d’expression et l’idée que les discours controversés mettraient les étudiants en danger « reflètent une incompréhension fondamentale tant de l’objectif de l’enseignement universitaire, que du rôle que tient la liberté d’expression dans une démocratie », a-t-il déclaré.

Les résolutions de l’assemblée de Cornell se sont inscrites dans le cadre d’une offensive plus large qui a été lancée par des étudiants et par des professeurs, au sein des universités américaines, contre les liens avec Israël, indépendamment de leur nature. Des étudiants juifs et les autorités fédérales ont fait savoir que ce militantisme avait méchamment tendance à basculer dans la discrimination à l’encontre des Juifs.

Illustration : Des personnes sur le campus de l’université Cornell, à Ithaca, dans l’État de New York, le 2 février 2024. (Crédit : Seth Wenig/AP Photo)

Les syndicats étudiants et les instances administratives ont contribué à stigmatiser Israël, tout comme les syndicats représentant d’autres secteurs – des syndicats qui consacrent théoriquement leurs activités à l’amélioration des conditions de travail.

L’administration de l’université Columbia est ainsi en conflit avec son syndicat des étudiants de troisième cycle au sujet des revendications anti-israéliennes de ce dernier.

À la fin de l’année dernière, le syndicat des étudiants de troisième cycle de Cornell avait adopté une résolution de boycott à l’encontre d’Israël, qui soutenait la résistance palestinienne « par tous les moyens nécessaires » – un slogan qui est considéré comme cautionnant la violence. L’université avait pris ses distances avec le syndicat et il avait condamné l’antisémitisme.

Cornell a également accepté de verser 30 millions de dollars, d’investir 30 millions de dollars supplémentaires dans la recherche agricole et de se conformer aux lois fédérales sur les droits civils afin de récupérer ses financements fédéraux et de mettre un point final aux enquêtes qui avaient été ouvertes sur l’établissement.

Jeudi, Cornell a annoncé que certains employés de l’université avaient reçu un questionnaire de la Commission fédérale pour l’égalité des chances en matière d’emploi dans le cadre d’une « enquête en cours sur les préjugés », indiquant que les investigations fédérales se poursuivaient.

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