Le président philippin confirme sa visite en Israël
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Le président philippin confirme sa visite en Israël

Rodrigo Duterte, vivement critique pour de nombreuses exécutions extrajudiciaires, a annoncé qu’il serait peut-être trop occupé pour aller rendre visite à Trump à Washington

Rodrigo Duterte, président des Philippines, pendant une conférence de presse à la fin du sommet de l'ASEAN à Manille, le 29 avril 2017. (Crédit : Ted Aljibe/AFP)
Rodrigo Duterte, président des Philippines, pendant une conférence de presse à la fin du sommet de l'ASEAN à Manille, le 29 avril 2017. (Crédit : Ted Aljibe/AFP)

Le président philippin Rodrigo Duterte a confirmé lundi qu’il se rendrait en Israël, expliquant que son programme très chargé pourrait l’empêcher de rencontrer le président américain Donald Trump à Washington.

« Je ne peux pas faire de promesse ferme. Je dois aller en Russie, je dois aller en Israël », a-t-il dit à des journalistes qui lui demandaient s’il répondrait à l’invitation de Trump, passée lors d’ un appel téléphonique samedi.

Le ministère israélien des Affaires étrangères a déclaré lundi qu’aucune date n’avait été fixée pour la visite de Duterte. Israël, qui vend des armes aux Philippines, prévoyait la visite.

Les ministères israélien et philippin des Affaires étrangères travaillent pour trouver une date pour la visite après que Duterte, dont la répression brutale contre le trafic de drogue lui a valu de nombreuses critiques, a exprimé son intérêt à venir visiter l’Etat juif, avait alors signalé le quotidien Haaretz.

« Il y a beaucoup de dirigeants controversés dans le monde, et beaucoup de pays qui les critiquent. Duterte n’est pas boycotté par le monde, il n’y a pas de sanctions contre lui, et il a visité plusieurs pays depuis qu’il est président », a déclaré un responsable israélien anonyme au journal, estimant que le voyage pourrait avoir lieu dans les prochains mois.

Lundi, alors qu’il avait indiqué qu’il pourrait snober le président américain, Duterte a déclaré que les relations avec Washington s’amélioraient depuis que Trump était président et plus Barack Obama, qui avait critiqué le président philippin pour sa guerre contre la drogue, qui a coûté des milliers de vies.

Rodrigo Duterte, au centre, président des Philippines, le 1er mai 2017. (Crédit : Manman Dejeto/AFP)
Rodrigo Duterte, au centre, président des Philippines, le 1er mai 2017. (Crédit : Manman Dejeto/AFP)

Des associations de défense des droits de l’Homme ont prévenu que Duterte pourrait être en train d’orchestrer un crime contre l’humanité, estimant que policiers et miliciens commettaient des meurtres de masse. Duterte a souligné que ses forces de sécurité ne violaient aucune loi.

L’année dernière, Duterte a qualifié Obama de « fils de p*te » en réponse à ses critiques. Il a aussi déclaré à Pékin l’année dernière que les Philippines étaient « séparées » des Etats-Unis.

Les Etats-Unis sont l’ancien colonisateur des Philippines, et les pays sont liés par un traité de défense mutuel.

Duterte a dit lundi que ses efforts pour relâcher cette alliance n’étaient qu’une réponse aux critiques sur sa guerre contre la drogue.

« Ce n’était pas un relâchement [des relations] mais plutôt une fracture entre moi et le département d’Etat [américain] et M. Obama, qui s’est exprimé ouvertement contre moi », a-t-il dit.

« Les choses ont changé, il y a un nouveau dirigeant. Il veut être ami, il dit que nous sommes amis, alors pourquoi devrions-nous déclencher un combat ? »

La Maison Blanche a annoncé samedi soir que Trump avait invité Duterte à Washington lors d’un appel « amical », pendant lequel les deux dirigeants ont discuté de la « menace » posée par la Corée du Nord.

« C’était une conversation très amicale, pendant laquelle les deux dirigeants ont discuté des préoccupations de l’Association des nations du sud est asiatique [ASEAN] en matière de sécurité régionale, notamment de la menace posée par la Corée du Nord », a indiqué la Maison Blanche.

Les deux hommes ont aussi « discuté du fait que le gouvernement philippin se bat très durement pour débarrasser son pays des drogues, un fléau qui touche de nombreux pays dans le monde », pouvait-on lire dans le communiqué, qui ne citait pas les graves accusations contre Duterte.

Un récent article de Reuters a souligné l’importante fabrication de preuves pour justifier certaines exécutions extrajudiciaires, et indiqué que près de 9 000 personnes avaient été tuées depuis le début de la répression.

La police philippine a indiqué avoir tué 2 724 personnes dans le cadre de la campagne anti-drogue de Duterte, même si les autorités insistent sur le fait qu’il s’agissait de légitime défense.

Plusieurs milliers d’autres ont été tués par des miliciens, selon les associations de défense des droits de l’Homme.

Un avocat philippin a porté plainte la semaine dernière auprès de la Cour pénale internationale en accusant Duterte de meurtre de masse, affirmant que sa guerre contre la drogue avait fait environ 8 000 morts.

La promesse de Duterte d’empêcher le pays de se transformer en narco-état s’est montrée très populaire auprès des millions de Philippins qui cherchent une solution rapide au crime et à la corruption.

Raphael Ahren a contribué à cet article.

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