Le tribunal du Likud fait machine arrière et annule les primaires générales
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Le tribunal du Likud fait machine arrière et annule les primaires générales

Les juges ont accepté l'appel de Netanyahu et annulé le vote pour la liste électorale en amont du scrutin de mars ; une mesure qui aurait facilité le vote de jeudi a été bloquée

Des militants du Likud devant l'antenne du Likud à Ashdod lors de primaires du parti, le 5 février 2019. (Flash90)
Des militants du Likud devant l'antenne du Likud à Ashdod lors de primaires du parti, le 5 février 2019. (Flash90)

Le tribunal interne du parti du Likud a annulé lundi les élections primaires générales pour sa liste électorale avant le scrutin de mars et accepté l’appel du Premier ministre Benjamin Netanyahu contre la décision précédente des juges, qui imposaient un vote.

La semaine dernière, le tribunal a déterminé dans un jugement à 2 contre 1 qu’une décision du Comité central du Likud d’annuler les primaires était inconstitutionnelle, car elles sont obligatoires avant toute élection parlementaire générale.

Netanyahu a demandé dimanche au tribunal interne du Likud d’annuler les primaires générales de l’ensemble du parti avant les élections législatives de mars. Selon certains analystes, Netanyahu semble vouloir protéger les sièges de certains de ses fidèles, qui risquent de perdre.

Le conseiller juridique du Likud, l’avocat Avi Halevy, qui a déposé la requête, a souligné la difficulté de tenir les primaires à temps pour soumettre la liste mise à jour pour l’élection nationale. Puisque les prochaines élections sont un vote à répétition, le maintien de la liste actuelle « n’empiète pas sur les droits des membres du parti à être élus à la Knesset ».

Les autres députés du Likud qui se sont joints à la pétition contre les primaires étaient la vice-ministre des Affaires étrangères Tzipi Hotovely, David Bitan, Ofir Katz, Shlomo Karai, Keti Shitrit et Keren Barak.

Le député Gideon Saar, qui défie le Premier ministre dans la course à la direction du parti, a déclaré n’avoir aucun problème avec la décision du tribunal du Likud exigeant des primaires et qu’il n’avait pas l’intention de faire appel.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu dirige la réunion hebdomadaire du cabinet, au Bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 22 décembre 2019. (Marc Israel Sellem/POOL)

De plus, la cour a rejeté mardi une demande permettant aux membres du parti de voter dans n’importe quel bureau du Likud dans le pays pour les primaires de jeudi. Ils sont donc contraints de voter dans les succursales dont ils sont membres.

Cette décision porte un coup à Saar, qui avait appelé à un changement de procédure, parce qu’elle rend difficile le vote en masse pour ses partisans. Saar avait justifié sa demande en indiquant que cela faciliterait le vote des personnes en déplacement pendant la fête de Hanoukka.

La cour a également accepté d’allonger la période de vote de jeudi de 9 heures à 23 heures, en raison des prévisions météo peu clémentes.

Les tensions au sein du parti sont à leur apogée, à quelques jours des primaires. Les partisans de Saar ont dénoncé mardi dernier la disparition des noms de milliers d’électeurs sur les listes du parti en amont du scrutin.

De nombreux membres du Likud ont critiqué Saar pour le défi lancé à l’autorité de Netanyahu – certains l’accusant même de « trahison ».

Bien que ses chances de remporter la course au leadership soient minces, Saar est le premier challenger sérieux du Likud à émerger depuis des années contre Netanyahu, qui n’est pas parvenu à former un gouvernement et qui est accusé de corruption dans trois affaires criminelles.

Les accusations visant Netanyahu – qui, pour sa part, nie tout acte répréhensible – ont été un obstacle majeur dans les pourparlers d’unité qui ont eu lieu entre le Likud et la formation Kakhol lavan, son principal adversaire, suite aux élections du mois de septembre, qui n’ont pas permis aux deux partis d’assembler une majorité au pouvoir aux côtés de leurs alliés respectifs.

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