Primaires : Interpellé, le Likud nie toute purge des listes de ses adhérents
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Primaires : Interpellé, le Likud nie toute purge des listes de ses adhérents

Démentant les allégations des alliés de Saar, le parti clame que la majorité des membres absents des listes n'ont pas payé leurs cotisations et ne pourront donc pas voter

Le membre du Likud Gideon Saar lance sa campagne pour les primaires à la présidence du Likud avant les élections à la Knesset à Or Yehuda, le 16 décembre 2019 (Autorisation)
Le membre du Likud Gideon Saar lance sa campagne pour les primaires à la présidence du Likud avant les élections à la Knesset à Or Yehuda, le 16 décembre 2019 (Autorisation)

Le parti du Likud a nié, mardi, la disparition des noms de milliers d’électeurs sur les listes du parti en amont de la prochaine primaire qui aura lieu la semaine prochaine. Des partisans du député Gideon Saar, qui défie le Premier ministre Benjamin Netanyahu à la tête de la formation, avaient clamé que des adhérents pourraient se trouver écartés, contre leur volonté, des bureaux de vote.

Le législateur Yoav Kisch, qui dirige la campagne de Saar, a affirmé au micro de Radio 103FM que 5 444 adhérents du Likud manquaient sur les listes de la formation et qu’ils se trouveraient donc dans l’incapacité de déposer un bulletin dans l’urne lors du vote qui opposera, le 26 décembre, Netanyahu et Saar.

Il a indiqué que, parmi ces derniers, figurait la députée Sharren Haskel, qui est également un soutien de Saar. Dans une publication sur Twitter qui a depuis été supprimée, Kisch a déclaré qu’il « semble que Metzudat Zeev [le quartier-général du Likud] a décidé qu’il n’y avait plus de règles, que tout était permis et qu’il n’y a plus de démocratie. On y décide qui a le droit de voter ».

Il a indiqué plus tard avoir supprimé le post parce que « peut-être que le problème est arrivé par erreur et qu’il sera réglé », ajoutant qu’il serait examiné par le système juridique interne du Likud.

Selon un communiqué émis par le siège du Likud, ces informations sont « inexactes et mensongères » et sur 5 400 personnes qui manquent sur la liste, 3 071 d’entre elles n’ont pas payé leurs cotisations, 1 440 ont demandé l’annulation de leur adhésion, 63 sont décédées, 26 ont rejoint HaBayit HaYehudi et cinq le parti Travailliste.

Le député du Likud Yoav Kisch s’exprime au lancement de la campagne de Gideon Saar à la tête du parti à Or Yehuda, le 16 décembre 2019 (Crédit : Gili Yaariq/Flash90)

De plus, 438 personnes ont été supprimées du parti suite à une décision prise par le tribunal interne de la formation, probablement en raison d’une affiliation avec les Nouveaux Likudniks, une organisation intra-partisane, a fait savoir le site Walla.

Les Nouveaux Likudniks, un groupe formé en 2011 après des protestations massives contre le coût de la vie, affirment chercher à promouvoir « les intérêts économiques de la classe moyenne » et la « préservation de la démocratie libérale » depuis l’intérieur du parti. Il ne prend pas position sur le conflit israélo-palestinien.

Les Nouveaux Likudniks ont été accusés par les alliés de Netanyahu de chercher à faire glisser le parti à gauche et de tenter de renverser le leadership de Netanyahu.

« Ce comportement de la part des dirigeants du Likud est corrompu. Si c’est vrai et que les listes sont purgées des noms de nombreux membres, alors c’est une tentative de voler les primaires », a déclaré Nir Hirshman, un organisateur du groupe des Nouveaux Likudniks, au micro de la radio militaire.

Capture d’écran d’une vidéo des membres du nouveau Likud Nir Hirschman (à gauche) et Hadar Weisman. (Douzième chaîne)

Les membres de l’équipe de campagne de Saar ont expliqué que certains adhérents avaient été supprimés de la liste pour avoir simplement « liké », sur Facebook, un post des dirigeants des Nouveaux Likudniks, a fait savoir la Douzième chaîne.

« Ces accusations sont grossies, sans fondement et exagérées », a indiqué un porte-parole du parti à la chaîne. « Chaque procédure au sujet des membres du Likud s’effectue en toute transparence, conformément à la loi et sous la supervision des instances autorisées ».

Ces plaintes concernant la disparition de noms d’adhérents sur les listes du parti surviennent au lendemain du lancement de la campagne de Saar pour les primaires. Le challenger a clamé que Netanyahu n’avait « aucune chance » de parvenir à remporter les prochaines élections.

Même s’il est sans doute très peu probable qu’il remporte le scrutin, Saar est le premier concurrent sérieux au Likud à se dresser contre Netanyahu depuis des années. Le Premier ministre a échoué à deux reprises jusqu’à présent à former un gouvernement suite à deux scrutins consécutifs et il est mis en examen dans trois dossiers criminels.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu serre la main de Gideon Saar (à droite) à son arrivée au Menachem Begin Heritage Center à Jérusalem, le 11 mars 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les accusations visant Netanyahu – qui, pour sa part, nie tout acte répréhensible – ont été un obstacle majeur dans les pourparlers d’unité qui ont eu lieu entre le Likud et la formation Kakhol lavan, son principal adversaire, suite aux élections du mois de septembre, qui n’ont pas permis aux deux partis d’assembler une majorité au pouvoir aux côtés de leurs alliés respectifs.

De nombreux membres du Likud ont critiqué Saar pour son défi public lancé à l’autorité de Netanyahu et certains l’ont même accusé de « trahison ».

De récentes enquêtes d’opinion, à la télévision, ont suggéré que même si le Likud obtiendrait de moins bons résultats avec Saar à sa barre à la place de Netanyahu, le bloc de droite dirigé par le parti en sortirait pour sa part renforcé.

La Knesset s’est dissoute mercredi dernier dans la nuit, ce qui signifie que des élections nationales auront lieu pour la troisième fois en moins d’un an. La Knesset a fixé la date du scrutin au 2 mars.

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