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Les garderies subventionnées menacent de rester portes closes en septembre

Le chef de la Histadrout exhorte Lapid à intervenir : « 10 000 bambins risquent de se retrouver sans garderie cette année »

Les membres du Forum sur les garderies subventionnées tiennent une conférence de presse au village de Hamacabia, à Ramat Gan, le 24 juillet 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)
Les membres du Forum sur les garderies subventionnées tiennent une conférence de presse au village de Hamacabia, à Ramat Gan, le 24 juillet 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Les garderies subventionnées en Israël ont menacé, dimanche, de ne pas rouvrir leurs portes à la prochaine rentrée scolaire, accusant l’État de « négliger l’éducation préscolaire depuis des années ».

En Israel, les services de garde d’enfants réglementés par l’État sont destinés aux enfants de 3 mois à 3 ans. Ils sont exploités par des organisations à but non lucratif sous supervision du gouvernement, et qui perçoivent des subventions de l’Etat à cet effet. Les parents versent chaque mois une certaine somme, par rapport à leur revenu, généralement de l’ordre de 1 000 à 2 000 shekels. Comme le nombre de places est limité, les parents à bas niveau socio-économique sont prioritaires.

« Nous disons depuis longtemps notre détresse et notre difficulté à exploiter les garderies », a déclaré Hagit Peer, présidente de Naamat – l’une des principales organisations qui exploite des garderies réglementées par l’État en Israël – lors d’une conférence de presse tenue, dimanche, par les organisations à but non lucratif qui exploitent ces garderies subventionnées.

Arnon Ben-David, chef du syndicat Histadrout, a lancé dimanche un appel au Premier ministre Yair Lapid pour qu’il prenne la situation à bras-le-corps. « Dix mille tout-petits vont se retrouver sans garderie cette année », a-t-il prévenu.

Lors de leur conférence de presse, les organisations ont indiqué qu’elles ne seraient pas en mesure d’assurer la rentrée scolaire le 1er septembre en raison de « graves pénuries de personnel » et d’une récente recommandation du ministère des Finances de réduire les subventions pour les garderies, ce qui aura pour effet de renchérir la facture pour les parents.

« Nous devrions demander aux parents ce [qu’ils pensent de ce] qui s’est passé cette année lorsque les salles de classe ont fermé les unes après les autres. Nous devrions demander aux dizaines de milliers de parents qui s’aperçoivent jour après jour qu’une nouvelle garderie, une nouvelle salle de classe, a fermé parce que nous n’avons pas de personnel, ce qu’ils pensent de tout cela », s’est indigné Peer. « Voilà la raison pour laquelle nous ne pourrons pas ouvrir le 1er septembre. »

Hagit Peer, présidente de Naamat, prend la parole lors d’une conférence de presse du Forum sur les garderies subventionnées au village de Hamacabia, à Ramat Gan, le 24 juillet 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

« Il existe une solution à cela », a ajouté Peer. « Je sais que cette question tient à cœur [au ministre des Finances, Avigdor Liberman] – venez, résolvez-la. Tout ceci peut être réglé ici et maintenant. »

S’exprimant après Peer, Liora Minka, présidente d’Emunah, organisation qui défend les droits des femmes et se concentre sur l’éducation et le bien-être social, a déclaré que des centaines de garderies avaient déjà fermé et que des centaines d’autres seraient obligées de faire de même si la situation n’évoluait pas avant septembre.

« Des milliers d’enfants ne pourront pas aller à la garderie et leurs parents ne pourront pas aller travailler », a-t-elle ajouté, appelant le gouvernement à aligner les salaires des enseignants des garderies à ceux de leurs homologues maternelles municipales, qui, selon elle, présentent un écart de 1 500 shekels.

Elle a déploré le fardeau financier imposé aux garderies, mais soutenu que les parents ne devraient pas en payer le prix.

« On nous parle du coût de la vie et ensuite on prend des décisions qui rendent la vie des familles encore plus difficile », a-t-elle déclaré. « Nous avons besoin de gens responsables ici. Nous demandons au ministre des Finances d’apporter de vraies solutions d’ici le 1er septembre. »

Une enseignante à la maternelle « Daycare of Dreams » de Larger Than Life à Ramat Gan, fait chanter des enfants atteints de cancer. (Crédit : Larry Luxner / Times of Israel)

En mai, le Comité des prix du ministère des Finances, qui ne s’était pas réuni depuis une dizaine d’années, a conseillé d’augmenter le prix des garderies réglementées pour nourrissons jusqu’à l’âge de 12 mois d’au moins 120 à 170 shekels, et davantage si le secteur pouvait bénéficier d’un afflux de ressources humaines cette année.

La ministre de l’Éducation, Yifat Shasha-Biton, a déclaré qu’elle ne soutiendrait pas la mesure, exhortant le ministre des Finances à trouver un moyen de subventionner l’augmentation.

Il est toutefois peu probable que Liberman agisse dans un sens ou dans un autre dans le contexte électoral actuel.

Intervenant dans un différend entre le ministère et le Syndicat des enseignants d’Israël le mois dernier, la procureure générale Gali Baharav-Miara a ordonné aux responsables du Trésor de mener des négociations avec un budget limité, afin de ne pas restreindre le prochain gouvernement.

La ministre de l’Éducation Yifat Shasha-Biton lors d’une conférence de presse à Tel Aviv, le 9 mai 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Selon un rapport du contrôleur de l’État publié ce mois-ci, quelque 147 400 enfants de moins de 3 ans en Israël fréquentent des garderies subventionnées, soit 27 % de ce groupe d’âge. La plupart d’entre eux viennent de familles en difficultés financières.

Pour ces ménages, toute augmentation des prix pourrait s’avérer dévastatrice, car les hausses de prix indexées sur l’inflation ont déjà affecté de nombreux autres produits de base, notamment les prix des denrées alimentaires, de l’électricité et du gaz.

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