Des dirigeants Juifs de France critiquent la politique de leur pays vis-à-vis d’Israël
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Des dirigeants Juifs de France critiquent la politique de leur pays vis-à-vis d’Israël

Des dirigeants communautaires, craignant un possible éloignement entre les deux pays, ont écrit une lettre au ministre des Affaires étrangères

Roger Cukierman, président du CRIF (Crédit : capture d'écran YouTube)
Roger Cukierman, président du CRIF (Crédit : capture d'écran YouTube)

Dans une rare critique, les dirigeants des communautés juives en France ont averti le ministre des Affaires étrangères français, Laurent Fabius, que les politiques de la France envers Israël ruinent les relations amicales entre les deux pays.

L’avertissement a été rendu public la semaine dernière lorsque le CRIF a publié une lettre envoyée le 21 avril à Laurent Fabius par son président Roger Cuckierman.

« L’attitude française envers Israël va à l’encontre de l’atmosphère amicale créée lors de la visite du président français François Hollande en Israël et à Ramallah », a écrit Cuckierman.

« Si les Etats-Unis, la Grande Bretagne, l’Allemagne et le Japon s’opposent ou s’abstiennent dans des votes hostiles à Israël, la France est la seule puissance démocratique à voter en faveur de ces résolutions. »

L’année dernière, la France a voté en faveur de six résolutions – jugées hostiles à Israël par le CRIJF – à l’UNESCO,  la branche culturelle et éducative des Nations unies.

Une résolution définissait le Tombeau des Patriarches à Hébron et celui de Rachel à Bethleem comme des sites palestiniens et principalement musulmans, malgré leur signification pour les Juifs.

Une autre motion renouvelait un appel à planifier une « mission de surveillance » des lieux historiques à Jérusalem.

UN Watch a accusé la France d’agir à l’UNESCO « davantage contre Israël que contre Bashar el-Assad et Hugo Chavez », le président de la Syrie et le chef disparu du Venezuela connu pour son hostilité à Israël.

« Je regrette le zèle de votre ministère à soutenir des attitudes anti-Israël,  y compris à l’UNESCO, sur des questions religieuses qui sont particulièrement sensibles, a écrit Cuckierman. En outre, des positions hostiles contre Israël nourrissent l’antisionisme qui conduit directement à l’antisémitisme. »

Cuckierman a également noté ce que le CRIF perçoit comme des attitudes antiisraéliennes au Conseil de sécurité où la France propose une résolution qui imposerait une limite de temps aux négociations entre Israël et les Palestiniens. Fabius a lié la préparation d’une résolution à la reconnaissance symbolique, l’année dernière, de l’État palestinien par le Parlement français.

Cuckierman s’est ensuite plaint de la réception, en mars, de Salah Hamouri – un membre du groupe terroriste palestinien qui a avoué la préparation de l’assassinat du grand rabbin d’Israël – au ministère français des Affaires étrangères.

Hamouri, qui a été libéré d’une prison israélienne en 2011 avec 1 026 autres prisonniers en échange du soldat israélien Gilad Shalit, a rencontré Martin Briens, le directeur assistant du bureau de Fabius.

Le ministère a accueilli « d’autres terroristes comme Hamouri », a écrit Cuckierman.

Fabius a répondu dans une lettre envoyée à Cuckierman le 28 mai qu’Hamouri avait le droit de s’exprimer sur les restrictions de sa liberté de mouvement, à des officiels gouvernementaux. Il a également déclaré que les actions de la France à l’UNESCO « devaient préserver une compétence technique ».

L’implication de la France dans le conflit israélo-palestinien vise à promouvoir le processus de paix, a déclaré Fabius.

« Seul un accord de paix global, qui établit un État palestinien viable et indépendant peut assurer aux Israéliens la sécurité à laquelle ils aspirent », a-t-il écrit.

Sammy Ghozlan, le fondateur du Bureau national pour la vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA), dans une déclaration écrite ce dimanche, a qualifié la lettre de Cuckierman à Fabius de « signal fort ».

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