Les troupes, au nord, se préparent à de possibles représailles du Hezbollah
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Les troupes, au nord, se préparent à de possibles représailles du Hezbollah

L'armée pense que le groupe terroriste se vengera sur des cibles militaires. Les civils sont appelés à maintenir leur quotidien. L'Iran avertit Israël d'un "prix élevé" à payer

Des soldats israéliens patrouillent près de la ville d'Avivim, dans le nord d'Israël, proche de la frontière avec le Liban, le 26 août 2019 (Crédit : JALAA MAREY / AFP)
Des soldats israéliens patrouillent près de la ville d'Avivim, dans le nord d'Israël, proche de la frontière avec le Liban, le 26 août 2019 (Crédit : JALAA MAREY / AFP)

Les soldats, dans le nord d’Israël, ont été placés en état d’alerte élevé en raison des craintes portant sur une éventuelle attaque de représailles du Hezbollah ou d’un autre groupe mandataire de l’Iran, suite aux frappes israéliennes menées contre des cibles liées à la république islamique et aux menaces proférées par des responsables des pays voisins à l’encontre de l’Etat juif .

L’armée israélienne pense que le groupe terroriste libanais du Hezbollah va tenter d’attaquer des soldats ou une installation militaire et non des civils, a fait savoir un haut-gradé à la Douzième chaîne, sous couvert d’anonymat.

« La riposte israélienne à une éventuelle attaque sera disproportionnée », a déclaré l’officier.

Des menaces similaires auraient été transmises au gouvernement libanais par le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo suite à un entretien téléphonique avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Le Commandement du nord de l’armée est en état d’alerte élevé depuis les frappes effectuées par les avions israéliens sur une base contrôlée par l’Iran, en Syrie, depuis laquelle des agents de Téhéran avaient prévu de lancer une attaque au drone contre Israël.

L’armée n’a pas fait part de nouvelles instructions de sécurité aux résidents du nord du pays et n’a pas non plus envoyé de renforts dans la zone, mais il a néanmoins redéployé les troupes au vu de la menace.

« Le Front intérieur est à un niveau de routine et nous oeuvrons à préserver cela. L’armée israélienne a augmenté son niveau de préparation, que ce soit dans la défense ou dans l’attaque », a commenté le général de brigade Amit Fisher, chef de la Division Bashan pour le Commandement du nord.

L’establishment sécuritaire a décidé d’envoyer dans les prochains jours des soldats supplémentaires dans le secteur.

« De nombreuses initiatives de renseignements et opérationnelles sont prises afin de continuer à protéger la sécurité des résidents », a déclaré Fisher mardi, s’adressant aux responsables des gouvernements locaux.

Les médias libanais ont également fait savoir que les troupes israéliennes stationnées le long de la frontière avec le Liban avaient quitté certains des postes les plus proches de la clôture de sécurité, redoutant apparemment des frappes aux missiles de précision anti-tank.

Au cours de l’une des dernières confrontations directes entre l’Etat juif et le Hezbollah – après que l’armée, selon des informations, a tué deux membres du groupe et un général iranien lors d’une frappe aérienne qui avait eu lieu en 2015 – la milice appuyée par Téhéran avait utilisé des missiles de précision à l’encontre de deux jeeps militaires israéliennes, dans le secteur disputé des fermes de Shebaa, situé le long de la frontière séparant Israël et le Liban, tuant deux soldats et faisant sept blessés.

Cette attaque avait entraîné des échanges de tirs et d’obus d’artillerie qui avaient duré plusieurs heures et au cours duquel un Casque bleu avait été tué de manière non-intentionnelle par l’Etat juif.

Tsahal a donné pour instruction aux habitants du nord d’Israël, dans la journée de lundi, de maintenir leurs activités quotidiennes.

« Les activités civiles doivent continuer comme d’habitude. Toutes les activités peuvent être maintenues, y compris les voyages ou les travaux agricoles. Il n’y a aucune restriction sur les déplacements. En même temps, nous, les militaires, nous nous préparons à tous les scénarios. Il y aura beaucoup de mouvements dans le secteur », a expliqué l’armée aux habitants de la région, selon le site d’information Walla.

Des pièces d’artillerie autopropulsées du côté israélien du plateau du Golan, positionnées le long de la frontière avec la Syrie (Crédit : Jalaa MAREY / AFP)

Un porte-parole du gouvernement iranien a indiqué, lundi, que l’Etat juif subirait les conséquences de ses récentes attaques contre des cibles iraniennes ou liées à l’Iran.

Ali Rabiei, porte-parole du président iranien Hassan Rouhani, a déclaré que l’Etat juif « paiera un prix élevé pour ses attaques ».

« Les actes répétés d’agression contre l’Irak sont des souillures sombres qui figurent parmi les antécédents de ce régime et nous condamnons toutes les agressions contre la souveraineté des pays de la région », aurait dit Rabiei, selon l’agence de presse Xinhua.

Il a également fait référence aux récentes menaces formulées par le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, selon qui, le groupe terroriste « transmet un message clair au régime sioniste, celui qu’il y aura une riposte à ses actes d’agression ».

Cette menace survient dans un contexte de frappes aériennes israéliennes présumées qui auraient eu lieu en Syrie, au Liban et en Irak, et d’une guerre des mots entre les responsables israéliens et les dirigeants des pays avoisinants, ce qui fait redouter une escalade des violences dans la région.

Des membres du groupe terroriste chiite libanais Hezbollah assistent aux funérailles de Mustafa Badreddine, commandant du Hezbollah tué en Syrie, dans le quartier de Ghobeiry dans le sud de Beyrouth, le 13 mai 2016. (Crédit : Anwar Amro/AFP)

Des bombardements ont été menés samedi par les avions israéliens sur des combattants iraniens ou soutenus par l’Iran en Syrie pour déjouer ce qui, selon l’armée israélienne, était un plan d’attaque aux drones explosifs prévu dans le pays.

Dimanche, un drone a explosé et un autre s’est écrasé à Beyrouth aux abords d’une structure du Hezbollah. Le groupe terroriste a blâmé Israël mais les analystes estiment que les drones sont plus probablement d’origine iranienne.

Le Hezbollah a indiqué mardi que le drone qui s’était écrasé transportait des explosifs et qu’il était censé attaquer ses bureaux.

Des fenêtres cassées dans l’immeuble de 11 étages qui héberge le bureau médias du Hezbollah dans un quartier du sud de Beyrouth, au Liban, le 25 août 2019 (Crédit : AP Photo/Bilal Hussein)

L’armée israélienne a refusé de réagir publiquement à l’incident, précisant qu’elle ne commenterait pas « des informations étrangères ».

Cette agression a marqué la première « action d’une telle hostilité » au Liban depuis la guerre de 2006 entre le Hezbollah et Israël, a déclaré dimanche Nasrallah qui a promis de riposter.

« L’époque – où les avions israéliens pouvaient venir bombarder un site au Liban et où l’entité qui usurpe la Palestine pouvait malgré tout rester en sécurité – est terminée », a-t-il dit. « Dorénavant, nous affronterons les drones israéliens dans le ciel du Liban… et nous passerons à l’action pour les abattre ».

Dans un incident séparé, les médias arabes ont clamé, lundi matin, que l’armée de l’air israélienne avait mené des frappes dans les profondeurs du Liban, contre une base appartenant au Front populaire pour la Libération de la Palestine – Commandement général (FPLP-CG) un groupe terroriste basé en Syrie et qui se bat aux côtés du dictateur syrien Bashar el-Assad.

Cette base se situait dans la vallée de Bekaa, à l’est du Liban, à proximité de la frontière avec la Syrie.

Dans un nouveau pic des violences régionales, dimanche, une attaque menée contre une milice liée à l’Irak a été attribuée à Israël et, lundi, l’Etat juif a bombardé une base du Hamas en riposte à trois tirs de roquette émanant de la bande.

Cette série d’incidents laisse craindre une conflagration bien plus importante dans la région, après qu’Israël a restreint, depuis des années, ses campagnes aériennes contre les combattants soutenus par l’Iran en Syrie.

Ces derniers mois, des attaques contre des miliciens appuyées par l’Iran en Irak ont été attribuées à l’Etat juif.

Funérailles d’Abu Ali al-Dabi, membre du Hachd al-Chaabi, tué dans une frappe attribuée à Israël, le 26 août 2019. (Crédit : AP Photo/Ali Abdul Hassan)

Le président libanais Michel Aoun et des forces paramilitaires irakiennes puissantes ont fait savoir, lundi, que les attaques respectives contre leur pays étaient une « déclaration de guerre » de la part d’Israël.

Pour sa part, le Premier ministre libanais Saad Hariri a rencontré dans la même journée les envoyés de cinq pays membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies – Etats-Unis, Royaume-Uni, France, Russie et Chine – indiquant que Beyrouth porterait officiellement plainte devant la haute instance de l’ONU pour les « violations évidentes par Israël de la souveraineté du Liban », a rapporté le site d’information libanais Naharnet.

Netanyahu a vivement recommandé lundi à la communauté internationale d’agir contre la menace régionale posée par Téhéran et ses groupes mandataires.

Dans une vidéo en hébreu diffusée sur YouTube de 18 secondes, le Premier ministre jure que l’Etat juif continuera à « défendre sa sécurité par tous les moyens nécessaires ».

« L’Iran agit sur un large front pour réaliser des attentats terroristes meurtriers contre Israël », a-t-il dit. « Israël continuera à défendre sa sécurité par tous les moyens nécessaires ».

« J’appelle la communauté internationale à passer immédiatement à l’action pour garantir que l’Iran mettra un terme à ces attaques », a-t-il ajouté.

Pour leur part, les Nations unies ont appelé à un « maximum de retenue » de la part de toutes les parties.

Le vice-président américain Mike Pence s’est entretenu lundi avec Netanyahu, affirmant que les Etats-Unis « soutiennent pleinement le droit d’Israël à se défendre contre des menaces imminentes ».

D’éventuelles représailles du Hezbollah seraient limitées au Liban par la crainte qu’une riposte ne débouche sur une guerre ouverte avec Israël.

La Treizième chaîne israélienne a fait savoir lundi que l’Etat juif avait mis en garde le Liban, lui disant que toute agression du Hezbollah à son encontre entraînerait une riposte contre le pays dans son ensemble : « Elle ne fera pas de distinction entre le Liban et le Hezbollah ».

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