L’historien qui avait dit que l’invasion nazie n’avait pas été si mauvaise pour les Juifs honoré en Pologne
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L’historien qui avait dit que l’invasion nazie n’avait pas été si mauvaise pour les Juifs honoré en Pologne

Le chef de l'Institut national de commémoration de Lublin a reçu un prix gouvernemental quelques semaines après la publication d'un article qui minimisait les souffrances des Juifs durant la Shoah

Tomasz Panfil, l'historien responsable de l'éducation à l'Institut polonais de commémoration national ou e  IPN lors d'une interview télévisée le 31 mai 2017 (Capture d'écran : YouTube)
Tomasz Panfil, l'historien responsable de l'éducation à l'Institut polonais de commémoration national ou e IPN lors d'une interview télévisée le 31 mai 2017 (Capture d'écran : YouTube)

VARSOVIE, Pologne – Un historien polonais qui avait déclaré que l’invasion du pays par les nazis n’avait pas été initialement une mauvaise chose pour les Juifs a reçu une médaille des mains de la ministre polonaise chargée de l’Education nationale pour ses « mérites particuliers en faveur de l’enseignement ».

La ministre, Anna Zalewska, a remis son prix à Tomasz Panfil lors d’une cérémonie organisée à Varsovie au début du mois.

Panfil, qui est responsable de l’éducation à l’Institut national de commémoration, avait écrit au début du mois un article dans lequel il affirmait que « après l’entrée de l’Allemagne en Pologne, la situation des Juifs ne semblait pas si mauvaise ».

« Même si l’occupation nazie a pris le dessus, que les autorités nazies ont ordonné le port de l’étoile jaune, leur ont imposé de lourds impôts, ont commencé à désigner des zones réservées aux Juifs, elles ont permis en même temps la création des Judenrat, à savoir des organismes de gouvernement autonomes ».

Panfil avait été alors critiqué pour cette publication par ses collègues de l’Institut. Les historiens spécialistes de l’Holocauste ont pour leur part noté que les Judenrats avaient été spécifiquement établis pour faire appliquer la politique allemande dans les ghettos qui venaient d’être formés et que les Juifs n’avaient pas le droit de quitter sous peine de mort.

Le journal Gazeta Wyborcza a révélé cette semaine qu’en 2014, Panfil avait transmis une opinion d’expert devant un tribunal polonais dans laquelle il avait écrit que la croix gammée était un symbole ambigu – qui n’était pas seulement lié au nazisme mais qui pouvait également symboliser le bonheur dans d’autres cultures.

Il avait également clamé à ce moment-là que le NSDAP, ou parti nazi, était une formation de gauche.

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