Liste noire des entreprises en Cisjordanie : des leaders juifs américains critiquent le chef des droits de l’Homme de l’ONU
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Liste noire des entreprises en Cisjordanie : des leaders juifs américains critiquent le chef des droits de l’Homme de l’ONU

La Conférence des présidents affirme que Zeid Raad Al-Hussein abuse de son autorité en menaçant les entreprises opérant dans les implantations

Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'Homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, à une conférence de presse sur le Venezuela aux bureaux des Nations unies à Genève, en Suisse, le 30 août 2017 (Crédit : AFP / Fabrice COFFRINI)
Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'Homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, à une conférence de presse sur le Venezuela aux bureaux des Nations unies à Genève, en Suisse, le 30 août 2017 (Crédit : AFP / Fabrice COFFRINI)

Les dirigeants juifs américains ont accusé le chef des droits de l’Homme de l’ONU d’avoir abusé de son autorité en informant directement quelque 150 entreprises israéliennes et internationales opérant en Cisjordanie, à Jérusalem-Est et dans le plateau du Golan qu’elles pourraient être placées sur la liste noire pour leurs activités.

Dans une déclaration jeudi, la Conférence des présidents des principales organisations juives américaines a déclaré qu’une liste noire « discriminatoire » était en cours de compilation par un processus non divulgué supervisé par le Haut Commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme, Zeid Ra’ad Al Hussein.

« Malgré les limites des termes de la résolution sur la liste noire manifestement anti-israélienne, et les objections fortes des États-Unis et d’autres, le Haut Commissaire continue d’abuser de l’autorité de son bureau », a affirmé le communiqué.

« En notifiant les entreprises qu’elles sont sur une ‘liste noire’, le Haut Commissaire encourage activement la campagne discriminatoire injustifiée du conseil pour obliger les entreprises internationales à cesser de faire affaire avec des entreprises israéliennes de Jérusalem-Est et en Cisjordanie ».

Les dirigeants juifs ont déclaré que l’action de Hussein donne « une couverture officielle à l’ONU pour le parti pris sans restriction contre Israël dans le corps international, amène les flammes de la discorde et entrave les perspectives de paix au Moyen-Orient, en remettant en cause son objectivité, son jugement et sa capacité à mettre en oeuvre ses fonctions de protecteur des droits de l’Homme. »

Teva's facility in Har Hotzvim, Jerusalem (photo credit: Nati Shohat/Flash90)
L’entreprise Teva à Har Hotzvim, à Jerusalem (Crédit: Nati Shohat/Flash90)

Des responsables israéliens, qui ont souhaité gardé l’anonymat, ont déclaré mercredi à Haaretz que Hussein avait contacté les entreprises plus tôt ce mois-ci pour les informer qu’en raison de leurs activités dans les « Territoires palestiniens occupés », ils pourraient être ajoutés à la liste noire compilée par l’ONU des entreprises « qui opèrent en opposition au droit international et à l’encontre des résolutions de l’ONU ».

Un diplomate occidental, qui a également souhaité conserver l’anonymat, a déclaré au quotidien que plus de la moitié des entreprises qui ont reçu la lettre d’avertissement étaient israéliennes, environ 30 provenaient des États-Unis et le reste de pays venaient d’Allemagne, de la Norvège et de la Corée du Sud.

Le diplomate a ajouté que Hussein a également envoyé des copies de la lettre aux ministères des affaires étrangères de plusieurs pays d’où proviennent certaines des entreprises qui pourraient être ajoutées à la liste noire.

Plus tôt ce mois-ci, la Deuxième chaîne a signalé que parmi les entreprises figurant sur la liste du conseil des droits de l’Homme de l’ONU figurent Coca-Cola, TripAdvisor, Airbnb et Caterpillar.

Les entreprises israéliennes figurant sur la liste auraient inclus le géant pharmaceutique Teva, la compagnie nationale de téléphone Bezeq, la compagnie de bus Egged, la compagnie nationale d’eau Mekorot et les deux plus grandes banques du pays, Hapoalim et Leumi.

L’année dernière, les Nations unies ont voté pour compiler une base de données de toutes les entreprises qui peuvent ou qui ont profité de la croissance des implantations israéliennes pour opérer dans les régions où les Palestiniens voient dans leur futur état. La résolution a été adoptée avec 32 nations votant en sa faveur et 15 abstentions.

La proposition, présentée par l’Autorité palestinienne et les Etats arabes en 2016, comprenait une condamnation des implantations et appelait les entreprises à ne pas faire affaire avec les implantations israéliennes.

En juin, l’ambassadrice des États-Unis à l’ONU, Nikki Haley, a condamné la liste noire en la qualifiant de « la plus récente de cette longue série d’actions honteuses » prises par la CDHH. Haley a précisé que les États-Unis pourraient se retirer de l’organisme de 47 membres, à moins qu’il ne soit réformé, en mettant fin à son mécanisme de procédure intégré pour condamner Israël et en interdisant aux Etats qui violent les droits de l’Homme de servir au conseil.

Depuis 2007, Israël a été le seul pays dont les violations présumées des droits de l’Homme sont régulièrement discutées et qui est le seul élément permanent à l’ordre du jour du conseil des droits de l’Homme.

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