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Nature terroriste de l’attentat de Jérusalem prouvée par l’ADN sur l’arme du policier

Des témoins et la famille récusent les accusations selon lesquelles un Arabe israélien aurait d’abord agressé des policiers ; les policiers avancent des preuves médico-légales

Des personnes en deuil lors des funérailles de Mohammed Elasibi, qui a été abattu dans la vieille ville de Jérusalem alors qu’il aurait volé l'arme d'un officier, dans la ville de Hura, le 2 avril 2023. (Crédit : Jamal Awad/Flash90)
Des personnes en deuil lors des funérailles de Mohammed Elasibi, qui a été abattu dans la vieille ville de Jérusalem alors qu’il aurait volé l'arme d'un officier, dans la ville de Hura, le 2 avril 2023. (Crédit : Jamal Awad/Flash90)

La police a annoncé dimanche la découverte de traces d’ADN prouvant que l’homme abattu dans la Vieille Ville de Jérusalem s’était emparé de l’arme d’un policier et avait perpétré un attentat terroriste.

Selon la police, l’ADN de Mohammed Elasibi, 26 ans, habitant de la ville bédouine de Hura, dans le sud d’Israël, aurait été retrouvé sur l’arme dont ce dernier se serait emparée et avec laquelle il aurait tiré à deux reprises avant d’être abattu par des policiers près du Mont du Temple.

Les témoins et les responsables arabes ont rejeté cette version des faits et d’anciens officiels des forces de l’ordre ont déclaré qu’il était « difficile à croire » que, comme l’ont affirmé les agents, les images de l’incident n’aient pas été capturées par les nombreuses caméras de surveillance du secteur.

La famille d’Elasibi a contesté la « version de la police », qu’elle a qualifiée de « fausse et calomnieuse », a déclaré à l’AFP l’une de ses sœurs, qui a requis l’anonymat par crainte de représailles. Elle a décrit son frère comme une « personne polie et bien élevée qui aimait aider les autres et qui était de nature calme ».

La police israélienne a déclaré dimanche que « l’ADN du terroriste qui a commis la fusillade terroriste à la porte des Chaînes vendredi soir a été trouvé sur l’arme de poing du policier dont il s’est emparée et qu’il a utilisé pour tirer sur les officiers », ajoutant que le matériel génétique a été relevé sur la poignée et la glissière de l’arme.

« Il s’agit incontestablement d’une prise d’arme et d’une attaque terroriste par balle, comme nous l’avons signalé la nuit de l’attaque », a ajouté la police dans un communiqué.

Mohammed Elasibi. (Crédit : Réseaux sociaux, utilisé conformément à l’article 27a de la loi sur les droits d’auteur)

« Beaucoup de ceux qui ont publié des mensonges concernant l’incident devraient demander pardon aujourd’hui aux officiers de police qui ont agi avec courage et détermination et qui ont sauvé leur vie en neutralisant le terroriste », a ajouté le communiqué.

Le centre Mossawa, un groupe de défense des droits des Arabes, a accusé la police d’avoir « manipulé les documents d’enquête et entravé l’enquête », dans un communiqué publié dimanche.

« Des extraits des témoignages de policiers ont été publiés avant même qu’ils ne soient examinés et contre-interrogés par le ministère de la Défense. Maintenant, ils publient les faux résultats d’un examen pathologique qui n’est toujours pas terminé et qui n’a pas été remis à la famille ou aux enquêteurs du ministère de la Défense », peut-on lire dans le communiqué.

La Haute-Commission de suivi des citoyens arabes d’Israël, l’organisation-cadre réunissant les leaders de la communauté arabe, ont appelé à une grève générale d’un jour suite à la mort d’Elasibi, affirmant qu’en l’absence de preuve du contraire, ils considéraient que l’incident portait sur la mort d’un innocent abattu par les forces de police.

La grève touche les services publics, les entreprises et toutes les écoles à l’exception de celles qui prennent en charge les personnes à besoins particuliers. Des rassemblements ont été par ailleurs organisés et notamment une manifestation massive au cours des funérailles d’Elasibi.

Le député Hadash-Ta’al Ahmad Tibi faisait partie des milliers de personnes qui ont assisté aux funérailles du dimanche après-midi, au cours desquelles il a dénoncé le fait que les images des caméras de sécurité de l’incident n’avaient pas été diffusées.

« En règle générale, lors d’incidents de ce type, où la police accuse quelqu’un d’avoir attaqué un agent, les images sont diffusées au bout de cinq minutes », a-t-il déclaré aux médias. « Je connais bien la zone, il y a cinq caméras qui filment la zone et chaque policier a une caméra corporelle », a affirmé Tibi, qui a exigé qu’un enregistrement soit rendu public.

« Nous soupçonnons les policiers d’avoir coordonné leurs témoignages. Ils tiennent exactement les mêmes propos, ce qui est très suspect », a-t-il déclaré, ajoutant que la communauté arabe n’avait pas confiance dans les forces de l’ordre.

La police israélienne patrouille dans la Vieille Ville de Jérusalem après une fusillade le 1er avril 2023. (Crédit : Ahmad Gharabli/ AFP)

Tibi a déclaré que la fusillade était « exactement comme l’incident de Yaqoub Abu al-Qia’an et Iyad Hallak« , deux cas distincts de ces dernières années, lors lesquels la police a initialement affirmé que la victime avait tenté de commettre un attentat ou qu’elle prévoyait de passer à l’acte avant de reconnaître qu’elle avait ouvert le feu par erreur sur un innocent.

Un invité aux funérailles a déclaré au site d’information Walla qu’il doutait qu’Elasibi soit un terroriste : « S’il avait été un terroriste, l’agence sécurité intérieure du Shin Bet n’aurait jamais autorisé une tente de deuil. »

Des communiqués de la police ont confirmé leur version, y compris des témoignages de policiers impliqués, et ont insisté sur le fait que le secteur n’était pas couvert par des caméras de sécurité.

L’incident fait l’objet de toute l’attention du département des enquêtes internes de la police, au sein du ministère de la Justice. Il devrait décider de l’éventuelle ouverture d’une enquête.

La fusillade s’est produite à proximité du Mont du Temple, point chaud de la ville, où les forces de sécurité sont en état d’alerte pendant le mois sacré du Ramadan, une période sensible pour les musulmans.

Pour les musulmans palestiniens, la mosquée al-Aqsa – c’est le troisième site le plus saint de l’islam – occupe une partie centrale pendant le mois sacré du ramadan. Les Juifs vénèrent le même site sous le nom de mont du Temple, le site le plus saint du judaïsme dans la mesure où c’est là que les anciens temples se dressaient.

Le mois sacré du ramadan, qui a commencé la semaine dernière et qui se terminera le 21 avril, est souvent une période de tensions accrues entre Israéliens et Palestiniens, et les frictions sont déjà fortes à Jérusalem et en Cisjordanie, cette année, après des mois de violences meurtrières.

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