Netanyahu redit à des ex-généraux critiques son vœu d’annexer les implantations
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Netanyahu redit à des ex-généraux critiques son vœu d’annexer les implantations

Le Premier ministre a déclaré que "la Judée et la Samarie sont notre patrimoine" en réponse à un groupe d'anciens de la Défense qui estime que cela mettra le pays en danger

Vue de maisons dans l'implantation d'Efrat, le 27 novembre 2018. (Gershon Elinson/Flash90)
Vue de maisons dans l'implantation d'Efrat, le 27 novembre 2018. (Gershon Elinson/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et ses députés du Likud ont évoqué mardi leur soutien à l’application de la souveraineté israélienne dans certaines zones de Cisjordanie, après que plusieurs responsables de la sécurité ont déclaré que cela pouvait mettre le pays en danger.

Dans une lettre adressée à Netanyahu et relayée par la Douzième chaîne, le groupe Commanders for Israel’s Security (CIS), qui se décrit comme un ensemble non partisan de 300 militaires retraités, a exhorté le Premier ministre a faire un référendum avant d’annexer du territoire.

Ils ont déclaré qu’une telle démarche pourrait conduire à l’effondrement du la coopération sécuritaire avec l’Autorité palestinienne et renforcer les organisations terroristes.

Netanyahu a balayé leurs craintes. En utilisant la dénomination biblique de la Cisjordanie, il a déclaré sur Twitter que « les terres en Judée et en Samarie ne sont pas juste une garantie pour la sécurité d’Israël, elles sont notre patrimoine ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’adresse à ses sympathisants alors que les résultats des élections sont annoncés au siège du parti à Tel Aviv, aux premières heures du 10 avril 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

Il a ajouté que « ces mêmes ‘experts’ ont soutenu l’accord sur le nucléaire iranien et ont averti que ‘Bibi [Netanyahu] prend la mauvaise direction et porte du tort à l’alliance avec les Etats-Unis' », – en référence à une conférence de presse que le groupe CIS avait organisée en 2015 avant que Netanyahu n’aille à Washington pour demander au Congrès de s’opposer à l’administration Obama et à son accord avec l’accord sur le nucléaire iranien.

Le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan, du Likud, a également réagi à cette lettre dans un communiqué qui affirme qu’appliquer la souveraineté israélienne était une étape « naturelle et morale ».

« Nous sommes fatigués d’entendre à chaque fois de la part d’anciens responsables de la défense qui utilisent leur rang pour avancer des arguments politiques », a-t-il dit. « Dites la vérité au public : vous êtes des gauchistes qui s’opposent à notre présence en Judée et en Samarie. Et ne vous cachez pas derrière ce genre de prophétie. »

La ministre du Likud Tzipi Hotovely a déclaré pour sa part que « la seule chose qui met vraiment en danger Israël, c’est la division du pays ».

Elle a ajouté que les anciens responsables « sont les bienvenus en politique, pour influencer et convaincre ». Elle a souligné que le parti travailliste, qui a supervisé les accords d’Oslo, en vertu desquels Israël devait céder une bonne partie de la Cisjordanie, n’avait remporté que six sièges à la Knesset à l’issue des élections d’avril. « La majorité du peuple est en faveur de la souveraineté », a-t-elle dit.

Avant les élections, Netanyahu avait promis à plusieurs reprises de « faire appliquer la souveraineté israélienne » aux implantations, et espérait obtenir le soutien américain.

Dans leur lettre, les anciens responsables, qui sont issus de l’armée, de la police, du Mossad et des agences de sécurité du Shin Bet, ont averti que sans coopération sécuritaire avec l’Autorité palestinienne, les forces de sécurité israéliennes seront forcées de prendre contrôle de l’ensemble de la Cisjordanie, et qu’Israël devrait alors administrer et assumer les coûts de gestion de la population palestinienne, sans stratégie de sortie. Ils ont également prévenu que cela enverrait aux Palestiniens le message qu’Israël n’est plus intéressé par un accord de paix.

Ils ont mis en garde contre une « réaction en chaîne qui portera sévèrement atteinte à la sécurité et l’économie du pays, et à sa position régionale et internationale ».

Giora Inbar, ancien général et cofondateur du groupe, a déclaré à la radio militaire que cette lettre n’était pas vouée à décider de l’annexion mais pour « que ça ne soit pas décidé dans le cadre des négociations de coalition entre Bezalel Smotrich et Natan Eshel ».

Smotrich est un député d’extrême-droite de l’Union des partis de droite et Eshel participe aux pourparlers pour le compte du Likud.

La députée Sharren Haskel (Likud) lors d’une réunion du groupe parlementaire à la Knesset, le 30 mai 2016. (Crédit photo: Miriam Alster / Flash90)

Lundi, Sharren Haskel, députée du Likud, a déposé un projet de loi proposant l’annexion de la Vallée du Jourdain, sous réserve d’un référendum auprès des résidents juifs et arabes. Elle avait déjà déposé une proposition similaire lors de la précédente législature, mais il lui avait été demandé de la laisser en suspens. Elle a déclaré qu’elle espérait que Netanyahu soutiendrait son initiative cette fois-ci.

Le texte soumis par Haskel stipule que « les communautés de la Vallée du Jourdain sont un atout stratégique et sécuritaire de premier plan », mais que la zone est « sous juridiction militaire… nous en sommes arrivés à un stade déraisonnable où les résidents de la Vallée du Jourdain ne peuvent pas développer leurs communautés. »

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