Nucléaire : l’AIEA renvoie l’Iran « en vain » devant le Conseil de sécurité
La Russie, la Chine et le Niger se sont opposés à cette saisine et les deux premiers s'opposeront de toute évidence à la résolution
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Le conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a décidé mercredi de saisir le Conseil de sécurité de l’ONU au sujet du non-respect de l’Iran de ses obligations dans le domaine nucléaire, une démarche visant à accroître la pression sur le pays, ont indiqué deux diplomates.
Adoptée par 23 voix pour, 3 voix contre et 8 abstentions, la résolution présentée par les Occidentaux, consultée par l’AFP, relève « avec une profonde inquiétude » la non-conformité persistante de l’Iran à ses obligations.
Elle demande au directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, de transmettre la résolution, ainsi que les deux précédentes et le dernier rapport de l’Agence sur l’Iran.
Le représentant permanent de l’Iran auprès des Nations unies à Vienne Reza Najafi a qualifié la résolution d’ « outil politique ».
« L’Iran ne coopérera que dans la mesure où les circonstances et la sécurité le permettront », a-t-il déclaré à la presse après le vote.
« La résolution a été adoptée sous la pression politique des Etats-Unis et de ses alliés. A nos yeux, elle est dénuée de fondement et n’aboutira à aucun résultat », a-t-il encore déclaré à la télévision d’Etat.
La Russie, la Chine et le Niger se sont opposés à son adoption.
L’AIEA n’a pas eu accès à des installations nucléaires clés en Iran depuis qu’Israël, rejoint par les États-Unis, a mené en juin 2025 des frappes sur des sites nucléaires.
« Exercice vain »
Des sites ont également été touchés durant la dernière guerre, qui a éclaté le 28 février, et l’AIEA a réclamé à plusieurs reprises un accès.
Le Conseil des gouverneurs demande au directeur général de l’AIEA, basée à Vienne, en Autriche, « de faire rapport » au Conseil de sécurité et à l’Assemblée générale des Nations unies.
La résolution a été soumise par le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne et les États-Unis.
Il s’agit de la première saisine du Conseil de sécurité concernant l’Iran pour non-respect de ses obligations en matière de déclarations nucléaires depuis 20 ans, selon une source proche de l’AIEA.
Mais pour Ali Vaez, du centre de réflexion International Crisis Group (ICG), « c’est un exercice vain : la Russie et la Chine vont probablement veiller à ce que la pression occidentale se heurte à un mur au Conseil de sécurité ».
« Grande urgence »
L’AIEA a répété que son manque d’informations et d’accès constituait un « risque de prolifération », appelant l’Iran à y remédier « avec la plus grande urgence ».
La résolution appelle également Téhéran « à s’engager sérieusement et sans conditions préalables dans des négociations visant à renforcer la confiance internationale dans la nature exclusivement pacifique » de son programme.
Le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, a déclaré lundi que le fait de donner à l’agence accès à des installations nucléaires clés en Iran aurait des « répercussions positives » pour le pays.
Vendredi, la mission iranienne auprès de l’ONU à Vienne avait qualifié le projet de résolution « d’acte de désespoir » qui ne fera bénéficier les Occidentaux « d’aucun avantage ».
Lundi, elle a exhorté M. Grossi à demander aux États-Unis et à Israël de cesser leurs « attaques illégales ».
L’Agence doit, elle, « cesser de publier des rapports non professionnels, non objectifs, à moitié techniques et influencés politiquement », a-t-elle aussi indiqué dans un message sur X.
Le doute persiste sur l’état des stocks d’uranium hautement enrichi de la République islamique.
Il est le seul pays non doté de l’arme atomique à enrichir l’uranium au niveau de 60 % et à accumuler d’importants stocks, selon l’AIEA. Ce seuil est proche des 90 % nécessaires pour élaborer une bombe et se situe bien au-delà du plafond autorisé de 3,67 % – équivalant à ce qui est utilisé pour la production d’électricité.
Avant les frappes de juin 2025, l’AIEA avait calculé que l’Iran possédait environ 440 kilogrammes d’uranium enrichi à 60 %.
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