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L'HÔPITAL VERSERA 121 000 DOLLARS DE DOMMAGES ET INTÉRÊTS

Tribunal suédois : un hôpital a bien injustement licencié un médecin parce que juif

Le chirurgien a été victime de messages antisémites sur Facebook et aurait été signalé, à tort, à une commission d'examen par son ancien chef de service

L'hôpital universitaire de Karolinska, en Suède, en 2017. (Crédit : Wikimedia Commons via JTA)
L'hôpital universitaire de Karolinska, en Suède, en 2017. (Crédit : Wikimedia Commons via JTA)

JTA – Un tribunal local a statué jeudi qu’un prestigieux hôpital, situé près de Stockholm, avait injustement licencié un médecin juif qui s’était plaint de brimades antisémites de la part de son supérieur. Ceci marque la fin d’une grosse affaire qui a révélé une fois de plus l’antisémitisme virulent qui sévit en Suède.

L’hôpital universitaire de Karolinska a déclaré qu’il contestait la décision du tribunal du travail de Suède, mais qu’il ne ferait pas appel.

L’affaire a commencé en 2018, lorsqu’un chirurgien juif, a rapporté, sous couvert d’anonymat, aux journalistes les commentaires antisémites présumés d’un ancien chef de service à Karolinska. Le médecin a demandé à rester anonyme dans les rapports d’enquête du tribunal et dans les médias pour des raisons professionnelles et de crainte que lui ou sa famille ne soient harcelés.

L’ancien chef de département, nommé Inti Peredo, aurait publié des caricatures et des textes antisémites sur Facebook. À peu près au même moment, il a exigé que le chirurgien, un médecin chevronné qui faisait partie du petit nombre d’employés juifs de l’hôpital et qui était le seul Juif à travailler sous ses ordres, soit placé sous surveillance lorsqu’il opérait.

Peredo a également signalé le chirurgien à une commission d’examen comme présentant un risque pour la sécurité des patients, en invoquant un comportement imprudent, ce qui, selon le tribunal du travail, était une fausse accusation.

Le chirurgien a contacté le Centre Simon Wiesenthal, qui a protesté contre ce qui, selon eux et selon le chirurgien, était une persécution antisémite sur le lieu de travail.

Peredo a démissionné de ce poste et a été réaffecté. Le chirurgien, quant à lui, a été licencié l’année dernière. L’hôpital a invoqué des « difficultés à coopérer » de la part du chirurgien.

À la suite de ce licenciement, le syndicat Medical Association of Sweden, a poursuivi l’hôpital pour licenciement abusif en raison de l’origine ethnique du chirurgien. Le tribunal a accepté sa requête selon laquelle le licenciement était illégal et discriminatoire et l’hôpital a été condamné à réintégrer le chirurgien et à lui verser environ 121 000 dollars de dommages et intérêts, a rapporté le journal Dagens Nyheter.

En contestant publiquement le jugement, un porte-parole a déclaré que l’hôpital ne ferait pas appel uniquement parce qu’ils « savent que s’ils devaient contester cette décision, cela entraînerait un long processus juridique », qui « ne serait sain pour aucune des parties ».

Interrogé jeudi sur le fait de savoir si l’hôpital universitaire de Karolinska aurait pu agir autrement, le porte-parole de l’hôpital a déclaré à Dagens Nyheter qu’ils « ont fait tout ce qu’ils pouvaient ».

L’affaire s’est déroulée dans un contexte d’efforts pour résoudre le problème de l’antisémitisme en Suède, où 27 % de tous les crimes de haine religieuse en 2020 ont visé des Juifs, même si la communauté qui ne compte que 20 000 personnes ne représente que 0,1 % de la population suédoise. Les attaques sont majoritairement perpétrées par des néo-nazis et des immigrants musulmans.

L’année dernière, Stefan Lofven, alors Premier ministre suédois, a accueilli des géants des médias et des dignitaires étrangers à Malmö lors d’une conférence sur la lutte contre l’antisémitisme. Il a exhorté les réseaux sociaux tels que Twitter et Meta à faire davantage pour mettre un terme à la propagation de la haine des Juifs en ligne.

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