« Trop d’Arabes » à Toulouse, le conseiller municipal juif sur la sellette
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« Trop d’Arabes » à Toulouse, le conseiller municipal juif sur la sellette

Les propos tenus par Aviv Zonabend en hébreu à la radio israélienne lui ont valu une condamnation du maire Jean-Luc Moudenc, qui va faire appel à un traducteur professionnel

Aviv Zonabend, Conseiller Municipal Délégué juif de la ville française de Toulouse, le 26 mars 2016. (Capture d'écran: YouTube)
Aviv Zonabend, Conseiller Municipal Délégué juif de la ville française de Toulouse, le 26 mars 2016. (Capture d'écran: YouTube)

Un conseiller municipal est actuellement au cœur d’une polémique après avoir déclaré que la ville de Toulouse comptait « trop d’Arabes », après un article du Times of Israel sur une interview qu’il a accordée à une radio israélienne. Le maire de la Ville a menacé de prendre des mesures contre Aviv Zonabend, voire même de le limoger, si un traducteur professionnel venait à confirmer ses propos.

Zonabend, seul Juif au conseil municipal, a déploré dans une interview en hébreu accordée à la radio militaire mercredi dernier, qu’il y a « beaucoup trop d’Arabes » dans la ville, soit 11 à 12 % de la population et « très peu de Juifs ».

De nombreux médias français ont relayé l’article du Times of Israel en français, et le maire Jean-Luc Moudenc a fermement condamné les propos de Zonabend.

Le conseiller municipal a expliqué, dans un communiqué relayé par les médias français, qu’il voulait parler des Islamistes, et non pas des Arabes, et qu’il s’est exprimé dans « dans un hébreu hésitant, une langue que je ne maîtrise pas ». Il a précisé qu’il n’avait rien contre la population arabe de la ville, et qu’il entretenait des liens forts avec la communauté musulmane.

Mais le maire Mondenc a publié un communiqué vendredi, condamnant les avec « la plus grande fermeté » ces propos, ajoutant qu’elles contredisent les valeurs de tolérances qu’il cherche à promouvoir, ajoutant qu’il est « intolérable que le dialogue que nous cultivons avec et entre les communautés religieuses soit ainsi foulé aux pieds ».

Toulouse mérite mieux que des propos à l'emporte-pièce.J'ai découvert avec stupéfaction, dans le journal "The Times of…

Posted by Jean-Luc Moudenc on Friday, 27 April 2018

« C’est pourquoi j’ai demandé que soit vérifié par un traducteur professionnel si ce qui a été publié correspond véritablement à ce qui a été dit », impliquant qu’il limogerait Zonabend si le traducteur venait à confirmer ses dires.

Dans l’interview de mercredi, sur les ondes de la radio israélienne, Aviv Zonabend avait indiqué que son bureau avait reçu une enveloppe de poudre blanche il y a une semaine, ajoutant : « nous ne savons toujours pas quelle en est la substance. »

Interrogé à propos d’un communiqué publié mardi par un éminent dirigeant de la communauté juive en Allemagne qui conseillait aux gens de ne pas porter de calottes juives dans les grandes villes, Zonabend, membre de Groupe Toulouse Ensemble, a déclaré : « Seulement en Allemagne ? Je pense que nous devons supprimer les kippas dans toute l’Europe. »

« Mon fils porte une kippa, mais je préfère qu’il porte un chapeau au dessus », a-t-il dit. Zonabend qui n’est pas pratiquant, n’en porte pas, il dit avoir un pendentif avec une étoile de David mais le cache généralement sous ses vêtements.

« L’antisémitisme en Europe, en France, à Toulouse n’est plus seulement issue de l’extrême droite, mais de l’islam politique », a déclaré Zonabend, affirmant que des musulmans en France s’étaient « violemment » opposés à un manifeste condamnant l’antisémitisme.

La lettre ouverte « contre le nouvel antisémitisme » publiée dimanche dans le journal Le Parisien a accusé la « radicalisation islamiste » de ce qu’elle a qualifié d' »épuration ethnique discrète » dans la région parisienne, avec des abus qui obligent les familles juives à partir. Le texte appelle à ce que certains passages du Coran jugés violents soient supprimés.

Zonabend a déclaré que des collègues musulmans de la municipalité avaient « de la difficulté » à accepter son sionisme. Quand il se rend à Tel Aviv, une ville jumelée à Toulouse, pour promouvoir des projets communs et qu’il le partage sur son compte Facebook, « cela a commencé en déranger certains », affirme-t-il. Ils disent : ‘Pourquoi ne vas-tu pas aussi à Ramallah, en Palestine pour faire la même chose ? ‘  »

Zonabend a par ailleurs accusé Israël de rendre la vie difficile aux immigrés français en ne reconnaissant pas les diplômes professionnels acquis en France et en les obligeant à suivre des cours supplémentaires en Israël, affirmant que cette pratique revenait à dire que le pays « n’acceptait pas » l’alyah française.

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