« Trop d’Arabes », « très peu de juifs » à Toulouse, selon un conseiller municipal
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« Trop d’Arabes », « très peu de juifs » à Toulouse, selon un conseiller municipal

Après l'appel aux Juifs allemands de cesser de porter des kippas, Aviv Zonabend déclare que la consigne devrait être suivie dans toute l'Europe - l'avenir des juifs étant "perdu"

Aviv Zonabend, Conseiller Municipal Délégué juif de la ville française de Toulouse, le 26 mars 2016. (Capture d'écran: YouTube)
Aviv Zonabend, Conseiller Municipal Délégué juif de la ville française de Toulouse, le 26 mars 2016. (Capture d'écran: YouTube)

Un conseiller municipal délégué de la ville de Toulouse a déclaré mercredi sur les ondes de la radio israélienne, Aviv Zonabend, que son bureau avait reçu une enveloppe de poudre blanche il y a une semaine, ajoutant : « nous ne savons toujours pas quelle en est la substance. »

« La situation à Toulouse est un peu difficile, mais pas qu’à Toulouse, dans le reste de la France », a déploré Zonabend, qui avait soutenu François Fillon aux élections présidentielles de 2017.

A la question posée par le journaliste israélien Razi Barkai, de savoir combien il y a d’arabes vivant dans la ville rose (qui est jumelée à la ville blanche israélienne depuis 1962), le conseiller en charge des relations avec les villes jumelées et président de la commission Eau et Assainissement Tlse_Metropole, répond : « beaucoup. Trop [d’Arabes dans la ville] », avant de préciser qu’ils représentent « 11 à 12 % des habitants » sur une population toulousaine municipale de plus de 470 000 habitants, selon l’INSEE au 1er janvier 2017.

Zonabend poursuit en indiquant qu’il y a « très peu » de Juifs [à Toulouse], ajoutant qu’environ 600 familles ont quitté Toulouse et ont immigré en Israël au cours des cinq dernières années.

La présence des juifs à Toulouse remonte au Moyen Age. Ils seraient aujourd’hui entre 15 à 20 000 âmes, selon l’ACIT (Association cultuelle israélienne de Toulouse).

Toulouse est la quatrième ville de France. Elle a été le théâtre en mars 2012 des lâches assassinats menés contre le parachutiste Imad Ibn Ziaten, le professeur Jonathan Sandler et deux de ses enfants, Gabriel, 3 ans, et Aryeh, 6 ans ainsi qu’une autre petite fille de 8 ans, Myriam Monsonégo à l’école Ozar HaTorah par le djihadiste Mohamed Merah. Abel Chennouf et Mohamed Legouad ont été tués à Montauban.

Interrogé à propos d’un communiqué publié mardi par un éminent dirigeant de la communauté juive en Allemagne qui conseillait aux gens de ne pas porter de calottes juives dans les grandes villes, Zonabend, membre de Groupe Toulouse Ensemble, a déclaré : « Seulement en Allemagne ? Je pense que nous devons supprimer les kippas dans toute l’Europe. »

« Mon fils porte une kippa, mais je préfère qu’il porte un chapeau au dessus », a-t-il dit. Zonabend qui n’est pas pratiquant, n’en porte pas, il dit avoir un pendentif avec une étoile de David mais le cache généralement sous ses vêtements.

Un homme coiffé d’une calotte regarde les gens prendre part à une manifestation organisée par le Conseil représentatif des institutions juives en France le 31 juillet 2014, devant une synagogue lyonnaise. (AFP / Romain LaFabregue)

« L’antisémitisme en Europe, en France, à Toulouse n’est plus seulement issue de l’extrême droite, mais de l’islam politique », a déclaré Zonabend, affirmant que des musulmans en France s’étaient « violemment » opposés à un manifeste condamnant l’antisémitisme.

A LIRE : Les musulmans de France fustigent le manifeste « contre le nouvel antisémitisme »

La lettre ouverte « contre le nouvel antisémitisme » publiée dimanche dans le journal Le Parisien a accusé la « radicalisation islamiste » de ce qu’elle a qualifié d' »épuration ethnique discrète » dans la région parisienne, avec des abus qui obligent les familles juives à partir. Le texte appelle à ce que certains passages du Coran jugés violents soient supprimés.

« La seule chose sur laquelle nous pouvons nous entendre est que nous devons nous unir contre l’antisémitisme », a alors déclaré Ahmet Ogras, chef du groupe de coordination du Conseil français de la foi musulmane.

Zonabend a déclaré que des collègues musulmans de la municipalité avaient « de la difficulté » à accepter son sionisme. Quand il se rend à Tel Aviv, une ville jumelée à Toulouse, pour promouvoir des projets communs et qu’il le partage sur son compte Facebook, « cela a commencé en déranger certains », affirme-t-il. Ils disent : ‘Pourquoi ne vas-tu pas aussi à Ramallah, en Palestine pour faire la même chose ? ‘  »

Les participants marchent derrière des banderoles tenant des pancartes lors d’une marche silencieuse à Paris en mémoire de Mireille Knoll, une Juive de 85 ans assassinée chez elle dans ce que la police a qualifié d’attaque antisémite (Crédit : François Guillot / AFP)

Zonabend a par ailleurs accusé Israël de rendre la vie difficile aux immigrés français en ne reconnaissant pas les diplômes professionnels acquis en France et en les obligeant à suivre des cours supplémentaires en Israël, affirmant que cette pratique revenait à dire que le pays « n’acceptait pas » l’alyah française.

La dernière attaque antisémite a secoué la France le mois dernier lorsque le corps de Mireille Knoll, une survivante de la Shoah de 85 ans, a été retrouvé à moitié carbonisé et lardé de onze coups de couteaux dans son appartement HLM du 11e arrondissement de Paris.

Officiellement, le nombre de crimes antisémites est tombé en France en 2017 pour une troisième année consécutive, selon le ministère de l’Intérieur, en baisse de 7 %.

Mais les Juifs sont la cible d’environ un tiers des crimes de haine enregistrés en France, bien qu’ils ne représentent que 0,7 % de la population.

La communauté juive d’un demi-million d’habitants est la plus importante d’Europe. Elle a connu une vague d’émigration vers Israël au cours des deux dernières décennies, en partie à cause de l’antisémitisme toujours prégnant.

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