Trump dit à Netanyahu qu’il mettra fin au programme nucléaire iranien
Pour Israël, les termes de l'accord présumé, jugé inquiétant, répond insuffisamment aux besoins essentiels de sécurité, le dossier nucléaire iranien ne devant être abordé que plus tard, et la fin des combats au Liban laissant le Hezbollah armé et dangereux
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Le président américain Donald Trump, lors d’un entretien téléphonique, a assuré au Premier ministre Benjamin Netanyahu que tout accord final avec l’Iran impliquerait le démantèlement complet du programme nucléaire de Téhéran. C’est ce qu’a rapporté dimanche un haut responsable israélien dans un communiqué qui a été publié alors que des informations ont filtré sur un accord en cours d’élaboration avec l’Iran, dont les termes pourraient ne pas satisfaire aux principales exigences d’Israël.
Selon de multiples informations, l’accord initial prévoit de prolonger le cessez-le-feu actuel de 60 jours et de rouvrir le stratégique détroit d’Ormuz, actuellement bloqué, au trafic maritime. La question clé des activités nucléaires iraniennes serait quant à elle reportée à des discussions ultérieures. Cet accord inclurait également un cessez-le-feu dans le conflit en cours entre Israël et le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, excluant toutefois tout désarmement de ce groupe soutenu par l’Iran.
Trump « a clairement fait savoir qu’il ne céderait pas dans les négociations sur sa revendication de longue date concernant le démantèlement du programme nucléaire de Téhéran et le départ de tout l’uranium enrichi du territoire iranien, et qu’il ne signerait pas d’accord final qui ne remplirait pas ces conditions », a ajouté ce haut responsable qui s’est exprimé sous couvert d’anonymat.
Cette conversation a eu lieu samedi soir.
Washington a tenu Jérusalem informée des avancées des discussions « relatives à un protocole d’accord visant à rouvrir le détroit d’Ormuz, et à entamer des négociations en vue d’un accord définitif sur les points qui restent en suspens », peut-on lire dans le communiqué, qui mentionne également que Netanyahu a remercié Trump pour son « exceptionnelle détermination à garantir la sécurité d’Israël ».
Pour sa part, Netanyahu a assuré à Trump qu’Israël entendait bien préserver sa liberté d’action face aux « menaces qui pèsent sur tous les fronts », a souligné le responsable.
« Le Premier ministre a réaffirmé qu’Israël préserverait sa liberté d’action face aux menaces qui pèsent sur tous les fronts, y compris au Liban. Le président Trump a quant à lui réitéré son adhésion à ce principe », a poursuivi le responsable.
Cet échange téléphonique s’inscrit dans le prolongement d’une conversation tendue survenue la semaine dernière entre les deux dirigeants et portant sur la meilleure ligne de conduite à adopter face à l’Iran. Netanyahu semblait favorable à la reprise des frappes, tandis que Trump privilégiait la voie diplomatique.
Netanyahu tiendra une réunion restreinte du cabinet de sécurité dimanche soir, afin de discuter de l’accord émergent entre les États-Unis et l’Iran, a confirmé au Times of Israel un collaborateur de l’un des ministres participants.
Ni Netanyahu ni aucun autre ministre n’a fait de déclaration publique, alors que les informations faisant état d’un accord imminent se multiplient.
Le journal Maariv a toutefois cité un membre du cabinet de sécurité qui a préféré rester anonyme, qui aurait déclaré en privé que si les termes avancés pour cet accord étaient exacts, alors celui-ci serait « désastreux ».
Selon le journal, les responsables israéliens s’inquiètent surtout de voir la question du programme nucléaire iranien reléguée au second plan, derrière la conclusion d’un cessez-le-feu et la réouverture du détroit d’Ormuz. La fermeture du détroit, que l’Iran a bloqué à des fins stratégiques et par lequel transite habituellement un cinquième de l’approvisionnement mondial en pétrole, a bousculé les économies du monde entier, contraignant les États-Unis à tenter de résoudre le problème.
Selon cette source citée par Maariv, l’inquiétude porte sur le fait que cet accord offre à l’Iran « du temps, de l’argent et une accalmie régionale, sans véritable démantèlement de ses capacités nucléaires et terroristes ».
D’après Axios, le protocole d’accord que les États-Unis et l’Iran devraient signer, et qui prévoit une prolongation de 60 jours du cessez-le-feu, contient également une clause visant à faire cesser les combats entre Israël et le Hezbollah au Liban. Le média explique qu’Israël sera autorisé à frapper le Hezbollah si le groupe terroriste chiite libanais provoque ou lance des attaques.
Les négociations sur les éventuelles restrictions à imposer au programme nucléaire iranien, quant à elles, ne débuteront qu’une fois que la période de 60 jours aura commencé.
Une source iranienne de haut rang a confié dimanche à Reuters que Téhéran avait refusé que la remise de ses stocks d’uranium hautement enrichi apparaisse dans l’accord préliminaire ; pourtant, tant Axios que le New York Times ont cité des responsables affirmant que cela faisait partie de la transaction, qui prévoit également la levée par les États-Unis de certaines sanctions visant l’Iran, lui permettant ainsi de vendre son pétrole, et éliminant par là-même ce qui constituait jusqu’alors une des principales stratégies de pression de Washington pour pousser l’Iran à conclure un accord sur le nucléaire.
L’Iran, qui proclame ouvertement vouloir anéantir Israël, a enrichi de l’uranium à des niveaux qui, selon les experts, sont techniquement très proches de la qualité militaire, et n’ont aucune utilité civile.
Par ailleurs, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a annoncé qu’il s’attendait à de nouveaux développements concernant l’accord en cours de négociation entre les États-Unis et l’Iran dans le courant de la journée de dimanche. L’objectif principal de cet accord est d’empêcher l’Iran de se doter un jour de l’arme nucléaire, a-t-il réaffirmé.
« Nous devrions bientôt disposer de nouvelles informations concernant [l’accord avec l’Iran], qui seront communiquées par [le président américain Donald Trump] », a indiqué Rubio aux journalistes lors d’une visite diplomatique en Inde.
« Des progrès substantiels, mais pas encore définitifs » ont été réalisés concernant cet accord, a-t-il ajouté, précisant : « L’objectif ultime est que l’Iran ne puisse jamais se doter de l’arme nucléaire… Il ne possédera jamais l’arme nucléaire, et certainement pas tant que Donald Trump sera président. »
Toutefois, aux États-Unis, cet accord a fait l’objet de critiques.
la Communauté du Times of Israël !







