UK : Enquête sur une femme qui veut voir les médecins jugés comme à Nuremberg
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UK : Enquête sur une femme qui veut voir les médecins jugés comme à Nuremberg

Kate Shemirani, militante anti-vaccin et ancienne infirmière, a exhorté lors d'un rassemblement que soient compilées des listes de professionnels de santé administrant des vaccins

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

La théoricienne du complot britannique Kate Shemirani, une ancienne infirmière, s'adresse à une foule de centaines de théoriciens du complot lors d'un rassemblement à Trafalgar Square à Londres. (Crédit : Fichier : Salim Fadhley / Wikipedia)
La théoricienne du complot britannique Kate Shemirani, une ancienne infirmière, s'adresse à une foule de centaines de théoriciens du complot lors d'un rassemblement à Trafalgar Square à Londres. (Crédit : Fichier : Salim Fadhley / Wikipedia)

La police métropolitaine de Londres a déclaré dimanche avoir ouvert une enquête suite à un discours prononcé par une théoricienne du complot anti-vaccins COVID-19, dans lequel elle aurait menacé le personnel médical du pays en rappelant que des médecins et des infirmières nazis avaient été pendus pour leurs crimes après la Seconde Guerre mondiale.

L’ancienne infirmière Kate Shemirani a suscité l’indignation par ses propos tenus lors d’une manifestation anti-vaccination à laquelle ont participé des milliers de personnes à Trafalgar Square, à Londres, samedi.

La police a déclaré qu’elle examinait une vidéo de la manifestation au cours de laquelle Kate Shemirani a exhorté la foule à lui envoyer des listes de médecins et d’infirmières impliqués dans la campagne nationale de vaccination COVID-19 en Angleterre.

« Obtenez leurs noms, envoyez-les moi par courriel. Nous avons un groupe d’avocats, nous sommes en train de rassembler tout cela », a déclaré Mme Shemirani, qui a été radiée de l’exercice de sa profession d’infirmière au début de l’année en raison des théories et des articles de désinformation qu’elle a diffusés.

Capture d’écran d’une vidéo de Kate Shemirani, théoricienne du complot britannique anti-vaccins COVID-19, lors d’un rassemblement à Trafalgar Square à Londres, le 24 juillet 2021. (Crédit : Twitter)

« Aux procès de Nuremberg, les médecins et les infirmières ont été jugés et ont été pendus », a-t-elle dit, sous les acclamations de la foule.

Elle a ensuite appelé les médecins et les infirmières à « se tenir avec nous, le peuple ».

« Nous sommes au courant d’une vidéo qui circule en ligne montrant un discours qui s’est produit lors d’un rassemblement à Trafalgar Square le samedi 24 juillet », a déclaré un porte-parole de la police métropolitaine.

« Les officiers mènent une enquête pour établir si des infractions ont été commises. Aucune arrestation n’a été effectuée », a déclaré le porte-parole.

Le Royal College of Nursing a déclaré que les commentaires de Shemirani étaient « répréhensibles et pouvaient mettre le personnel infirmier en danger », a rapporté la BBC.

Le maire de Londres, Sadiq Khan, a tweeté samedi : « C’est tout à fait épouvantable, et j’en ai parlé directement à la Met Police. »

« Notre personnel du NHS est le héros de cette pandémie et les Londoniens de toute la ville rejettent catégoriquement cette haine », a écrit le maire.

En mai, Shemirani a été suspendue de son statut d’infirmière par le Nursing and Midwifery Council, puis radiée en juin pour avoir « fait courir au public un risque important de préjudice pendant une pandémie ».

À l’époque, le NMC avait déclaré qu’elle avait « utilisé son statut d’infirmière agréée pour promouvoir sa propre version déformée de la vérité ».

Des manifestants brandissent des banderoles en écoutant des discours lors de la manifestation « Rally for freedom » à Londres, le 24 juillet 2021. (Crédit : AP Photo/Alberto Pezzali)

Selon le journal Daily Mail, les comptes de Shemirani sur les réseaux sociaux ont été suspendus en raison des théories du complot qu’elle a diffusées.

Mme Shemirani a déclaré par le passé que les équipes de vaccination devraient être appelées « escadrons de la mort » et a qualifié le National Health Service de « nouvel Auschwitz », a rapporté le Mail.

Le 24 octobre 2020, le fils de Shemirani, Sebastian, a donné une interview à la BBC dans laquelle il a déclaré être préoccupé par les théories « dangereuses » de sa mère, et que celles-ci pouvaient avoir une influence négative sur la santé publique.

Le 9 décembre 1946, lors des procès de Nuremberg après la Seconde Guerre mondiale, au cours desquels plusieurs responsables nazis ont été jugés pour leurs crimes, des accusations ont été portées contre 23 médecins et administrateurs pour avoir participé à des crimes de guerre et à des crimes contre l’humanité. Seize d’entre eux ont finalement été reconnus coupables et sept ont été mis à mort.

Depuis le début de la pandémie de coronavirus, divers groupes de protestation dans le monde ont comparé les ordonnances sanitaires locales visant à limiter les infections aux pratiques nazies pendant la Shoah.

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