Un chef militaire iranien de la ligne dure à Trump : « Nous prions Dieu que vous annuliez l’accord sur le nucléaire »
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Un chef militaire iranien de la ligne dure à Trump : « Nous prions Dieu que vous annuliez l’accord sur le nucléaire »

Le général Hossein Salami dit que l'Iran "réalisera de meilleurs progrès" sans l'accord ; Zarif appelle l'Europe à "prendre le leadership"

Hossein Salami, commandant du Corps des Gardiens de la  Révolution Islamique. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Hossein Salami, commandant du Corps des Gardiens de la Révolution Islamique. (Crédit : capture d'écran YouTube)

L’adjoint au chef du corps des Gardiens de la révolution islamique iranienne (CGRI) a indiqué que l’Iran prie pour que Donald Trump abandonne l’accord sur le nucléaire passé en 2015 parce que, a-t-il dit, l’Iran « fera davantage de progrès » sans cette convention.

« Si vous avez l’intention de faire avorter l’accord, sachez que nous prions Dieu pour cela parce que nous réaliserons plus de progrès sans le Plan d’action conjoint (JCPOA), a déclaré le général Hossein Salami dans un discours cité par l’agence de presse iranienne Fars. « L’accord sur le nucléaire pourrait être votre seule option, mais ce n’est pas du tout le cas en ce qui nous concerne », a-t-il dit.

Le président américain Trump a menacé d’abandonner ou de modifier l’accord, en partie en raison du programme de développement de missiles balistiques continu de l’Iran, affirmant que ce dernier pourrait apporter à la république islamique le savoir-faire nécessaire pour fabriquer des ogives nucléaires au moment de l’expiration d’une clause de révision figurant dans la convention, en 2025.

Trump devrait annoncer au Congrès, le 15 octobre, s’il pense que l’Iran s’est conformé à l’accord sur le nucléaire. S’il décide que ce n’est pas le cas, cela pourrait ouvrir la voie à des sanctions américaines renouvelées et peut-être à l’effondrement de l’accord. Il a indiqué la semaine dernière avoir pris sa décision et n’être pas encore prêt à la révéler.

Le nouveau missile iranien à longue portée Khoramshahr durant une parade militaire annuelle marquant l'anniversaire de l'éclatement de la guerre de huit ans contre l'Irak de Saddam Hussein en 1980, le 22 septembre 2017 (Crédit :AFP PHOTO / str)
Le nouveau missile iranien à longue portée Khoramshahr durant une parade militaire annuelle marquant l’anniversaire de l’éclatement de la guerre de huit ans contre l’Irak de Saddam Hussein en 1980, le 22 septembre 2017 (Crédit :AFP PHOTO / str)

L’Iran a dévoilé la semaine dernière un missile qui, selon Téhéran, pourrait atteindre Israël et porter plusieurs ogives nucléaires. La république islamique a clamé plus tard avoir testé le missile, le Khoramshahr, mais les Etats-Unis et des responsables israéliens ont indiqué que la vidéo du test présumé était celle d’un essai de missile antérieur.

Dans son discours prononcé dans la province d’Isfahan, Salami a ironisé sur le fait que les Iraniens « n’ont pas construit leur vie sur la base des interactions avec les Etats-Unis, la vie de la nation iranienne étant indépendante du JCPOA ».

Le président américain Donald Trump à la Maison Blanche, à Washington, D.C., le 28 juin 2017. (Crédit : Nicholas Kamm/AFP)
Le président américain Donald Trump à la Maison Blanche, à Washington, D.C., le 28 juin 2017. (Crédit : Nicholas Kamm/AFP)

Pour sa part, le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a expliqué qu’il s’attendait à ce que Trump détermine que l’Iran ne se conformait pas à l’accord et il a vivement recommandé à l’Europe de ne pas suivre Washington en ce sens. Zarif a noté lors d’un entretien accordé à des journalistes britanniques que la seule manière pour l’Iran de continuer à honorer son accord si les Etats-Unis se retiraient était que les grandes puissances qui forment le groupe P5+1 – le Royaume-Uni, la France, la Russie, la Chine et l’Allemagne – maintiennent leur engagement envers la convention et désobéissent à d’éventuelles nouvelles sanctions américaines.

« Si l’Europe et le Japon et la Russie et la Chine décident de suivre les Etats-Unis, cela signera, je le pense, la fin de l’accord ».

Mohammad Javad Zarif, ministre iranien des Affaires étrangères, pendant une réunion de l'Organisation de la coopération islamique à Istanbul, le 1er août 2017. (Crédit : Ozan Kose/AFP)
Mohammad Javad Zarif, ministre iranien des Affaires étrangères, pendant une réunion de l’Organisation de la coopération islamique à Istanbul, le 1er août 2017. (Crédit : Ozan Kose/AFP)

Si l’accord devait s’effondrer, a dit Zarif au Guardian, l’Iran émergerait avec une technologie nucléaire plus avancée qu’avant sa signature, et reprendrait le programme d’enrichissement de l’uranium et d’autres éléments de développement nucléaire.

« L’accord a permis à l’Iran de continuer sa recherche et son développement. Nous avons donc amélioré notre base technologique », a dit Zarif. « Si nous décidons de nous éloigner de la convention, alors nous nous éloignerons avec une technologie qui s’est améliorée. Elle sera toujours pacifique parce que notre adhésion au TNP ne dépend pas de cet accord. Mais nous n’observerons plus les limitations qui avaient été convenues lors des négociations sur cette convention ».

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