Un club de football israélien sanctionne des fans après des chants anti-arabes
Rechercher

Un club de football israélien sanctionne des fans après des chants anti-arabes

Le Beitar Jérusalem annonce la fermeture de toute une aile de son stade et menace d'annuler les abonnements saisonniers des fans en question

Des fans du Beitar Jerusalem lors du match contre Bnei Sakhnin F.C. au Teddy Stadium de Jérusalem le lundi 22 janvier 2018. (Roy Alima / Flash90)
Des fans du Beitar Jerusalem lors du match contre Bnei Sakhnin F.C. au Teddy Stadium de Jérusalem le lundi 22 janvier 2018. (Roy Alima / Flash90)

Dans le cadre de sanctions suite à une rencontre tendue avec une équipe arabe israélienne, le club de football du Beitar-Jérusalem a annoncé mardi des mesures radicales pour lutter contre les chants racistes entendus pendant ses matchs.

Le Beitar, qui a la réputation d’être anti-arabes et anti-musulmans, y compris parmi ses dirigeants, a déclaré qu’il fermerait immédiatement une section de son stade représentant environ un quart de ses 31 733 sièges.

Certains fans de cette section ont scandé des slogans racistes lors du match de lundi contre Bnei Sakhnin, notamment « Je déteste tous les Arabes », « Brûlez votre village » et « [Le prophète] Mahomet est mort ».

Pendant le match, l’annonceur du Teddy Stadium a appelé les fans à arrêter de crier les slogans, mais ils ont continué. Le Beitar perdait deux buts durant le match, mais s’est repris pour gagner 4-2.

Le Beitar, l’un des meilleurs clubs de football d’Israël, qui a terminé troisième l’an dernier en Premier League et est actuellement à un point de la première place, a une pénalité de deux points pour des précédents racistes de ses fans.

« Le club luttera contre la violence et le racisme », a déclaré le Beitar dans un communiqué. « Le club est dégoûté et se battra contre les supporters qui le blessent gravement, à la lumière du comportement lors du match contre Bnei Sakhnin. Par conséquent, il a été décidé de fermer la section Est aux fans jusqu’à nouvel ordre. »

Affrontements entre des supporters du Beitar Jérusalem et les forces de police au Stade Teddy à Jérusalem, le 1er mai 2016. (Crédit : capture d’écran YouTube/ONE)

La section Est est tristement célèbre pour accueillir les fans les plus extrêmes du club, y compris la faction ultra-nationaliste « La-Familia ». L’année dernière, 19 membres du groupe ont été accusés de tentative de meurtre, y compris contre des supporters rivaux.

Le Beitar est également le seul club de la ligue israélienne qui n’a jamais eu de joueur arabe musulman. Les dirigeants de l’équipe ont indiqué par le passé que c’était une politique non officielle.

L’équipe a déclaré qu’il fallait « des mesures encore plus drastiques, y compris l’annulation des abonnements à la saison des fans dans la section Est. Les joueurs recevront l’ordre de ne plus s’adresser aux sections à partir desquelles émanent des slogans racistes. »

« C’est triste et blessant que pendant une si belle saison, et après une amélioration significative au cours de la dernière année du comportement des fans pour lutter contre la violence et le racisme, et aussi dans le niveau de jeu, nous devions faire face au racisme et aux chants de haine qui nuisent directement au club », a déclaré l’équipe. « Quiconque se comporte de cette façon ne peut pas être appelé un fan du Beitar. »

Le club a pointé du doigt les ministères des Sports et de la Sécurité publique pour avoir négligé l’affaire. « Où sont les membres de l’unité spéciale créée pour traiter directement des incidents de violence et du racisme dans le sport ? Nous nous sentons négligés et seuls, et l’impuissance de l’unité a été ressentie lors du match contre Bnei Sakhnin. »

La ministre de la Culture et des Sports, Miri Regev, rencontrée avant le début du match entre Beitar Jerusalem et Bnei Sakhnin F.C. au Teddy Stadium de Jérusalem le lundi 22 janvier 2018. (Roy Alima / Flash90)

La ministre de la Culture et des Sports, Miri Regev, qui a posté une vidéo sur sa page Facebook en soutien au Beitar, a déclaré mardi qu’elle allait organiser une « réunion urgente sur le thème de la violence », ajoutant que « nous prendrons des mesures énergiques et n’auront aucune tolérance à l’égard de la violence et les appels racistes dans les enceintes sportives. »

Regev a défendu l’unité destinée à lutter contre la violence dans le sport, en affirmant qu’elle était « suffisamment professionnelle » et en insistant sur le fait qu’elle était personnellement « très attentive » aux commentaires des équipes sur le sujet.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...