Un étudiant infirmier tué lors d’une fusillade entre la police et des criminels
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Un étudiant infirmier tué lors d’une fusillade entre la police et des criminels

La mort d'Ahmed Hijazi, simple passant, a indigné et déclenché des manifestations dans la ville arabe de Tamra, au nord d'Israël

Fusillade entre la police et des criminels à Tamra, le 1er février, 2021. (Capture d'écran : Facebook)
Fusillade entre la police et des criminels à Tamra, le 1er février, 2021. (Capture d'écran : Facebook)

Deux hommes d’une vingtaine d’années ont été tués lundi soir lors d’une fusillade entre la police et des criminels de la pègre dans la ville arabe de Tamra, dans le nord d’Israël – l’un d’eux étant un suspect et l’autre un passant innocent – suscitant l’indignation, des protestations et une enquête.

L’incident a commencé lorsque les forces de police ont identifié trois criminels soupçonnés d’avoir ouvert le feu sur une maison. Les policiers ont tiré sur eux et les suspects ont répondu par des tirs de fusils automatiques M-16.

Un des suspects a été touché et tué par des officiers lors de la fusillade qui a suivi, un autre a été blessé et le troisième s’est échappé, a indiqué la police dans une déclaration.

Mais les balles ont également touché et tué Ahmed Hijazi, 22 ans, un étudiant en soins infirmiers qui est sorti de chez lui à cause du bruit, selon les médias.

Un jeune médecin a été blessé alors qu’il tentait de soigner Hijazi. Le radiodiffuseur public Kan a déclaré que le médecin était dans un état de santé modéré.

La police a d’abord affirmé que les deux hommes tués étaient suspects, avant de corriger cette information. Elle a ensuite précisé que les fonctionnaires enquêtaient pour savoir si Hijazi avait été tué par la police ou par les criminels.

Le département des enquêtes internes de la police au sein du ministère de la Justice a déclaré mardi matin qu’il enquêtait sur l’incident et avait convoqué les policiers impliqués pour les interroger.

La mort de Hijazi a suscité l’indignation dans la ville et les autorités locales ont annoncé une journée de grève mardi ainsi que trois jours de deuil.

« Il était étudiant en soins infirmiers, le bruit l’a fait sortir de la maison, et tout de suite il a reçu une balle dans le cœur », a déclaré son frère, Jaber, à la Douzième chaîne ajoutant que « la ville brûle », à raison de trois ou quatre grandes manifestations, de pneus incendiés, et toutes les entrées de la villes sont fermées.

« Je ne veux pas dire que la police a tout fait sauter ou non », a-t-il dit. « Mon frère a été tué, je ne sais pas par qui. La communauté arabe a deux à trois morts par semaine à cause de tirs de criminels ou de flics ».

D’autres habitants de Tamra ont rejeté la faute sur la police.

« Ahmed Hijazi est un martyr », a déclaré Maysan Subuh, un habitant de Tamra. « Ahmed a été abattu par la police et est mort à cause des balles de la police. »

Ahmed Armoush, un cousin du médecin blessé, a déclaré : « Ils sont sortis pour voir ce qui se passait, comme tout le monde le ferait quand il y a ce genre de bruit devant chez soi. Cet homme était loin du crime. Je suis en colère contre la police. Pourquoi devraient-ils arriver à ce genre de situation entre les maisons d’habitation ? »

L’organisation à but non lucratif Abraham Initiatives, qui travaille à l’avancement des initiatives de société partagée en Israël, a réagi à cet « événement tragique » en demandant une enquête approfondie.

« Il est inacceptable que la lutte contre le crime se fasse au prix de la mort de civils », a déclaré l’organisation.

« Des incidents de ce genre endommagent fatalement ce qui reste de la confiance du public arabe dans la police, et l’annonce précipitée de la police immédiatement après l’incident, dans laquelle les quatre victimes ont été identifiées comme suspects, augmente la suspicion des citoyens arabes envers la police », peut-on lire dans la déclaration. « On attend de la police qu’elle vérifie les détails avant d’émettre des informations trompeuses, et c’est un élément clé de la confiance nécessaire à l’application de la loi ».

Mettre fin à la propagation de la violence et du crime organisé est une priorité majeure pour les Israéliens arabes. En 2020, 96 Israéliens arabes ont été tués, ce qui est de loin le plus grand nombre de victimes annuelles de mémoire récente.

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