Un nouveau groupe religieux combat les LGBT, « fossoyeurs des valeurs familiales »
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Un nouveau groupe religieux combat les LGBT, « fossoyeurs des valeurs familiales »

Le mouvement israélien lancera une campagne en ligne contre la GPA et le droit à l'adoption ; une manifestation à Tel Aviv est aussi prévue

Les membres de la communauté LGBT et leurs soutiens lors d'une manifestation pour protester contre une nouvelle loi sur la GPA excluant les homosexuels à la Knesset, à Tel Aviv, le 22 juillet 2018 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90
Les membres de la communauté LGBT et leurs soutiens lors d'une manifestation pour protester contre une nouvelle loi sur la GPA excluant les homosexuels à la Knesset, à Tel Aviv, le 22 juillet 2018 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90

Un nouveau groupe religieux lancera mardi une campagne contre la communauté LGBT+ en soutien à la « famille traditionnelle ». Il prévoit aussi d’organiser une manifestation dont les participants tenteront de bloquer une intersection majeure du centre de Tel Aviv.

« Choisir la famille – le mouvement pour le renforcement des valeurs familiales en Israël » a été fondé la semaine dernière par le rabbin Azriel Ariel, de l’implantation d’Ateret, en Cisjordanie, et par le rabbin Itai Elitzur.

L’organisation conservatrice publiera et distribuera des matériels d’information écrits par l’activiste d’extrême-droite Michael Pua, qui critiquent « le projet de destruction des valeurs familiales traditionnelles dans le monde occidental qui pénètre petit à petit la société israélienne et même la communauté religieuse ».

La campagne et le mouvement de protestation devraient être hautement controversés, notamment le rassemblement qui devrait avoir lieu dimanche soir au carrefour Azrieli, situé au centre de la municipalité gay-friendly de Tel Aviv.

Dans un fascicule distribué par l’organisation, cette dernière clame que le discours actuel « cause et renforce un phénomène qui entraînera nécessairement des trafics d’enfants et de femmes », faisant apparemment référence aux couples homosexuels qui adoptent des enfants et utilisent les services de mères porteuses.

L’organisation affirme aussi que l’homosexualité est un choix qui peut être dépassé, faisant l’équivalence entre les relations sexuelles entre deux hommes ou entre deux femmes et l’absorption d’un poison, et condamnant la « propagande agressive » des groupes LGBT.

Le député du Likud Amir Ohana (à gauche) et son partenaire vu à l’aéroport international Ben Gourion de retour des États-Unis avec leurs bébés, le 26 septembre 2015. (Crédit : Flash90)

« Quand un individu a très faim et qu’on lui présente un plat appétissant, il ressent le fort besoin de le manger », explique le fascicule. « Ce besoin se traduit en réactions concrètes en liaison avec l’estomac, l’eau lui vient à la bouche, etc. Mais si on dit à cette personne que le plat contient un poison qui peut causer la mort immédiate de celui qui le consomme, ou qu’il contient du porc – alors ce besoin de le consommer s’évapore immédiatement ».

« Nous ne cherchons ni à nuire, ni à offenser les LGBT », a continué le groupe. « Nous voulons expliquer davantage la question et souligner les problèmes posés par la halakha [loi religieuse] à tous ceux qui veulent comprendre véritablement ce problème sensible ».

Le mouvement a défini « l’intégrité familiale » comme « l’une des valeurs les plus sacrées » du judaïsme, clamant que son abandon ostensible a entraîné une crise et stoppé la croissance de la population dans les pays occidentaux.

Le rabbin Ariel a déclaré dans un communiqué que « l’engagement en faveur de la famille est une valeur sacrée sur laquelle se basent toutes les valeurs nécessaires pour une société saine et morale : La fraternité et la réalisation mutuelle, le dévouement et la concession, la loyauté et la responsabilité au service du collectif ».

Les drapeaux israélien et arc-en-ciel lors d’une manifestation pour protester contre une nouvelle loi sur la GPA excluant les homosexuels à Tel Aviv, le 22 juillet 2018 (Crédit : AFP PHOTO / JACK GUEZ)

A la fin du mois de juillet, environ 200 rabbins orthodoxes avaient écrit une lettre qualifiant de « pervers » les homosexuels et les accusant d’un lavage de cerveau de l’opinion publique. Ils répondaient aux critiques du grand-rabbin de Jérusalem, Aryeh Stern, qui avait déclaré que les homosexuels étaient « interdits » et que les enfants qu’ils élevaient avaient des « vies très étranges et contre-nature ».

Evoquant le défilé de la gay pride annuelle à Jérusalem, les rabbins avaient ajouté que la majorité des Israéliens étaient « choqués par la provocation et l’égarement des groupes de l’abomination ».

Les rabbins avaient aussi accusé les groupes de défense des droits LGBT de « terrorisme agressif accompagné d’un lavage de cerveau permanent de la part des médias… qui détruisent la notion même de la famille et transforment des pervers en héros ».

En riposte, presque 600 rabbins américains et canadiens issus de tous les courants du judaïsme avaient rédigé un courrier appelant les rabbins orthodoxes à revenir sur leurs propos.

Ce document avait été organisé par A Wider Bridge, une organisation de San Francisco qui se consacre aux liens entre les communautés LGBT israélienne et américaine.

« L’ancrage de la discrimination dans la loi et les propos nuisibles tenus par des responsables religieux sèment la haine et la brutalité et mettent les membres vulnérables de la société israélienne en situation de risque face aux violences et pire », lisait-on dans le courrier.

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