Un père palestinien de Gaza : « On se fiche que la moitié des gens se fasse tuer »
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Un père palestinien de Gaza : « On se fiche que la moitié des gens se fasse tuer »

Des milliers d'émeutiers se sont rassemblés en différents points et de petits groupes ont tenté de s’approcher de la frontière lourdement gardée par l’armée israélienne

Un Palestinien marche dans la fumée dégagée par des pneus en feu durant des affrontements avec les forces israéliennes le long de la frontière avec la bande de Gaza, à l'est de  Khan Younis, le 14 mai 2018 (Crédit :  AFP PHOTO / SAID KHATIB)
Un Palestinien marche dans la fumée dégagée par des pneus en feu durant des affrontements avec les forces israéliennes le long de la frontière avec la bande de Gaza, à l'est de Khan Younis, le 14 mai 2018 (Crédit : AFP PHOTO / SAID KHATIB)

Mouataz al-Najjar, 18 ans, blessé quatre fois depuis le 30 mars, clame lundi son intention de forcer la barrière frontalière.

« Nous retournerons chez nous et le transfert de l’ambassade (américaine) (…) n’aura pas lieu », dit-il à l’AFP.

Les milliers de manifestants se sont rassemblés en différents points et de petits groupes ont tenté de s’approcher de la frontière lourdement gardée par l’armée israélienne, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Ces petits groupes ont tenté de s’attaquer à la barrière, lancé des pierres en direction des soldats et essuyé des tirs en retour.

Bilal Fasayfes, 31 ans, a pris avec sa femme et ses deux enfants l’un des bus affrétés par le Hamas à Khan Younès, dans le sud de l’enclave, pour emmener les Gazaouis à la frontière.

« On se fiche que la moitié des gens se fasse tuer, on continuera à y aller pour que l’autre moitié vive dignement », s’exclame-t-il.

A l’hôpital Shifa de Gaza, les médecins, confrontés à une pénurie de médicaments aggravée par des semaines de mobilisation, sont contraints d’accélérer la sortie de malades afin de libérer des lits.

A Khan Younès, un groupe d’hommes masqués et pour certains armés de bâtons ont circulé parmi les magasins pour forcer leurs propriétaire à les fermer et respecter un appel à la grève générale dans toute l’enclave.

Dans les mosquées, de puissants haut-parleurs ont été installés pour relayer les messages d’encouragement à aller manifester.

A Ramallah, 2 000 Palestiniens se sont rassemblés en scandant « Jérusalem est notre capitale », a constaté un journaliste de l’AFP. L’Autorité palestinienne a appelé les salariés à quitter leur travail en fin de matinée pour participer aux manifestations.

A la frontière, Faris Abou Hajaras, ouvrier du bâtiment de 50 ans, dit ne pas avoir de travail à cause du profond marasme dû, selon lui, au blocus.

Il assure qu’il continuera à manifester pacifiquement. « C’est Dieu qui décide ou non de notre mort. Vous et moi, nous pouvons marcher l’un à côté de l’autre et vous, vous prenez une balle dans la tête et moi, il ne m’arrive rien », déclare-t-il.

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