Un shot et un vaccin ? Tel Aviv installe une station de vaccination dans un bar
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Un shot et un vaccin ? Tel Aviv installe une station de vaccination dans un bar

Comme les gymnases et hôtels ouvrent aux seules personnes vaccinées ou guéries de la COVID-19, la municipalité veux attirer les non vaccinés avec des boissons gratuites

Simona Weinglass est journaliste d'investigation au Times of Israël

Un agent de santé administre le vaccin COVID-19 à une Israélienne dans un bar de Tel Aviv, le 18 février 2021. (GIL COHEN-MAGEN / AFP)
Un agent de santé administre le vaccin COVID-19 à une Israélienne dans un bar de Tel Aviv, le 18 février 2021. (GIL COHEN-MAGEN / AFP)

Les deux tiers des Israéliens éligibles étant déjà vaccinés, les autorités intensifient leurs efforts pour persuader les jeunes adultes et ceux qui hésitent à se faire vacciner contre la COVID-19 de se retrousser les manches.

En début de semaine, la ville de Tel Aviv a offert gratuitement des pizzas, du houmous et du knafeh en dessert aux résidents qui venaient pour leur première dose de vaccin. Dans le même temps, la ville de Bnei Brak, en grande partie ultra-orthodoxe, a offert à ses habitants une portion de cholent – un ragoût traditionnellement servi le jour du Shabbat – en accompagnement de leur première dose.

Mais jeudi et vendredi, Tel Aviv a relevé la barre – jeu de mots très intentionnel – en installant un poste de vaccination mobile dans un pub local et en offrant une boisson gratuite à tous ceux qui se présentaient pour recevoir leur première injection.

Des dizaines de jeunes adultes, ainsi qu’un petit nombre d’habitants plus âgés, se sont rassemblés devant le Jenia Bar de la place Dizengoff de Tel Aviv, faisant la queue pour être vaccinés, sans rendez-vous, dans une camionnette Magen David Adom garée à l’extérieur.

Dror Zak, 33 ans, choisit une boisson gratuite après avoir été vaccinée au Jenia Bar à Tel Aviv, le jeudi 18 février 2021. (Simona Weinglass/Times of Israel)

Tous les Israéliens âgés de plus de 16 ans peuvent se faire vacciner depuis le 3 février. Nombre des personnes qui se sont présentées au Jenia Bar jeudi ont déclaré qu’elles avaient hésité à se faire vacciner, mais qu’elles avaient été incitées par le désir de bénéficier d’un passeport vert – le nouveau certificat délivré par le gouvernement qui leur donnera accès aux salles de sport (très prisées des jeunes en Israël), aux hôtels, aux événements culturels et autres.

Danny Zak, 40 ans, propriétaire d’une entreprise de restauration, a déclaré au Times of Israel qu’il pensait que les médias avaient exagéré les dangers du coronavirus, mais qu’il avait néanmoins décidé de se faire vacciner car il avait subi les effets des fermetures répétées de son entreprise.

Danny Zak, 40 ans, de Tel Aviv, a répondu à un SMS de la municipalité de Tel Aviv encourageant les résidents non vaccinés à recevoir leur première dose du vaccin COVID-19 au Jenia Bar, le 18 février 2021. (Simona Weinglass/Times of Israel)

« Je fais cela pour le bien de mon entreprise, pour obtenir le certificat qui lève les restrictions », a-t-il déclaré. « L’année dernière a été difficile, j’ai vécu de confinement en confinement. »

À partir de dimanche, les personnes munies d’un passeport vert, prouvant qu’elles ont reçu deux doses du vaccin ou qu’elles ont eu la COVID-19 et se sont rétablies, seront autorisées à se rendre dans les salles de sport, les piscines, les hôtels, les manifestations culturelles et les lieux de culte. En outre, les centres commerciaux, les commerces de rue, les marchés, les musées et les bibliothèques seront ouverts à tout le monde.

« Ma mère m’a dit d’attendre avant de me faire vacciner », a déclaré un employé de 27 ans d’une société de jeux en ligne qui a préféré ne pas donner son nom, alors qu’il faisait la queue pour recevoir une dose de vaccin.

« Mais quand j’ai appris qu’ils ouvrent les salles de sport aux personnes vaccinées, cela m’a décidé. Je veux vraiment aller à la gym ».

Un agent de santé prépare une injection de vaccin contre la COVID-19 dans un bar de Tel Aviv, le 18 février 2021. (GIL COHEN-MAGEN / AFP)

Etti, 50 ans, administratrice dans un cabinet d’avocats qui a refusé de donner son nom de famille, a dit qu’elle avait refusé parce qu’elle ne voulait pas faire partie de la première vague de personnes à se faire vacciner.

« Ce vaccin est nouveau, je voulais attendre et voir. En plus, j’ai peur des aiguilles. Mais cela fait deux mois et je n’ai pas entendu de mauvaises nouvelles. En plus, je veux aller voir mes parents à Eilat. Alors j’ai décidé de le faire. C’est quelque chose que nous devons tous faire, à mon avis ».

L’hésitation et le scepticisme à l’égard de la vaccination sont devenus une préoccupation croissante ces dernières semaines, alors que la campagne de vaccination israélienne, la plus importante au monde, a ralenti. Cependant, les taux ont de nouveau augmenté cette semaine, les ministres ayant approuvé des mesures visant à rouvrir certains lieux aux détenteurs de passeports verts.

Une professionnelle de la santé administre le vaccin COVID-19 à un Israélien dans un bar de Tel Aviv, le 18 février 2021. (GIL COHEN-MAGEN / AFP)

Un sondage réalisé mardi auprès des Israéliens qui n’ont pas été vaccinés a révélé que 41 % d’entre eux ont déclaré craindre d’éventuels effets secondaires, 30 % ne sont pas sûrs que le vaccin soit efficace, 27 % vont bientôt se faire vacciner, 10 % ont cité des informations sur les médias sociaux et 4 % ont déclaré que les incitations sont insuffisantes. Les personnes interrogées pouvaient donner plusieurs réponses. Environ 25 % de ceux qui n’ont pas encore été vaccinés ont déclaré qu’ils n’avaient pas l’intention de le faire.

Plus de quatre millions d’Israéliens, soit environ 45 % de la population totale du pays et deux tiers des personnes éligibles, ont maintenant reçu la première dose du vaccin contre le coronavirus, ont indiqué jeudi les données du ministère de la Santé. Environ 2,7 millions d’Israéliens ont reçu les deux doses. Moins de 2 millions d’Israéliens éligibles n’ont encore reçu aucune des deux doses.

Etti, 50 ans, administratrice de cabinet juridique, tient une bouteille de jus de pêche après avoir reçu sa première dose du vaccin anti-Covid-19 au Jenia Bar de Tel Aviv, le 18 février 2021. (Simona Weinglass/Times of Israel)

Elchai Amram, un musicien de 24 ans qui a payé ses factures l’année dernière en travaillant pour un service de livraison de nourriture, a déclaré au Times of Israel qu’il avait également hésité à se faire vacciner au début.

« Je trouvais étrange qu’ils aient développé un vaccin aussi rapidement », a-t-il déclaré.

« Il y avait toutes sortes de rumeurs et de théories du complot. Le fait est qu’au cours de l’histoire, de nombreuses théories du complot se sont avérées vraies. Mais ensuite, j’ai décidé de le faire quand même ».

Amram, qui était accompagné de son ami Shay Cohen, 25 ans, un chef cuisinier, a déclaré que le fait de pouvoir se faire vacciner facilement dans un bar local l’avait finalement décidé à le faire.

« Nous habitons tout près, il y a une atmosphère ici qui n’est pas trop dramatique. Nous voulions que ce soit fait rapidement », a-t-il déclaré.

Lorsqu’on lui a demandé ce qu’il voulait faire une fois qu’il serait complètement vacciné, Amram a répondu : « Aller à un concert et danser comme un fou jusqu’à ce que je ne sente plus mes jambes ».

« S’envoler à l’étranger », a lancé Cohen.

À côté de la camionnette de vaccination, les représentants du Magen David Adom ont demandé aux patients leurs papiers d’identité et s’ils avaient des antécédents de réactions allergiques avant de leur administrer le vaccin.

Elchai Amram, 24 ans, et Shay Cohen, 25 ans, se rendent au Jenia Bar de Tel Aviv pour recevoir leur première dose du vaccin anti-Covid-19, le 18 février 2021. (Simona Weinglass/Times of Israel)

Par la suite, les patients avaient le choix entre une bouteille de bière gratuite et une petite dose de jus de pêche sans alcool. Ils n’avaient pas le droit de s’asseoir à l’intérieur, car les restaurants et les bars de Tel Aviv ne sont ouverts qu’à emporter, mais pouvaient se servir d’un banc sur la place Dizengoff toute proche, où la célèbre fontaine de la place crachait du feu et de l’eau sur les airs de musique classique de Bach.

Les restaurants et les lieux nocturnes dans tout Israël ont été fermés ou partiellement fermés la plupart du temps au cours de l’année dernière. Imri Kalmann et Hila Formosa-Rafael de l’Association de la vie nocturne de Tel Aviv (Division des bars et des clubs) ont fait l’éloge de la campagne de vaccination.

« Nous soutenons l’initiative de la municipalité visant à rendre les vaccins accessibles aux fêtards », ont-ils déclaré dans un communiqué.

« C’est l’occasion pour nous de revenir à la vie normale que nous aimons tant. Nous attendons le moment où nous pourrons être heureux et rendre les autres heureux avec d’autres personnes – cela nous a manqué ».

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