Une bombe à sous-munitions s’écrase sur une crèche et à d’autres endroits de Rishon LeZion
Aucun blessé n'est à déplorer ; l'Iran aurait lancé des missiles balistiques contre une base américano-britannique dans l'océan Indien - une portée supérieure à celle officiellement reconnue par Téhéran
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Ce sont quatre salves de missiles balistiques qui ont été tirées par l’Iran en direction d’Israël samedi, depuis minuit. Parmi ces missiles, certains étaient équipés de bombes à sous-munitions.
L’une de ces bombes s’est abattue sur une crèche vide et sur d’autres sites de Rishon Lezion, dans le centre d’Israël. Aucun blessé n’a été signalé.
Ces tirs en direction du sud et du centre d’Israël sont intervenus alors que le Wall Street Journal a rapporté que l’Iran avait tiré deux missiles balistiques sur la base militaire américano-britannique de Diego Garcia, dans l’océan indien. Si les projectiles ont manqué leur cible, ces tirs ont montré que la portée de ces projectiles était finalement bien plus importante que ce qui avait pu être reconnu jusqu’à présent par Téhéran.
Par ailleurs, l’armée iranienne a menacé de lancer des « frappes massives » contre un grand port de fret émirati si les Émirats arabes unis devaient autoriser des attaques depuis leur territoire sur deux îles contestées du golfe Persique, qui sont situées à proximité du détroit stratégique d’Ormuz.
Le Koweït a également signalé avoir fait l’objet de frappes aux missiles et aux drones, dans la matinée de samedi, tandis que l’Arabie saoudite a annoncé avoir intercepté plus d’une vingtaine de drones.
La république islamique a lancé des frappes aux missiles et aux drones à travers toute la région en réponse à la campagne de bombardements qui a été initiée par les États-Unis et Israël contre le régime des mollahs, le 28 février, avec pour objectif de déstabiliser ce dernier et de détruire les programmes nucléaires et de missiles balistiques iraniens.
« Il aurait pu y avoir des enfants dans cette crèche »
Les sirènes ont été activées dans certaines parties du sud et du centre d’Israël dans ce contexte d’attaques iraniennes aux missiles balistiques qui ont pris pour cible Israël depuis minuit – envoyant à plusieurs reprises des millions de personnes dans des abris antiaériens. La frappe la plus récente, vers 8 heures du matin, a visé le centre de l’État juif.
Un missile transportant une bombe à sous-munitions a été utilisée dans cette salve, ont annoncé les services de secours.
Des images ont montré les cratères causés par ces sous-munitions à Rishon Lezion, ainsi que les dégâts qui ont été commis dans une crèche vide où des jouets et des poupées d’enfants se sont retrouvés éparpillés dans les décombres.
Le maire de Rishon Lezion, Raz Kinstlich, venu voir les dégâts à la crèche, a expliqué au site d’information Ynet que le système éducatif resterait fermé au sein de la localité « jusqu’à ce que nous estimions que nos enfants seront bien en sécurité », soulignant que la frappe « aurait tout aussi bien pu » se produire un jour de semaine normal.
Damage was caused at three sites in Rishon Lezion after Iran fired a ballistic missile carrying a cluster bomb warhead at central Israel, according to rescue forces.
Footage shows a crater caused by one of the bomblets. Damage was also caused to a daycare.
No injuries are… pic.twitter.com/b697beywDs
— Emanuel (Mannie) Fabian (@manniefabian) March 21, 2026
La majorité des établissements scolaires israéliens sont fermés depuis le début de la guerre.
Dans le sillage de l’attaque, le ministre de l’Éducation, Yoav Kisch, a ordonné l’annulation des centres aérés (« keytana », en hébreu) de Pessah dans 18 communes du centre d’Israël.
S’exprimant lors d’une visite effectuée sur les lieux, Kisch a expliqué qu’il acceptait la recommandation qui a été faite par les autorités locales d’annuler ces programmes, ajoutant que cette décision avait été prise plus tôt que prévu en raison de cet incident.
L’attaque contre Diego Garcia révèle que le chef de la diplomatie iranienne a menti sur la portée des missiles
Citant les propos qui ont été tenus par plusieurs responsables américains, le Wall Street Journal a rapporté samedi que l’Iran avait tiré deux missiles balistiques à portée intermédiaire en direction de Diego Garcia, qui ont tous les deux manqué leur cible.
L’article n’a pas précisé quand les missiles avaient été tirés. La Maison Blanche, l’ambassade britannique à Washington et le ministère britannique de la Défense n’ont pas répondu aux demandes de commentaires de Reuters.
Selon le Wall Street Journal, l’un des missiles a connu une défaillance alors qu’il était en vol, et le second a été pris pour cible par un intercepteur SM-3 tiré depuis un navire de guerre américain.
L’agence de presse semi-officielle iranienne Mehr a ultérieurement fait savoir que l’Iran avait tiré deux missiles balistiques sur Diego Garcia, évoquant « une étape significative […] qui a montré que la portée des missiles iraniens dépassait ce que l’ennemi avait pu imaginer auparavant », a noté le média.
La base se trouve à environ 4 000 kilomètres de la république islamique — une distance supérieure à celle qui sépare l’Iran de grandes villes d’Europe centrale, comme peuvent l’être Berlin et Vienne.
Le Wall Street Journal a noté que le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, avait affirmé lors d’une interview accordée le mois dernier que l’Iran avait délibérément limité la portée de ses missiles balistiques à 2 000 kilomètres – une distance qui ne couvre pas la majeure partie de l’Europe mais qui inclut l’ensemble du Moyen-Orient.
Diego Garcia, dans les îles Chagos, est l’une des deux bases que les États-Unis utilisent – avec l’autorisation de la Grande-Bretagne – pour des opérations « défensives » dans le cadre du conflit.
Les forces américaines ont stationné des bombardiers et d’autres équipements sur cette base, plaque tournante essentielle pour leurs opérations en Asie – cela avait notamment été le cas lors des campagnes de bombardement américaines en Afghanistan et en Irak.
La Grande-Bretagne a accepté de restituer les îles Chagos à l’île Maurice après les avoir occupées depuis les années 1960, et conserve un bail pour la base de Diego Garcia, la plus grande des îles.
Le président américain Donald Trump avait, en janvier dernier, vivement critiqué cette restitution.
L’Iran met en garde les Émirats arabes unis au sujet des îles d’Ormuz et s’engage à garantir le passage en toute sécurité des navires japonais
Les informations faisant état d’une attaque iranienne contre Diego Garcia ont été relayées après que le gouvernement britannique a autorisé les États-Unis, dans la journée de vendredi, à utiliser la base pour mener des frappes contre les sites qui hébergent les missiles iraniens qui attaquent des navires dans le détroit d’Ormuz.
Le trafic maritime dans cette voie navigable vitale du golfe Persique — par laquelle transite habituellement un cinquième du pétrole mondial — s’est pratiquement arrêté après que l’Iran a menacé d’attaquer les navires qui s’y aventurent.
Cette fermeture a fait flamber les prix de l’énergie dans le monde entier et elle a poussé les États-Unis à rechercher des partenaires internationaux pour aider à sécuriser le détroit.
Samedi, l’armée iranienne a mis en garde les Émirats arabes unis contre toute utilisation de leur territoire pour mener des attaques contre deux îles situées dans le golfe Persique, à proximité de l’entrée du détroit d’Ormuz, Abou Moussa et le Grand Tunb. Ces îles, placées sous le contrôle de l’Iran mais revendiquées par les Émirats arabes unis, sont depuis longtemps une source de conflit entre les deux pays.
« Nous avertissons les Émirats arabes unis qu’en cas de lancement d’une nouvelle agression depuis leur territoire contre les îles iraniennes d’Abou Moussa et de Grande Tunb dans le golfe Persique, les puissantes forces armées iraniennes soumettront Ras Al Khaimah, aux Émirats arabes unis, à de violentes frappes », a fait savoir le commandement opérationnel de l’armée, Khatam Al-Anbiya, dans un communiqué qui a été relayé par l’agence de presse Tasnim.
Les États du Golfe ont démenti à plusieurs reprises des accusations lancées par l’Iran, qui a affirmé qu’ils laissaient les forces américaines utiliser leur territoire pour lancer des attaques contre la république islamique.
Par ailleurs, Araghchi a déclaré à l’agence japonaise Kyodo News que Téhéran était disposé à garantir le passage en toute sécurité des navires japonais dans le détroit d’Ormuz.
« Nous n’avons pas fermé le détroit. Il est ouvert », a affirmé Araghchi lors d’un entretien téléphonique qui a été rendu public samedi, insistant sur le fait que les pays attaquant l’Iran faisaient l’objet de restrictions, tandis qu’une aide était proposée aux autres.
Le Japon, quatrième économie mondiale et cinquième pays importateur mondial de pétrole, importe 95 % de son pétrole du Moyen-Orient, dont 70 % transitent par le détroit d’Ormuz.
Lundi, Tokyo a annoncé avoir commencé à puiser dans ses réserves stratégiques de pétrole — parmi les plus importantes au monde. Le pays détient des réserves équivalentes à 254 jours de consommation intérieure.
Les membres de l’Agence internationale de l’énergie ont convenu le 11 mars de puiser dans les stocks de pétrole pour amortir la flambée des prix causée par la guerre au Moyen-Orient — de loin la plus grande réponse de ce type à avoir jamais été prise. Les États-Unis ont également levé temporairement les sanctions sur une partie du pétrole iranien afin d’atténuer les pressions à la hausse exercées sur les prix.
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