Une femme accuse publiquement Silvan Shalom de l’avoir agressée sexuellement
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Une femme accuse publiquement Silvan Shalom de l’avoir agressée sexuellement

Linor Itzkovich, qui était alors sa secrétaire, affirme que l'ex-politicien l'a forcée à entrer dans son bureau et l'a tripotée à d'autres occasions

Linor Itzkovich (d) et Silvan Shalom (Crédit : Flash 90/capture d'écran de la Douzième chaîne)
Linor Itzkovich (d) et Silvan Shalom (Crédit : Flash 90/capture d'écran de la Douzième chaîne)

Une femme a publiquement accusé l’ancien ministre du Likud, Silvan Shalom, de l’avoir agressée sexuellement lorsqu’elle travaillait avec lui au ministère des Affaires étrangères.

C’est la première fois qu’une des femmes, ayant fait des allégations similaires à propos de Shalom, révèle son identité dans les médias.

Dans un reportage diffusé par la Douzième chaîne mardi, Linor Itzkovich a déclaré que les faits se sont produits il y a 16 ans, alors qu’elle était secrétaire de M. Shalom au ministère des Affaires étrangères.

M. Shalom a rejeté la plainte en la qualifiant de « diffamation », affirmant qu’elle lui avait demandé de l’argent et qu’elle avait inventé des histoires similaires dans le passé.

Mme Itzkovich a commencé à travailler pour M. Shalom en 2001, alors qu’il était ministre des Finances et qu’elle avait 20 ans, tout juste après avoir effectué son service militaire.

En 2003, M. Shalom est devenu ministre des Affaires étrangères et Benjamin Netanyahu a pris le poste de ministre des Finances, tous deux sous la direction du Premier ministre Ariel Sharon.

Mme Itzkovich a été transférée, à sa demande, au ministère des Affaires étrangères pour continuer à travailler avec M. Shalom.

Environ deux ans plus tard, selon elle, M. Shalom l’a convoquée dans son bureau et, après lui avoir demandé si elle avait de l’affection pour lui, ce à quoi elle a répondu oui, lui a suggéré d’enlever son pantalon pour le prouver.

M. Shalom s’est alors avancé vers elle et a commencé à l’embrasser, a-t-elle dit, ce qu’elle a essayé d’éviter.

Après que M. Shalom lui a indiqué le canapé, elle s’est allongée et, selon Mme Itzkovich, il a essayé de lui écarter les jambes.

Lorsqu’elle a fini par obtempérer, il a « fait ce qu’il a fait », a-t-elle déclaré lors de l’entretien, sans autre précision que de dire que « ça faisait mal. »

Au bout de cinq minutes, il a dit : « J’ai fini », puis l’a invitée à se lever du canapé parce qu’il était pressé, a-t-elle déclaré à la chaîne.

Mme Itzkovich a déclaré que M. Shalom l’avait également agressée à deux autres occasions.

Une fois, il lui a caressé la région pelvienne alors qu’elle l’aidait à résoudre un problème informatique et elle lui a demandé d’arrêter.

Une autre fois, il a bloqué la porte d’une pièce où ils se trouvaient en poussant une chaise sous la poignée, puis a commencé à la tripoter.

Le chef de cabinet de M. Silvan est venu chercher le ministre et a tenté d’entrer dans la pièce.

Selon Mme Itzkovich, la chaise sous la poignée l’a empêchée d’entrer, et la porte s’est refermée douloureusement sur la main du chef de cabinet.

M. Shalom, dit-elle, « avait tellement peur. »

Mme Itzkovich a déclaré qu’elle en avait parlé à un ami proche du ministère, un conseiller politique principal de M. Shalom, mais il lui a demandé de n’en parler à personne d’autre et de ne rien faire à ce sujet.

Elle a déclaré ne pas porté plainte car il était difficile pour les victimes de porter plainte contre leurs agresseurs à l’époque, une difficulté aggravée par sa relation de travail étroite avec M. Shalom.

« En ce qui me concerne, c’était comme un inceste », a déclaré Mme Itzkovich.

En 2014, les médias ont indiqué que la police disposait d’informations sur les activités criminelles de membres de la Knesset, dont M. Shalom.

À l’époque, Mme Itzkovich a été interrogée par la police.

Elle a déclaré avoir été traumatisée par ces événements pendant de nombreuses années, jusqu’à ce qu’en 2014, elle fasse part de ses affirmations à la députée Likud Gila Gamliel.

Mme Gamliel l’a mise en contact avec l’association des centres d’aide aux victimes de viol en Israël, après quoi, elle a reçu une aide professionnelle.

Une déclaration au nom de M. Shalom a dit : « Il s’agit d’une autre diffamation de la part de quelqu’un qui a travaillé avec Silvan Shalom il y a 16 ans. Ce complot n’aurait jamais vu le jour si Silvan Shalom avait succombé aux demandes financières et aux pressions pour de l’argent, qui lui avaient été adressées par elle et sa mère au cours des dernières années et avaient été refusées. »

Il est allégué que Mme Itzkovich avait, par le passé, déposé une plainte
« fabriquée » auprès de la police, contre un autre fonctionnaire avec lequel elle avait travaillé, et qu’à la suite d’une procédure judiciaire, elle a été condamnée à payer une compensation.

La déclaration affirme également que pendant qu’elle travaillait avec M. Shalom au ministère, Mme Itzkovich « avait l’habitude d’évoquer occasionnellement, avec d’autres employés, des histoires qui leur semblaient imaginaires et fabriquées, y compris des agressions sexuelles qu’elle prétendait avoir subies. »

La déclaration indique que des documents sur cette affaire ont été transmis à la Douzième chaîne.

La déclaration de M. Shalom indique également que Mme Itzkovich, de sa propre initiative, est restée en contact avec lui pendant de nombreuses années après avoir quitté son bureau, lui rendant notamment visite à plusieurs reprises et l’invitant à son mariage.

Les allégations contre M. Shalom ont fait surface pour la première fois en 2014, lorsqu’il avait l’intention de se présenter à la présidence.

À l’époque, une femme avait porté plainte mais avait refusé de témoigner. Un autre incident présumé a été jugé dépassé par le délai de prescription.

M. Shalom ne s’est finalement pas présenté à la présidence et a continué à siéger à la Knesset jusqu’en 2015, date à laquelle il a démissionné, suite à une série d’autres allégations d’agressions sexuelles faites par des femmes qui avaient travaillé avec lui dans le passé.

Treize femmes au total se sont présentées pour faire des allégations contre M. Shalom, mais aucune n’a porté plainte auprès de la police.

Ainsi, les allégations contre M. Shalom n’ont jamais été corroborées et une enquête a été classée par la suite.

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