Une femme d’origine palestinienne veut faire abroger la loi anti-BDS du Texas
Rechercher

Une femme d’origine palestinienne veut faire abroger la loi anti-BDS du Texas

Bahia Amawi juge que le rectorat d'Austin, qui n'a pas renouvelé son contrat car elle a refusé de signer le document interdisant le boycott d'Israël, a violé le Premier amendement

L'orthophoniste texane Bahia Amawi, qui porte plainte contre une loi anti-BDS, qui lui aurait coûté son emploi. (Crédit : capture d'écran The Intercept)
L'orthophoniste texane Bahia Amawi, qui porte plainte contre une loi anti-BDS, qui lui aurait coûté son emploi. (Crédit : capture d'écran The Intercept)

Une orthophoniste, qui aurait perdu son emploi au rectorat d’Austin parce qu’elle avait refusé de signer un document l’engageant à ne pas boycotter Israël, porte plainte contre l’Etat du Texas dans le but de faire abroger une loi visant le mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS).

Selon un article publié lundi sur le site The Intercept, Bahia Amawi a porté plainte et invoqué le Premier amendement dans un tribunal fédéral du Texas, pour tenter de faire abroger la loi et que le document anti-BDS soit retiré des contrats du rectorat.

Amawi travaillait avec la communauté arabophone au rectorat indépendant de Pflugerville depuis 2009, en sous-traitance. Elle a déclaré au site d’information que son contrat était renouvelé tous les ans, mais que lorsqu’elle a reçu les documents à signer pour l’année 2018-2019, ils comprenaient une nouvelle clause demandant de « ne pas boycotter Israël pendant la durée du contrat » et de ne pas agir de sorte que cela « soit destiné à pénaliser, à porter atteinte économiquement ou à limiter les relations commerciales avec Israël, ou avec une personne ou une entité qui travaille avec Israël ou en territoire israélien souverain ».

Amawi, d’origine palestinienne, a déclaré à The Intercept qu’elle ne pouvait pas « en toute conscience » signer ce nouveau contrat.

Une image illustrative de manifestants à l’extérieur des bureaux du gouverneur de New York, Andrew Cuomo, protestant contre son ordonnance demandant aux entreprises de New York de rompre les liens avec les organisations qui soutiennent le mouvement BDS, le 9 juin 2016 (Crédit : Erik McGregor / Pacific Press / LightRocket / Getty Images

« Si je le faisais, je ne serais pas seulement en train de trahir les Palestiniens qui souffrent sous une occupation que je trouve injuste… mais je trahirais également mes compatriotes américains en laissant enfreindre nos droits constitutionnels de liberté d’expression et le droit à manifester pacifiquement », a-t-elle dit.

Suite à ce refus, le district scolaire de Pflugerville a refusé de renouveler son contrat. Amawi trouve « déconcertant » le fait que loi américaine « protège l’économie d’un autre pays » au détriment de la liberté d’expression constitutionnelle des citoyens américains.

Le Texas fait partie de la dizaine d’Etats américains qui ont adopté une loi interdisant à l’Etat de commercer avec quiconque soutient le boycott d’Israël.

Le Texas a adopté sa loi anti-BDS en 2017. Le gouverneur Greg Abbott avait déclaré lors de la signature du texte de loi que « toute politique anti-Israël est une politique anti-Texas ».

Plus tard cette année, la loi a fait l’objet de vives critiques après que des habitants du nord du Texas ont déclaré qu’il leur a été demandé de certifier qu’ils ne soutiennent pas le boycott d’Israël afin d’être éligible à une aide fédérale après l’ouragan Harvey.

Le gouverneur du Texas Greg Abbott signe une loi anti-BDS au centre communautaire juif d’Austin, le 2 mai 2017. (Crédit : Office of the Texas Governor)

Le représentant républicain du Texas Phil King, qui a rédigé ce texte de loi, a déclaré que cette requête était due à une « confusion » et qu’il s’agissait d’un « quiproquo ».

Ces dernières années, 26 Etats américains ont adopté des lois anti-BDS qui interdisent à l’Etat de travailler avec des entités qui boycottent Israël, mais aucun n’a rendu illégale la participation à un boycott d’Israël.

Les lois anti-BDS des Etats ont été critiquées par les militants de la liberté d’expression et les pro-Palestiniens, mais le procès d’Amawi serait une première et la première fois qu’un tribunal ait à se pencher sur la constitutionnalité de la loi.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...