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USA : Un cadre de la police sanctionné pour un insigne nazi accroché au travail

L'homme a déclaré qu'il ne savait pas ce que signifiait l'insigne - un argument jugé peu probable, car l’homme avait l'habitude de faire des blagues sur la Shoah et les nazis

Pattes de col de « SS-Obergruppenführer ». (Crédit : Harolddd / CC BY-SA 3.0)
Pattes de col de « SS-Obergruppenführer ». (Crédit : Harolddd / CC BY-SA 3.0)

Un chef adjoint de la police de l’État de Washington a été sanctionné l’été dernier pour avoir accroché sur la porte de son bureau la photo d’un insigne nazi et pour des blagues controversées sur les nazis et la Shoah, a rapporté cette semaine la presse américaine.

Derek Kammerzell, du département de police du Kent, aurait accroché la photo d’un insigne de grade SS sur sa porte en septembre 2020. La photo, montrant un insigne SS « Obergruppenführer », a été retirée quatre jours après avoir été posée, et Kammerzell a reçu une sanction de deux semaines de congés sans solde en juillet 2021 après une enquête interne.

Pendant celle-ci, Kammerzell a déclaré qu’il ne savait pas ce que signifiait l’insigne – un argument jugé peu probable par les enquêteurs, car l’homme avait l’habitude de faire des blagues sur la Shoah et les nazis.

Selon le Seattle Times, il avait déjà plaisanté sur le fait qu’il se raserait la moustache comme Hitler, tout en ironisant fréquemment sur la mort de son grand-père pendant la Shoah, après qu’il s’est enivré dans une tour de garde. En raison de la spécificité de ces blagues, les enquêteurs ont estimé qu’il savait vraisemblablement ce que représentait la photo.

Adolf Hitler et les membres du parti nazi avant la Seconde Guerre mondiale. (Domaine public)

« Alors que vous devez montrer l’exemple en tant que chef adjoint, vous avez affiché un insigne nazi sur la porte de votre bureau », lui a déclaré le chef de la police de Kent, Rafael Padilla, selon des documents obtenus par le Seattle Times. « L’insigne que vous avez affiché est celui d’un haut fonctionnaire SS. S’associer aux SS, même par négligence, c’est s’associer aux actes les plus ignobles que des êtres humains ont commis contre d’autres. »

Actuellement, Kammerzell participe à superviser la division des patrouilles de la police.

Des responsables juifs ont exprimé leur indignation suite aux faits.

« Ce type d’action et d’insensibilité constitue la base de ce qui conduit au génocide », a déclaré Max Patashnik, directeur du Conseil des relations de la communauté juive de la Fédération du Grand Seattle, cité par le Seattle Times. « La communauté juive compte sur les forces de l’ordre pour sa sécurité. Les personnes d’origine juive ne peuvent se sentir que mal à l’aise en apprenant cela. »

En plus de ses deux semaines de congés sans solde – pendant lesquelles Kammerzell a été autorisé à prendre des congés payés pour compenser la perte de son salaire – il a été condamné à suivre une « formation de sensibilisation culturelle ».

Dans un communiqué, la municipalité de Kent a déclaré que l’enquête avait montré que Kammerzell « avait fait preuve d’un mauvais jugement dans cette affaire, malgré une brillante carrière de 27 ans au sein de la police » et a déclaré qu’il s’était excusé.

Dans un courriel au journal Kent Reporter la semaine dernière, Kammerzell a déclaré qu’il était « profondément embarrassé par cet incident ».

« J’aimerais pouvoir revenir en arrière. Je sais maintenant ce que représente ce symbole, et ce n’est pas ce que je soutiens ni ce que je suis », a-t-il déclaré.

Kammerzell a déclaré qu’il y a plusieurs années, un collègue l’avait surnommé le « général allemand » en raison de ses origines germaniques et qu’il avait adopté ce surnom.

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