USA : un politicien critiqué après avoir méprisé Soros, le “Juif hongrois”
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USA : un politicien critiqué après avoir méprisé Soros, le “Juif hongrois”

Scott Wagner, candidat au poste de gouverneur de Pennsylvanie, affirme n'avoir aucune raison pour présenter des excuses ; des rabbins et des hommes d'Église ont déploré ses propos

Scott Wagner, à gauche, et un pisteur, le 19 août 2017. (Crédit : capture d'écran Facebook)
Scott Wagner, à gauche, et un pisteur, le 19 août 2017. (Crédit : capture d'écran Facebook)

Trois rabbins et trois hommes d’Église chrétiens ont appelé un candidat républicain au poste de gouverneur de Pennsylvanie à présenter ses excuses pour avoir tenu des propos désobligeants au sujet du milliardaire George Soros, en soulignant qu’il était un « Juif hongrois ».

Le sénateur Scott Wagner, durant un meeting électoral au Pittstown Tomato Festival le 19 août, a été confronté à un militant, un sympathisant démocrate qui disait travailler pour Soros.

Le Allentown Morning Call a indiqué que le militant travaillait pour le Parti démocrate de Pennsylvanie, et qu’il est souvent présent aux évènements de campagne de Wagner.

Wagner a déclaré à la caméra que c’était une bonne chose que l’Amérique autorise les militants à le suivre, et a critiqué Soros, l’accusant de « haïr l’Amérique ».

« Vous savez ce qui est surprenant, c’est qu’un homme qui est venu de Hongrie, un Juif hongrois, et qui a fait fortune, pensez à ses origines, et il a un avis sur ce que fait l’Amérique », a déclaré Wagner, un homme d’affaires millionnaire qui travaille dans le traitement des déchets. « Je trouve ça surprenant. »

« À cause de son ethnie ? », a demandé le militant.

« Non, à cause de sa haine de l’Amérique », a répliqué Wagner.

Quand le militant a demandé à Wagner pourquoi il avait évoqué la judéité de Soros, le sénateur a répliqué « j’ai beaucoup d’amis juifs », dont des proches de survivants des camps d’extermination nazis.

Vendredi, Wagner a déclaré au Philadelphia Inquirer qu’il tentait de « faire un peu d’humour » pendant sa campagne.

George Soros à l'assemblée générale des Nations Unies de New-York, le 20 septembre 2016 (Crédit : Peter Foley/Pool/Getty Images/via JTA)
George Soros à l’assemblée générale des Nations Unies de New-York, le 20 septembre 2016 (Crédit : Peter Foley/Pool/Getty Images/via JTA)

Il a également tenté de faire preuve de bonne foi contre les allégations d’antisémitisme, en soulignant son implication et ses dons au centre communautaire juif de York, en Pennsylvanie, selon le journal.

L’interview a encouragé trois rabbins, deux prêtres baptistes et un révérend, à rédiger une lettre publiée dimanche.

« Ce type de comportement haineux n’a aucune place dans notre environnement politique. Nous avons des divergences d’opinion, différentes positions politiques, différentes façons de voir le monde. Mais il n’y a aucune raison de déclarer que des personnes ne sont pas américaines, et surtout pas en raison de leur religion ou de leur race », peut-on lire dans la lettre.

« Nous sommes perturbés par le fait que vous avez qualifié vos propos d’’humour’, et nous espérons que vous clarifierez cette qualification, et que vous montrerez que cet incident n’est pas révélateur de vos croyances. »

Wagner a répondu à la lettre en disait qu’il n’a aucune raison de présenter des excuses, selon le York Daily Reporter.

« Je pense que tout le monde est très vulnérable sur ce sujet, et ce n’est pas justifié, dit-il. S’il avait été catholique, il aurait été un ‘catholique hongrois’. Il n’y avait rien d’insultant dans mes propos. »

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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