Vifs débats entre chefs d’entreprise et ministres de la Justice et des Finances
Les participants - des dirigeants de grandes entreprises - ont déclaré que Levin avait exprimé son ouverture au compromis, mais avait rejeté l’idée d’un abandon des mesures
Plusieurs dirigeants du monde des affaires ont rencontré mercredi soir le ministre de la Justice Yariv Levin et le ministre des Finances Bezalel Smotrich pour les mettre en garde contre les retombées économiques faisant suite aux efforts du gouvernement pour remanier le système judiciaire, a rapporté jeudi la télévision israélienne.
Selon la Douzième chaîne, la réunion au bureau de Levin à Tel Aviv a démarré mercredi soir et a duré jusqu’à jeudi matin, et les voix se sont élevées alors que les esprits s’échauffaient.
Parmi les dirigeants présents à la réunion figuraient Harel Wizel, PDG du groupe Fox, Danna Azrieli, présidente du groupe Azrieli, Uri Levin, PDG de Discount Bank, Zvika Schwimmer, PDG d’Electra Consumer Products, et Haim Gavrieli, président de Tnuva. Du côté du gouvernement, le ministre de l’Éducation Yoav Kisch était également présent.
La chaine a cité certains des chefs d’entreprise qui affirment que Levin aurait exprimé son ouverture à un compromis, mais qu’il avait rejeté leur demande de mettre fin au processus législatif.
Wizel devait rencontrer jeudi le président Isaac Herzog, qui a appelé à des pourparlers de compromis, pour discuter davantage de la question.
Certains des dirigeants présents avaient assisté à une réunion similaire le mois dernier avec le ministre de l’Économie Nir Barkat lors de laquelle ils avaient exprimé leurs inquiétudes face aux mesures, qui, selon eux, avaient déjà des conséquences néfastes sur l’économie.
La coalition religieuse de droite du Premier ministre Benjamin Netanyahu souhaite faire passer une série de réformes de grande envergure qui donneraient à la majorité au pouvoir le contrôle sur la nomination des juges et lui permettraient de remettre en question des décisions de la Haute Cour avec la plus faible des majorités.
Les critiques – parmi lesquels des économistes, des banquiers, des professionnels du secteur technologique, des juristes et du personnel de sécurité – affirment que la refonte supprimera le pouvoir judiciaire, qui n’exercera plus de contrôle sur la majorité au pouvoir, et permettra des atteintes aux droits humains. Ils ont également averti que cette décision découragerait les investissements étrangers et affaiblirait l’économie.
Un certain nombre d’entreprises ont déjà déclaré qu’elles retireraient leurs liquidités du pays en raison de cette législation que le gouvernement est en train de faire adopter à la Knesset.
La licorne technologique israélienne Riskified a déclaré mercredi qu’elle transférerait 500 millions de dollars hors du pays et offrirait à un nombre limité de membres de son personnel des offres de relocalisation.
L’annonce de Riskified est intervenue un jour après que l’agence de notation Moody’s a déclaré que les propositions du gouvernement pourraient affaiblir la force institutionnelle du pays et affecter négativement ses perspectives économiques.