L’ambassadeur d’Israël à Budapest a appelé samedi le gouvernement hongrois à cesser sa campagne nationale d’affichage contre le milliardaire américain d’origine juive hongroise George Soros, considérée par des organisations juives comme ayant des relents antisémites.

Des milliers d’affiches grand format financées par le gouvernement conservateur ont fait leur apparition dans tout le pays il y a une semaine. Un portrait rieur de l’homme d’affaires américain y figure, accompagné du commentaire : « ne laissons pas Soros rire le dernier ».

Le slogan en lettres capitales surmontées du drapeau hongrois fait directement allusion aux accusations récurrentes du pouvoir hongrois, selon lequel le financier de 86 ans, dont la fondation finance de nombreuses ONG en Europe centrale et dans les Balkans, chercherait à s’ingérer dans la politique nationale notamment en poussant la Hongrie à accueillir des réfugiés.

Depuis la mise en place des posters, les médias locaux ont signalé que certains d’entre eux avaient été affublés de graffitis antisémites.

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban après sa victoire aux élections législatives, à Budapest, le 6 avril 2014. (Crédit : Attila Kisbenedek/AFP)

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban après sa victoire aux élections législatives, à Budapest, le 6 avril 2014. (Crédit : Attila Kisbenedek/AFP)

« Il est de notre responsabilité morale de lever la voix et d’appeler les autorités compétentes à exercer leur pouvoir pour faire cesser » cela, a déclaré l’ambassadeur Yossi Amrani dans un communiqué. « J’appelle ceux qui sont impliqués dans cette campagne d’affichage et ses initiateurs à en reconsidérer les conséquences. En ce moment, au-delà de la critique politique d’une certaine personne, la campagne évoque non seulement de tristes souvenirs mais aussi la haine et la peur. »

Cet appel intervient après que la principale organisation juive de Hongrie a demandé jeudi au gouvernement de Viktor Orban de renoncer à cette campagne jugée « toxique » et accusée d’attiser « les sentiments antisémites ». Dans un réponse écrite vendredi, Viktor Orban a refusé d’annuler la campagne, invoquant son « devoir de défendre notre patrie et nos concitoyens » contre l’immigration illégale.

Il a accusé le « milliardaire spéculateur » de vouloir utiliser sa fortune et les groupes qu’il soutient pour « installer un million de migrants » en Hongrie et dans l’Union européenne.