Le Times of Israel a appris qu’Israël coupe définitivement les liens diplomatiques avec la Nouvelle Zélande et le Sénégal, en représailles à leur soutien à la résolution anti-implantation adoptée par le Conseil de Sécurité des Nations unies.

Le Premier ministre a décidé cette semaine de ne pas renvoyer d’ambassadeurs à Wellington et à Dakar. Ils avaient été rappelés après l’adoption de la Résolution 2334, qui a été votée le 23 décembre, selon une source proche du dossier.

Israël a déjà annulé son programme d’aide humanitaire au Sénégal.

Le ministère des Affaires étrangères à Jérusalem affirmé ne pas être au courant d’une telle décision. Le bureau du Premier ministre n’a pas répondu aux questions sur le sujet.

La Nouvelle-Zélande et le Sénégal font partie des co-parrains de la résolution 2334 qui établit que la politique des implantations d’Israël à Jérusalem-Est et en Cisjordanie, « n’a aucun fondement en droit et constitue une violation flagrante du droit international et un obstacle majeur à la réalisation de la solution des deux États et à l’instauration d’une paix globale, juste et durable ».

Jérusalem n’entretient aucune relation diplomatique avec les deux autres co-parrains de la résolution, le Venezuela et la Malaisie.

Le président Reuven Rivlin rencontre une délégation d'imams du Sénégal, à la résidence du président à Jérusalem le 27 novembre, 2014. (Crédit : Mark Neyman / GPO / FLASH90)

Le président Reuven Rivlin rencontre une délégation d’imams du Sénégal, à la résidence du président à Jérusalem le 27 novembre, 2014. (Crédit : Mark Neyman / GPO / FLASH90)

L’Égypte avait proposé cette résolution fin décembre, mais l’avait retirée après qu’Israël a demandé à Donald Trump, alors-président entrant, de faire pression sur Le Caire. Mais la Nouvelle-Zélande, la Malaisie, le Sénégal et le Venezuela ont pris le relais en proposant la résolution dès le lendemain. Elle a été adoptée avec 14 votes pour et avec l’abstention des États-Unis.

Ce texte, qualifié de « honteux » par Israël, a suscité la colère du pays, qui s’est engagé à punir les pays qui l’ont soutenu.

Immédiatement après l’adoption de la résolution, Netanyahu a convoqué des dizaines d’ambassadeurs pour leur faire des reproches, a annulé l’aide humanitaire au Sénégal et en Angola, a désinvité le Premier ministre ukrainien, et a décliné des invitations à rencontrer des diplomates chinois et britanniques.

Il a également ordonné à ses ministres d’abréger leurs voyages dans les pays qui ont voté en faveur de la résolution, et a annoncé une « réévaluation de tous nos contacts au sein de l’ONU », la fin du financement de certaines agences onusiennes et a promis que « ce n’était pas fini ».

Mais dans les jours qui ont suivi, la colère de Netanyahu semblait être retombée, et a pris des mesures pour renouer des liens avec des pays qui avaient voté en faveur de la résolution mais qui ne l’avaient pas parrainée.

La semaine dernière, par exemple, il a conduit un entretien téléphonique cordial avec le président ukrainien Peter Poroshenko, et a promis de reprendre les efforts « pour renforcer davantage les liens entre Israël et l’Ukraine », selon un communiqué diffusé par le bureau du Premier ministre.

Entre autres choses, Netanyahu et Poroshenko ont discuté de la reprogrammation de la visite annulée du Premier ministre ukrainien en Israël, Volodymyr Groysman, qui avait été désinvité sans autre forme de procès à a fin du mois de décembre, en raison du soutien de l’Ukraine à la résolution de l’ONU.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son homologue britannique Theresa May, à Londres, le 6 février 2017. (Crédit : Raphael Ahren/Times of Israël)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son homologue britannique Theresa May, à Londres, le 6 février 2017. (Crédit : Raphael Ahren/Times of Israël)

Au début de la semaine Netanyahu a rencontré son homologue britannique Theresa May au 10 Downing Street. La Grande-Bretagne a également voté en faveur de la Résolution 2334, bien que May se soit ensuite levée pour affirmer que les implantations ne sont pas le cœur du conflit, et la Grande-Bretagne a mis au défi les autres pays d’exercer davantage de pression sur Israël.

À Londres, Netanyahu a déclaré que la changement d’attitude de la part de la Grande-Bretagne est le résultat d’une lettre qu’il avait adressé aux 14 pays qui avaient soutenu le vote du Conseil de Sécurité.