Un accord pour mettre fin à quatre ans de querelles entre la Turquie et Israël est imminent et pourrait être signé dès que le Premier ministre Benjamin Netanyahu rentrera de son voyage du Japon, a appris The Times of Israel.

Jérusalem et Ankara d’accord sur toutes les questions en suspens qui jusqu’à présent ont entravé les voies d’un accord pour rétablir pleinement les relations bilatérales, a déclaré une source bien informée au Times of Israel. Maintenant, c’est à Netanyahu de prendre la décision finale d’approuver l’accord, continue la source.

La première étape d’une réconciliation progressive serait l’échange immédiat d’ambassadeur.

L’accord comprend également un ensemble de compensation de 20 millions de dollars pour les familles des neuf Turcs qui ont péri à bord du Mavi Marmara à destination de Gaza en mai 2010, lors d’un raid de commando israélien pour arrêter le navire.

Toutefois, l’accord ne mentionnera aucun changement du blocus israélien de la bande de Gaza, selon la source, qui a demandé à rester anonyme en raison de la nature sensible du dossier.

De hauts responsables à Ankara ont insisté à plusieurs reprises pour que la levée du blocus soit une condition essentielle qui devait être remplie avant que les liens puissent revenir à la normale.

« Les Turcs cherchent à signer l’accord avec une plus grande urgence que les Israéliens », décrit la source, ajoutant que le gouvernement du Premier ministre Recep Tayyip Erdoğan serait prêt à envoyer un ambassadeur à Tel Aviv « le lendemain de la signature de la
convention ».

Après chaque conflit prolongé, « des soupçons » vont demeurer de part et d’autre, mais la Turquie souhaite fortement restaurer ses liens avec Israël – « et ils le veulent rapidement » indique la source.

Après que le parti Justice et Développement, ou AKP d’Erdogan, ait remporté une victoire décisive aux élections locales plus tôt cette année – qu’il a qualifiée de référendum national sur son leadership – Erdogan se sent
« assez fort » pour accepter des liens plus étroits avec Israël, selon la source.

Contrairement à certains qui croient que la Turquie, sous Erdogan, s’oriente vers l’islam radical et s’écarte de l’Occident, quelques experts israéliens de la Turquie estiment qu’Ankara ne cherche pas à être considérée comme trop affiliée à des groupes tels que les Frères musulmans.

En outre, Erdoğan et son ministre des Affaires étrangères Ahmet Davutoğlu se sont abstenus ces derniers mois de faire des déclarations antisémites et anti-israéliennes – une évolution notable après une série de commentaires l’année dernière qui ont fait sourciller le monde (par exemple, les dirigeants turcs ont blâmé Israël pour les activités anti-gouvernementales dans leur pays et en Egypte, et ont fait des déclarations antisémites grossières).

Sous la pression des États-Unis, Erdogan a également annulé sa visite prévue à Gaza l’été dernier, un autre signe qu’Ankara est intéressée à améliorer ses relations avec Jérusalem, selon la même source.

« Les Turcs ne nous doivent rien. Ils ont plus de moyens pour nous mettre la pression avec l’affaire Marmara et la bande de Gaza. Mais même, ils sont intéressés par la coopération avec nous ».

La Turquie veut être une puissance régionale et partage, plus ou moins, le point de vue d’Israël sur des questions telles que la menace nucléaire iranienne et la guerre civile syrienne. Ankara souhaite également élargir les liens économiques avec Israël, y compris sur l’exportation de gaz naturel, selon la même source.

Le 27 Avril, Erdogan a déclaré qu’un accord conduisant à la
« normalisation » des relations avec Israël n’était qu’ « une question de semaines ».

La semaine dernière, Davutoğlu a déclaré que les pourparlers entre les deux pays avaient atteint « un certain niveau » et que « les problèmes avaient été sensiblement surmontés ».

Toutefois, il a affirmé qu’Ankara ne serait d’accord pour normaliser les relations qu’après la levée par Jérusalem « des restrictions sur l’ensemble de la Palestine, y compris la bande de Gaza », élément que la source israélienne indique comme ne faisant pas partie de l’accord convenu par les deux parties.

Ce mercredi, l’ambassade d’Israël en Turquie a annulé une réception prévue pour célébrer la 66e Journée de l’Indépendance d’Israël en raison de l’accident de la mine de charbon dans l’ouest de la Turquie, qui a coûté la vie de centaines de travailleurs.

« L’Etat et le peuple d’Israël partagent la douleur du peuple turc, adressent leurs condoléances aux familles des victimes, souhaitent un prompt rétablissement aux blessés et espèrent des nouvelles positives de ceux qui sont encore dans la mine », a déclaré le porte-parole de l’ambassade Nizar Amer dans une déclaration.

Israël a également offert son aide à la Turquie, mais les autorités d’Ankara n’ont pas encore répondu à l’offre.

Le président Shimon Peres a également envoyé une lettre de condoléances à son homologue turc, Abdullah Gul.

« Je tiens à exprimer mes plus sincères condoléances et celles du peuple d’Israël, à votre pays sur le tragique accident de Manisa », écrit Peres, selon un communiqué de la résidence du président.

« Nous sommes tous choqués par la mort de personnes innocentes au travail et nos pensées vont avec les gens de la Turquie. En période de tragédie, nous devons tous faire ce que nous pouvons pour aider les uns les autres et nous avons offert à la Turquie toute l’aide dont vous avez besoin en ce moment ».

« De la Terre sainte, le peuple d’Israël prie pour les victimes, leurs familles, pour le sauvetage de ceux qui sont encore pris au piège et la guérison intégrale des blessés. Je vous prie d’accepter mes sincères condoléances et celles du peuple d’Israël ».