À 6h29, heure à laquelle les terroristes du Hamas ont déclenché l’attaque du 7 octobre 2023, des proches des personnes tuées ou prises en otage ce jour-là se sont rassemblés sur la « Place des Otages » à Tel Aviv pour une minute de silence. Cette cérémonie a été suivie d’appels invitant les Israéliens à se rendre aux urnes, en mémoire de ceux qui ne peuvent plus exercer ce droit.
Sigal et Yoram Yehudai, parents de Ron Yehudai – tué lors du festival « Nova » dans le désert –, racontent comment leur fils s’est caché ce jour-là dans une benne à ordures jaune, dans l’attente d’être secouru.
« Le 7 octobre, ce jour maudit, l’État d’Israël a abandonné notre fils bien-aimé, Ron », déclare Sigal Yehudai. « Il l’a abandonné, lui et tous les citoyens d’Israël, en laissant des milliers de terroristes lancer une attaque meurtrière contre l’État d’Israël. Et il a abandonné notre Ron, encore et encore, jusqu’à 11h47 », moment où il a été tué.
Mme Yehudai remercie les dizaines de milliers d’Israéliens qui ont quitté leur famille et leur travail, aux quatre coins du monde, pour venir voter et soutenir la nation.
Elle exhorte les citoyens israéliens à faire de même : voter pour des partis qui se sont engagés à mettre en place une commission d’enquête nationale, laquelle « nous apportera des réponses et apaisera nos âmes éprouvées ».
Ses propos sont relayés par douze autres familles, parmi lesquelles Eyal Eshel, père de Roni Eshel – une soldate chargée de la surveillance, tuée sur la base militaire de Nahal Oz ; Einav Zangauker, dont le fils, Matan Zangauker, a été enlevé puis libéré en octobre 2025 ; ainsi que Ruby et Hagit Chen, parents d’Itai Chen, un soldat tué le 7 octobre dont la dépouille a été emmenée en captivité. Tous sont des visages désormais bien connus, après des mois de lutte pour obtenir le retour des otages et des corps des personnes tuées à Gaza.
« Mon frère aimait cette nation et son peuple », confie Ofri Tzur, dont le frère, Amir Tzur – secouriste –, a été tué au combat au kibboutz Kfar Aza. « Par son courage, Amiri m’apprend ce que signifie la responsabilité. À l’inverse, certains cherchent à se soustraire à leurs responsabilités et à occulter la vérité. Ils veulent nous convaincre que tout est rentré dans l’ordre. Que nous pouvons réélire le même gouvernement. Comme si de rien n’était. »
Elle appelle les Israéliens à aller voter, en mémoire des disparus, pour l’avenir — celui des enfants — et au nom de l’espoir.
Au terme de leurs interventions, les orateurs apposent leur signature sur une urne géante, blanche plutôt que bleue, rappelant tristement les traditionnels avis de décès en Israël.