L’armée aura de nouveaux sous-marins allemands, malgré les efforts de Yaalon
Rechercher

L’armée aura de nouveaux sous-marins allemands, malgré les efforts de Yaalon

Netanyahu aurait commencé les négociations avec le gouvernement allemand sans en informer Yaalon qui était contre ce projet d'achat

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Les soldats à bord de l'INS Rahav à son arrivée à la base navale de Haïfa, le 12 janvier 2016 (Crédit : unité des portes-paroles de l'armée israélienne)
Les soldats à bord de l'INS Rahav à son arrivée à la base navale de Haïfa, le 12 janvier 2016 (Crédit : unité des portes-paroles de l'armée israélienne)

Une décision israélienne d’acheter trois nouveaux sous-marins à l’Allemagne, qui a été annoncée officiellement à la fin du mois dernier, avait été combattue par Moshe Yaalon quand il était ministre de la Défense, a annoncé la Dixième chaîne.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a annoncé pendant une réunion du cabinet le 31 octobre qu’Israël était en train de négocier l’achat de trois nouveaux sous-marins pour la marine israélienne, qui maintient actuellement une flotte de cinq navires sous-marins.

A cette étape, les nouveaux sous-marins n’ont pas pour objectif d’étendre la flotte de la marine, et n’arriveraient pas en Israël avant dix ans. Ils devraient remplacer les sous-marins plus vieux de l’armée, qui approcheront à ce moment de leur date d’obsolescence.

L’accord a cependant failli ne pas se faire, et sans l’éviction de Yaalon en mai, qui a été remplacé par Avigdor Liberman, il aurait pu ne pas se faire du tout.

Moshe Yaalon, alors ministre de la Défense, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu sur une base militaire, le 10 mars 2015. (Crédit : Ohad Zwigenberg)
Moshe Yaalon, alors ministre de la Défense, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu sur une base militaire, le 10 mars 2015. (Crédit : Ohad Zwigenberg)

Ni Yaalon ni l’armée israélienne n’étaient favorables à l’achat de nouveaux sous-marins, ce qui représente un certain changement du narratif classique de l’establishment militaire qui se bat pour obtenir de nouveaux « jouets », car cette décision n’était pas compatible avec le plan pluriannuel de l’armée et du ministère de la Défense, a annoncé lundi la Dixième chaîne.

Selon la chaîne, Netanyahu a commencé les négociations avec le gouvernement allemand sans en informer Yaalon, qui n’a appris ce projet que quand son existence a filtré.

Apparemment furieux, le ministre de la Défense d’alors aurait attaqué verbalement Netanyahu dans le bureau du Premier ministre. Les deux hommes auraient crié l’un sur l’autre pendant cette discussion.

Suite à d’autres disputes sur les sous-marins, Yaalon a effectivement réussi à torpiller le projet, a annoncé la chaîne.

Bien que l’armée israélienne ait continué à s’opposer à cette décision, Netanyahu aurait repris les discussions avec les Allemands pour les nouveaux sous-marins une fois que Yaalon n’était plus ministre de la Défense

Quand il lui a été demandé de commenter cette information, Yaalon a répondu qu’il n’en ferait rien.

L'INS Tekuma, sous-marin israélien, en mer. Illustration. (Crédit : unité des porte-paroles de l'armée israélienne)
L’INS Tekuma, sous-marin israélien, en mer. Illustration. (Crédit : unité des porte-paroles de l’armée israélienne)

Les sous-marins, inégalés dans leur capacité à se cacher des navires ennemis, ont longtemps été une facette importante de la politique de défense israélienne.

Les sous-marins israéliens seraient armés de missiles de croisière portant des têtes nucléaires, donnant au petit Etat juif des capacités de « frappe secondaire ». Le gouvernement ne reconnaît cependant pas l’existence de ces armes nucléaires, dans le cadre de sa politique de longe date dite d’ « ambigüité nucléaire ».

Le cinquième sous-marin israélien, l’INS Rahav, est arrivé en janvier en Israël, environ dix ans après son achat à l’Allemagne, et quelques années après l’achat de l’INS Tanin, qui a rejoint la flotte en 2013.

L'INS Rahav, le plus récent sous-marin d'Israël, partant du port allemand de Kiel vers Haïfa, où il est arrivé en janvier 2016, le 17 décembre 2015. (Crédit : unité des porte-paroles de l'armée israélienne)
L’INS Rahav, le plus récent sous-marin d’Israël, partant du port allemand de Kiel vers Haïfa, où il est arrivé en janvier 2016, le 17 décembre 2015. (Crédit : unité des porte-paroles de l’armée israélienne)

Israël a acheté un sixième sous-marin à l’Allemagne en 2013, qui devrait être livré dans quelques années.

« Les sous-marins sont un outil stratégique de l’arsenal de défense de l’armée israélienne. Israël est prêt à agir à tout moment et en tout lieu pour assurer la sécurité des citoyens israéliens », avait déclaré Netanyahu en 2013, quand le Rahav avait été dévoilé pour la première fois en Allemagne.

Le coût des « outils stratégiques » d’Israël serait de 1,65 milliard de shekels (393 millions d’euros) par sous-marin, et le prix total des trois sous-marins serait donc d’environ cinq milliards de shekels (1,2 milliard d’euros), selon des médias israéliens. Ce prix serait cependant diminué par une réduction considérable offerte par l’Allemagne, en raison de l’accord de réparations signé en 1953 par l’Allemagne et Israël pour l’Holocauste.

L’accord, qui a renforcé de manière importante l’économie d’Israël pendant les premières années de son indépendance, a apporté des milliards de dollars d’aide économique et militaire à Israël pendant toute son histoire, et a été à nouveau invoqué pour l’achat de nouveaux navires militaires.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...