Le 16 avril dernier, la France a voté une résolution de l’UNESCO qui revient sur le statut du mont du Temple et de ses alentours comme lieux saints qualifiés exclusivement de musulmans.

Ce vote avait créé l’émoi auprès de la communauté juive française. Le grand rabbin de France, Haïm Korsia, s’était alors entretenu avec le ministre des Affaires étrangères français, Jean-Marc Ayrault, pour lui rappeler la centralité de Jérusalem dans le judaïsme, les fidèles juifs orientant notamment les prières vers la ville Sainte.

Des personnalités politiques telles que le député Claude Goasguen, le sénateur Philippe Dallier, et le député Meyer Habib étaient intervenus pour faire connaitre leurs mécontentements vis-à-vis de cette résolution qui avait été qualifiée « d’injures déshonorant la France ».

Dans une lettre adressée au président François Hollande, le député Meyer Habib, avait déclaré que « cette décision a suscité une très vive émotion et une profonde indignation parmi tous les amis d’Israël, en France et dans le monde, et tous les Français épris de vérité historique. Je ne peux réprimer mon trouble face à ce vote invraisemblable pour une résolution négationniste : c’est une faute morale et une erreur politique qui affectera notre crédibilité. »

« Aussi, je ne peux croire que, dans le flot des décisions diplomatiques, vous ayez avalisé pareille infamie et vous prie de faire le nécessaire pour que la France prenne au plus vite ses distances avec cette position honteuse. Il en va de l’honneur et la crédibilité de notre pays, » avait conclu le député de la 8e circonscription des Français à l’étranger.

Dans une réponse datée du 22 juin dernier, le président français a souhaité revenir sur ce vote de la France.

« Comme elle l’a déjà fait par le passé, la France a voté ce texte, avec d’autres pays européens, pour marquer son attachement au statu quo sur les Lieux saints à Jérusalem, qui appartiennent à tous les croyants juifs, chrétiens et musulmans. » Selon les termes du président, le statu quo constitue « une exigence absolue » et ajoute que « jamais notre pays ne remettra en cause la présence et l’histoire juives à Jérusalem ».

François Hollande a « regretté les formulations malheureuses dans la résolution » qui « ont suscité des incompréhensions ».

Le président français a tenu également à rassurer le député Meyer Habib. « Je veux vous assurer que la prochaine résolution qui sera discutée lors du Conseil exécutif de l’UNESCO au mois d’octobre fera l’objet d’une attention particulière. La France n’apportera pas son vote à un texte qui s’écarterait des principes que je viens de rappeler. »

François Hollande a rappelé l’engagement de la France dans le processus de paix avec son initiative inaugurée le 3 juin dernier « avec le soutien d’un grand nombre de partenaires ».

Meyer Habib a salué la réponse « courtoise et amicale » du président de la République sur sa page Facebook et a pris acte de ses explications.

Il a cependant déclaré que pour sa part il « continue de croire que ce vote, dans lequel, la France était très isolée parmi ses partenaires européens et occidentaux, aurait dû et aurait pu être évité. C’était un couac de plus, qui a fragilisé le crédit de la France en Israël et dans la région. »

« Toutefois, je laisse chacun juge mais j’ai senti une vraie sincérité dans cette réponse, qui a le mérite, après que le ministre de l’Intérieur et le Premier ministre se sont désolidarisés de ce vote, de clarifier la position de la France, » conclu le député.