Le dirigeant de la Liste arabe unie s’est distancié de son collègue Basel Ghattas, affirmant que les suspicions à l’encontre du député de transmission de téléphones et de renseignements à des prisonniers sécuritaires « ne sont pas acceptables pour nous ».

Ghattas a été arrêté vendredi après avoir renoncé à son immunité parlementaire. Il est accusé d’avoir donné des téléphones, des cartes SIM et des messages codés à des terroristes palestiniens emprisonnés en Israël.

Pendant un entretien accordé samedi soir à la Deuxième chaîne, Ayman Odeh, à la tête de la Liste arabe unie, a déclaré que bien que son parti s’engageait à garantir que les prisonniers sécuritaires palestiniens jouissaient des mêmes droits que les prisonniers sécuritaires israéliens, et pouvaient parler avec leurs familles, ceci ne devait se faire que par des moyens légaux.

« Nous devons travailler en utilisant des moyens démocratiques donc, dans tous les cas, que ce soit des téléphones ou des notes, nous avons notre ligne générale. Il a fait quelque chose de mal, qui n’est pas acceptable pour nous », a-t-il déclaré.

Il a cependant noté que quand il avait discuté avec Ghattas, celui-ci n’avait avoué qu’avoir apporté des notes.

Basel Ghattas, député de la Liste arabe unie, dans son bureau de la Knesset à Jérusalem, le 3 novembre 2015. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Basel Ghattas, député de la Liste arabe unie, dans son bureau de la Knesset à Jérusalem, le 3 novembre 2015. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Odeh a souligné qu’il ne croyait pas que Ghattas comptait nuire à la sécurité d’Israël. « Je connais l’homme. Il déclare toujours ouvertement, sur toutes les scènes, qu’il est contre nuire aux civils, a déclaré Odeh. Il dit la même chose à huis clos. Je ne pense pas qu’il ait voulu nuire à la sécurité. »

Odeh appartient au parti communiste Hadash, et Ghattas est l’un des trois députés du parti Balad. Les deux partis ont dû s’unir avec d’autres factions quand le seuil électoral de la Knesset a été élevé à un peu plus de 4 % des voix.

L’arrestation de Ghattas a eu lieu après un deuxième interrogatoire par la police en deux jours, et quelques heures après la levée de l’immunité parlementaire du député.

La police l’aurait arrêté de crainte qu’il ne quitte le pays, comme l’avait fait le fondateur de Balad, Azmi Bishara, qui a fui Israël en 2007 pour échapper à une enquête de la police et du Shin Bet sur des accusations contre lui affirmant qu’il avait été payé par le Hezbollah pour localiser des cibles pour des attaques à la roquette contre Israël.

Le parlementaire arabe Basel Ghattas lors d'une audience consacrée à sa détention préventive au tribunal de Rishon Lezion le 23 décembre 2016. (Crédit : Jack Guez/AFP)

Le parlementaire arabe Basel Ghattas lors d’une audience consacrée à sa détention préventive au tribunal de Rishon Lezion le 23 décembre 2016. (Crédit : Jack Guez/AFP)

L’interrogatoire de Ghattas, arabe chrétien de Galilée, a été suivi jeudi par des fonctionnaires du bureau du procureur de l’Etat, qui doivent approuver des mesures comme son arrestation et la perquisition de son domicile et de son bureau.

Le quotidien Haaretz a annoncé que la police avait déclaré à la cour que le député avait refusé d’expliquer comment il avait obtenu les téléphones, ou de dire qui lui avait demandé de prendre contact avec les deux prisonniers.